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# LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/ L’IRAN EST-IL ‘UNE EPEE DANS LES MAINS DE LA GEOPOLITIQUE RUSSE’, COMME L’AFFIRMENT LES ANALYSTES DE LA CIA ?

 

LM.GEOPOL - IV-2022 téhéran épée géopolitique (2022 05 14) doc

 

Le Quotidien géopolitique – Geopolitical Daily/
de LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ)/
2022 05 14/ Série IV/

Téhéran n’est pas seulement le partenaire stratégique de Moscou en Afrique et au Proche-Orient dans la Guerre hybride contre les occidentaux, mais un partenaire expérimenté dans la guerre économique contre les sanctions occidentales …

Le site d’information analytique Oil Price avait précédemment déclaré que, « dans le cadre d’un accord de 20 ans entre l’Iran et la Russie, le pays pourrait contrôler la vente du gaz iranien ». En d’autres termes, selon l’une des dispositions de l’accord de 20 ans conclu avec la Russie, Téhéran a accepté que Moscou encadre le marché du gaz et détermine à quel prix et à quels pays l’Iran vendra du gaz.

Au troisième jour de la guerre avec l’Ukraine, la Russie a menacé de couper les livraisons de carburant à l’Europe. En même temps, certains analystes ont affirmé « qu’un accord nucléaire avec l’Iran pourrait sauver l’Europe d’une crise du carburant et lui permettre ainsi de se remettre d’un déficit budgétaire et de redresser son économie défaillante ». Cette déclaration a été faite à un moment où il semblait très improbable que la Russie perde facilement son atout au profit de l’Europe.

D’autre part, certains analystes occidentaux ont fait de nouvelles conjectures sur l’Iran, affirmant « que ce pays avait délibérément quitté le marché européen du gaz il y a quelques années afin d’ouvrir la voie à la Russie pour faire pression sur l’Europe dans le domaine énergétique ».

ET NOUS SERIONS EN QUELQUE SORTE TEMOINS DE CETTE PRESSION AVEC L’OPERATION RUSSE EN UKRAINE ?

Selon Mehran Emadi, conseiller officiel de l’Iran pour l’économie de l’UE, en 2016 et avant, « l’Europe envisageait d’investir dans des projets gaziers iraniens pour y acheter du gaz et réduire sa dépendance à l’égard de la Russie. Les États-Unis avaient également reconnu qu’il était dans l’intérêt de l’Europe de délivrer des licences pour des exportations de gaz iranien, mais, soudain, la situation s’est envenimée au point que l’Occident a déclaré que l’Iran ne voulait pas coopérer et poursuivait les politiques énergétiques de la Russie ».

L’IRAN EST LE DEUXIEME DETENTEUR DE GAZ NATUREL AU MONDE.

Mais il n’extrait pas sa part de gaz et ne la vend pas. La République iranienne poursuit ses propres intérêts.

UNE SERIEUSE CONJECTURE

Oil Price explique également « qu’avec la découverte d’un nouveau gisement de gaz, l’Iran serait en mesure de fournir 20 % du gaz européen ». Le champ gazier de Tchalous (dans le nord de l’Iran) « pourrait constituer une menace géopolitique sérieuse pour le rôle dominant de la Russie sur le marché européen du gaz ». En d’autres termes, la Russie a toujours essayé d’empêcher le gaz iranien d’atteindre l’Europe. Elle ne veut en aucun cas que l’Iran entre sur le marché européen de l’énergie car, si cela se faisait, l’autorité de la Russie en Europe serait compromise.

La menace russe de mettre fin à ses exportations de gaz vers l’Europe au début du conflit a incité l’Allemagne, à l’époque, à suspendre les nouvelles sanctions contre la Russie. C’est alors qu’une sérieuse conjecture a circulé parmi les Européens : « que, peut-être il y a quelques années, l’Iran s’était « consciemment » retiré du marché européen du gaz afin d’accroître la capacité de Moscou à augmenter la pression sur l’Europe ».

Dans cette hypothèse, l’Iran a certainement aidé Moscou à paralyser l’Europe par des moyens énergétiques et l’Europe ne pouvait pas ne pas réagir à la campagne en Ukraine.
« DANS CETTE OPTIQUE, L’IRAN, AVEC L’AIDE DE LA RUSSIE, A PRATIQUEMENT TRANSFORME L’HIVER EUROPEEN EN UN PURGATOIRE GELE »

Ces derniers jours, le point de vue de l’Europe sur la question iranienne a radicalement changé. L’Europe est désormais confrontée à une question majeure dans l’affaire iranienne : l’Iran était-il un allié secret de la Russie dans le dossier ukrainien ?

Si la réponse à cette question est oui, alors une autre question se pose. Quels sont les objectifs du principal décideur à Téhéran, le Guide suprême, qui a voulu avoir les coudées franches pour adopter n’importe quelle politique en amenant Raïssi à la présidence et en uniformisant son régime ?

Auparavant, l’Europe considérait l’Iran comme un pays qui non seulement déstabilisait la région, mais qui représentait également une menace par son influence régionale en Syrie, en Irak, au Liban et au Yémen, par ses projets de développement de missiles et de bombardements et par le développement de l’Axe de la Résistence, du Liban au Vénézuela.

COOPERATION POLITIQUE ET GEOPOLITIQUE REGIONALE :
DESORMAIS, UNE OPINION VEUT « QUE L’IRAN SOIT L’EPEE DE MOSCOU DANS LA REGION »

La coopération entre les régimes iranien et russe a conduit les pays arabes à conclure des accords majeurs avec la Russie pour éloigner Moscou de Téhéran. Lors de l’opération en Ukraine, ils n’ont pas pris position aux côtés de l’Ukraine et d’autres pays du monde pour condamner publiquement cette opération, qui essous pétexte qu’elle soit « contraire à la Charte des Nations unies ».

LES INTERETS DE TEHERAN

Dans un état d’isolement interne et international, alors que la société iranienne est déstabilisée par les sanctions occidentales, Khamenei entend résoudre ses problèmes économiques et internes et veut, avec un « regard vers l’Est », nourrir son hostilité et son opposition avec les États-Unis et l’Occident. Il cherche donc à créer une faille dans le P5 + 1 avec l’aide de la Russie afin que, par exemple, la question iranienne ne soit pas soumise au Conseil de sécurité ou que le mécanisme de déclenchement ne soit pas utilisé contre Téhéran. Khamenei veut parvenir à un accord .

UN REGARD VERS L’EST : COOPERATION GEOPOLITIQUE ENTRE L'IRAN ET LA RUSSIE

Selon des informations iraniennes et des médias d'État pro-gouvernementaux, les analystes du régime iranien, et en particulier le Guide suprême, estiment « qu'après l'effondrement de l'Union soviétique et l'unipolarité du monde, les États-Unis tentent d'établir des gouvernements occidentaux ici et là ».

De son côté, Téhéran faisait face à de nouveaux défis existentiels. L'un des aspects est l'anti-occidentalisme et l'anti-américanisme iraniens.

Mais après la polarisation du monde et à ce jour, nous sommes confrontés à des changements :

* Téhéran cherche à imposer sa présence dans la région en démontrant sa puissance régionale
*En établissant des relations économiques étendues avec l'Occident depuis environ 2000, la Chine est devenue la deuxième plus grande économie mondiale, et à la suite de ce boom économique, elle a réalisé de grands progrès militaires.
* Malgré l'effondrement de l'Union soviétique, la Russie reste une puissance militaire dotée d'armes nucléaires. Le dossier de Crimée a, en quelque sorte, démontré cette puissance militaire.

L’AXE MOSCOU-TEHERAN

L’Iran croit qu'en formant une alliance, ou du moins en se rapprochant de la Russie et de la Chine, elle peut former un pôle contre les États-Unis. La conclusion de contrats de 25 ans avec la Chine et la livraison du pétrole iranien au profit de la Chine, ainsi qu'un accord avec la Russie pour ne pas extraire les droits gaziers iraniens de la mer Caspienne et ne pas permettre au gaz iranien d'affluer vers le marché européen, s'inscrivent dans cette vision orientale. L'Iran possède les deuxièmes plus grandes ressources de gaz au monde. Alors que l’Iran est dans l'isolement mondial, il veut que ces deux pays empêchent un consensus au Conseil de sécurité et l'utilisation du mécanisme de déclenchement des négociations nucléaires contre lui.

LA GUERRE EN UKRAINE ET LA POSITION DE TEHERAN

De hauts responsables de la République islamique d'Iran ont pris position dès les premières heures de l'invasion russe de l'Ukraine. Dans leur position, ils ont considéré les provocations de l'OTAN comme la raison de l'agression de la Russie contre l'Ukraine, alors qu'ils n'ont jamais utilisé le mot « agression » dans leurs déclarations officielles.

Dans un discours prononcé le 1er mars, le Guide suprême de la République islamique d'Iran, sans mentionner l'opération militaire russe contre l'Ukraine, a accusé les États-Unis d'être responsables de la situation actuelle dans le pays et a déclaré : « L'Ukraine est une victime de la politique de crise des États Unis." Se référant à la situation actuelle en Ukraine et en Afghanistan, Ali Khamenei a qualifié de "mirage" le soutien des gouvernements occidentaux à leurs "gouvernements fantoches" et a déclaré : "Ceux qui comptent sur les États-Unis devraient apprendre et comprendre cette leçon".

À cet égard, les présidents de la République islamique d'Iran et de la Fédération de Russie se sont entretenus par téléphone des développements internationaux et des négociations nucléaires. Au cours de la conversation, le président iranien Ebrahim Raisi a souligné que « l'expansion de l'OTAN vers l'est est tendue » : « l'expansion de l'OTAN est une menace sérieuse pour la stabilité et la sécurité des pays indépendants dans différentes régions ». Selon l'agence semi-officielle ISNA, « le président iranien a exprimé son espoir que ce qui se passe profitera aux pays de la région ».

Le Guide suprême de la République islamique d'Iran a déclaré que le peuple ukrainien n'accepte pas son gouvernement et que « si le peuple descend dans la rue, la situation du peuple et du gouvernement en Ukraine changeraient. »

Au deuxième jour du conflit en Ukraine, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale a tweeté : « Rien n'est plus dégoûtant que la guerre, mais lorsque l'Occident cherche à porter atteinte à la sécurité nationale de diverses manières, il est en fait directement responsable des guerres et des crises visant à s'opposer à la stratégie de l'Occident."

COOPERER POUR CONTOURNER LES SANCTIONS

Les ministres des affaires étrangères iraniens et russes, qui étaient en Chine pour une conférence, se sont rencontrés. Au cours de la réunion, Lavrov a déclaré que « Moscou travaillait avec l'Iran pour contourner les sanctions occidentales ».

"Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré mercredi que Pékin et Moscou évoluaient vers un ordre mondial juste et multilatéral", a rapporté le journal pro-iranien Al-Alam. "Nous traversons une étape très grave dans l'histoire des relations internationales", a déclaré Lavrov à son homologue chinois Wang Yi, selon Sputnik. "Je crois qu'en conséquence, la situation internationale deviendra sensiblement plus claire et que nous nous dirigerons, avec vous et d'autres nations partageant les mêmes idées, vers un ordre mondial multipolaire, juste et démocratique", a-t-il ajouté.

Des informations font état d'une coopération entre les deux pays pour contourner les sanctions. Il y a quelques jours, The Telegraph, citant certains responsables, a rapporté que l'Iran « s'était secrètement engagé auprès de la Russie à l'aider à contourner les sanctions en échange du soutien de Moscou au nouvel accord sur le nucléaire ».

LES NEGOCIATIONS NUCLEAIRES

L'accord nucléaire entre l'Iran et le P5+1 serait sur le point d'être signé. Bagheri, le négociateur en chef de l’Iran, est arrivé à Téhéran le 23 février pour retourner à Vienne le 26 février avec le ministre iranien des Affaires étrangères Abdullahian pour signer l'accord. À l’époque, le régime iranien n'avait pas encore exigé que la signature de l'accord soit conditionnée au retrait des Gardiens de la révolution de la liste du terrorisme de l’OTF. Mais le 24 février, la Russie lance son opération en Ukraine, et en même temps, Téhéran pose une forte demande sur la table américaine. L’Iran exige que les Gardiens de la révolution (CGRI) soient retirés de la liste des terroristes de l'OTF.

Le négociateur russe Mikhail Ulyanov, qui avait précédemment déclaré que la Russie devait être exemptée de sanctions dans ses relations avec l'Iran et avait empêché les pourparlers d'avancer, a ensuite annoncé que la Russie respecterait les sanctions imposées à l'Iran afin de ne pas ternir l'image de la Russie. Au lieu de cela, les pourparlers ont échoué, les négociateurs iraniens faisant appel au Corps des gardiens de la révolution islamique.

PRESSION SUR L'EUROPE AVEC LE LEVIER DU GAZ ET DU PETROLE ET DEBUT DE L’OPERATION EN UKRAINE

Certes, l'opération en Ukraine ne s'est pas décidée du jour au lendemain. Par conséquent, la Russie, étant le seul exportateur de pétrole et de gaz au monde, voulait être en mesure de forcer l'Occident à garder le silence ou à ne pas réagir de manière appropriée sur son action en Ukraine. Le représentant russe, Ulyanov, était devenu un défenseur de Téhéran dans les pourparlers.

Le site d'information analytique Oil Price a déclaré plus tôt « qu'en vertu d'un accord de 20 ans entre l'Iran et la Russie, le pays pourrait contrôler la vente du gaz iranien ». En d'autres termes, selon l'une des dispositions de l'accord de 20 ans avec la Russie, l'Iran a accepté que la Russie encercle le marché du gaz et détermine à quel prix et à quels pays l'Iran vendra du gaz.

Au troisième jour de l’opération en Ukraine, la Russie a menacé de couper l'approvisionnement en carburant de l'Europe. Dans le même temps, certains analystes européens, en pleine illusion, ont fait valoir « qu'un accord nucléaire avec l'Iran pourrait sauver l'Europe d'une crise du carburant et lui permettre ainsi de se remettre d'un déficit budgétaire et de redresser son économie défaillante » (sic). Cette déclaration a été faite à un moment où il semble extrêmement improbable que la Russie perde facilement son atout face à l'Europe.

En revanche, certains analystes occidentaux ont avancé de nouvelles spéculations sur l'Iran, affirmant « que ce pays avait délibérément quitté le marché européen du gaz il y a quelques années afin d'ouvrir la voie à la Russie pour faire pression sur l'Europe dans le domaine de l'énergie ». Comme si nous étions en quelque sorte témoins de cette pression sur l'Europe lors de l'opération en Ukraine

Mais la situation s'est aggravée au point où l'Occident a déclaré que l'Iran ne voulait pas coopérer et a poursuivi les politiques énergétiques de la Russie.

Au troisième jour de l'opération russe en Ukraine, la Russie a officiellement menacé de couper ses exportations de gaz vers l'Europe. La menace russe a alors incité l'Allemagne à suspendre de nouvelles sanctions contre la Russie. C'est alors que de sérieuses spéculations ont surgi parmi les Européens. C’est peut-être il y a quelques années que l'Iran s'était "consciemment" retiré du marché européen du gaz afin d'augmenter la capacité de Moscou à accroître la pression sur l'Europe. Par ces spéculations, l'Iran a certainement aidé Moscou à paralyser l'Europe par des moyens énergétiques et l'Europe ne pouvait manquer de réagir à la campagne en Ukraine. Dans cette optique, l'Iran, avec l'aide de la Russie, a pratiquement transformé l'hiver européen en un purgatoire glacial.

Le regard de l'Europe sur la question iranienne a radicalement changé ces derniers jours. Aujourd’hui, l'Europe est confrontée à une question majeure dans l'affaire iranienne : l'Iran est-il un allié secret de la Russie dans l'affaire ukrainienne ?


Luc MICHEL (Люк МИШЕЛЬ)

* Avec le Géopoliticien de l’Axe Eurasie-Afrique :
Géopolitique – Géoéconomie – Géoidéologie – Géohistoire – Géopolitismes – Néoeurasisme – Néopanafricanisme
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# EODE-BOOKS / ‘ILS’ OSENT PARLER DE CRIMES DE GUERRE : DEUX LIVRES QUI DENONCENT LES CRIMES DE L’OCCIDENT

 

EODE-BOOKS - crimes de l'occident (2022 05 13) FR (1)

 

(Livres – Débats – Idées)/ 2022 05 13/

EODE-BOOKS – lire – s’informer – se former
Un service du Département EDUCATION & RESEARCH
de l’Ong EODE

* LES CRIMES DE L’OTAN,
plaidoyer pour les victimes
de Ghislain Dubois,
Préface de Me Roland Dumas
Postface de Me Marcel Ceccaldi,
éditions Dualpha

* LE LIVRE NOIR DE LA MONDIALISATION :
400 MILLIONS DE MORTS
de Thomas GUENOLE
Éditeur : Plon

# I/
LES CRIMES DE L’OTAN

L’avocat liégeois Ghislain Dubois a publié aux éditions Dualpha, « Les crimes de l’OTAN, plaidoyer pour les victimes », préfacé par Roland Dumas, avocat, ancien ministre des affaires étrangères sous Mitterrand, et ancien Président du Conseil constitutionnel, avec une postface de Me Marcel Ceccaldi, avocat au barreau de Paris et ancien Secrétaire de la Conférence.

ENTRETIEN AVEC GHISLAIN DUBOIS, AUTEUR DE LES CRIMES DE L’OTAN

* Pourquoi ce livre ?

Il s’agit, pour moi, de dénoncer, au travers de dossiers que je défends, les crimes commis par l’OTAN contre des civils, en violation du droit international voire des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU quand l’OTAN est mandatée par cette institution. Je reviens ainsi sur les raids de l’OTAN sur Belgrade en Serbie, en 1999. Mais surtout sur les meurtres volontaires de civils en Libye, commis, en 2011, par cette organisation, pour des motifs purement politiques.

Dans sa préface, Roland Dumas le rappelle : « Ce n’est pas la vocation de l’OTAN qui a été créé comme vous le savez au moment de la guerre, ni la vocation de la France de s’engager dans des guerres néocoloniales à des fins inavouables »… Et pourtant…

* Quels sont ces dossiers que vous traitez ?

J’ai en été consulté, en juillet 2011, par le général libyen Khouildi El Hamidi, par son fils Khaled et par un citoyen marocain, Abdellatif Chlih, dont la fille Aïcha avait été engagée par la famille El Hamidi, comme nounou des trois enfants de Khaled. Le 20 Juin 2011, à 2h30 du matin, des avions de l'OTAN bombardent à 8 reprises la vaste propriété familiale du général Khouildi El Hamidi, située à Sorman, une bourgade en plein désert, à 70 km à l’Ouest de Tripoli. La propriété était composée de trois bâtiments d'un étage chacun, l'un occupé par père de Monsieur Khaled El Hamidi, le général Khouildi El Hamidi, les deux autres par le reste de la famille. Sont ainsi tués par les bombes de l'OTAN, outre Aïcha Chlih, l'épouse de Khaled, Safae Ali, tuée en même temps que leurs trois très jeunes enfants : Salam, Al Khouwaylidi, et Khalida El Hamidi ; et 8 autres civils innocents. Au total 17 civils innocents dont de nombreux enfants seront assassinés ce soir-là.

Je défends également d’autres familles libyennes, elles aussi frappées par l’OTAN. Sans oublier le sort de ces Serbes qui perdirent des membres de leurs familles dans les raids de l’OTAN sur Belgrade en 1999.

Actuellement, mes dossiers sont portés devant la Cour de cassation de Belgique, et le seront, en cas d’échec, devant la Cour européenne des droits de l’homme. Les cris de justice des Antigone et Hamlet des temps présents que je défends, doivent être entendus.

* Vouloir faire condamner juridiquement l’OTAN, c’est un peu un combat à la David contre Goliath, non ?

Il y a parfois des causes que l’on croit perdues d’avance ; celle que ce livre conte n’est pas gagnée à ce jour mais, avec l’aide de Dieu, comme disait Peter Pan, tout est possible, il suffit d’y croire vraiment… Et d’ailleurs, David contre Goliath, justement… qui l’aurait crû, n’est-ce pas ?

# II/
LE LIVRE NOIR DE LA MONDIALISATION : 400 MILLIONS DE MORTS

La pandémie du Coronavirus a donné un coup d’arrêt à une globalisation qui se voulait irrésistible. Certes on n’annulera pas cette mondialisation de l’économie, pensée depuis 1945 par les USA, au profit de la Métropole nord-américaine, économie coloniale centrale (Accords de Bretton Woods – GATT – OMC – Globalisation). L'épidémie du Coronavirus fut un traumatisme mondial profond : près d'un milliard d'êtres humains durent être confinés dans quelque trente-cinq pays et des dizaines de milliers sont morts. Outre le désastre humanitaire, la crise économique et financière est là.

Le terrain avait été préparé par les guerres économiques relancées par Trump et le sabotage organisé des traités internationaux, à commencer par celui de l’ALENA nord-américaine. L’avenir du Continent nord-américain semblait tout tracé : la fusion du Mexique avec le Canada et les USA dans un grand Bloc continental nord-américain. Que préfigurait l’ALENA (NAFTA en anglais) et qui de l’unification économique devait passer à l’intégration politique, puis géopolitique (selon les théories sur les « grands états en voie d’unification » de Friedrich List, la théoricien du « Nationalisme économique »). C’est à cela qu’on travaillé aussi bien Bush II qu’Obama. L’unification en « blocs continentaux » (cfr. Haushofer et Thiriart) sera inévitablement la tendance des XXIe et XXIIe siècles. C’est alors que vint Trump et les siens. Et quela froide rigueur géopolitique dut céder la place à la passion idéologique (1). La question qui se pose est celle de la portée historique de l’action de Trump et des siens. Coup d’arrêt éphémère, arrêt durable de dix à vint ans, basculement géopolitique anti-yankee ?

Mais revenons à notre livre après cette disgression.
L’impact économique gigantesque de la Pandémie fut aussi un révélateur brutal de la dangerosité de la mondialisation. Car si l'épidémie fut le déclencheur de la Grande Récession dans laquelle nous nous débattons encore, et seulement, la mondialisation, elle, en fut la poudrière.

Le livre noir de la mondialisation est sans appel : Concentration extrême de l'appareil industriel mondial en Chine, chaînes mondiales d'approvisionnement fondées sur le zéro stock, marchés financiers débridés, pression générale à la baisse sur les dépenses publiques dont les dépenses de santé. La mondialisation, système économique planétaire, a permis que dans un sinistre effet-papillon, une infection à Wuhan provoque rapidement des morts, des pénuries de toutes sortes et une récession à travers toute la planète.

LM

(1) La Géopolitique a sa logique qui succombe parfois devant la dynamique irrationnelle quasi biologique des idéologies : ainsi la logique rationnelle géopolitique du « grand Espace germano-slave Vladivostok-Flessingue » (Haushofer et Niekisch), Bloc continental opposé aux thalassocraties anglo-saxonnes, succombe face au racisme biologique anti-slave de Hitler qui brise de façon suicidaire le « Pacte germano-soviétique » (« la tentation du nihilisme » dira un critique de Hitler) et fait du XXe siècle un « siècle américain ». Ainsi la logique de l’ALENA s’affronte et se confronte au racisme WASP anti-latino de l’Alt-Right, inspirée des théories de Huntignton et rassemblée autour du scénario politique de Trump (qui est tout sauf un homme isolé –sic-, hors système -resic).

CORONAVIRUS, GUERRES DE PILLAGE, FAIM, MALADIES, ESCLAVAGE MODERNE, POLLUTION… LA MONDIALISATION TUE !

Les morts du coronavirus, bien que traumatisantes, ne sont cependant que l'arbre qui cache la forêt des victimes de la mondialisation. Nous démontrerons en effet dans ce livre que de 1992 à 2018, la mondialisation a causé plus de 400 millions de morts.

Elle a en effet un arrière-plan géopolitique : 600 000 sont morts de l'invasion américaine de l'Iraq pour prendre le contrôle de ses ressources pétrolières. 6,5 millions sont morts dans des guerres de pillage, en particulier au Congo-Kinshasa pour ses richesses minières. 11 millions sont morts de faim alors qu'assez de nourriture est produite pour alimenter toute l'humanité. 60 millions sont morts sur le poste de travail, c'est-à-dire de la pression mondiale à la baisse sur les conditions de santé et de sécurité de la main d'œuvre. 69 millions sont morts de pollution atmosphérique, c'est-à-dire des rejets toxiques de ce système économique mondial consumériste et productiviste. 256 millions sont morts de maladies pourtant soignables, c'est-à-dire morts de la répartition des ressources plutôt que des maladies elles-mêmes.

Ces plus de 400 millions de morts sont le thème de ce livre noir de la mondialisation.

LA GLOBALISATION EN RESUME

L’essayiste et politologue Thomas Guénolé analyse les effets néfastes d’un système économique dont la crise sanitaire a récemment illustré les limites, et qui, du début des années 1990 à aujourd’hui, porte la responsabilité d’un coût humain considérable.
Que devons-nous entendre par le terme de « mondialisation » ? Pour Thomas Guénolé, la mondialisation regroupe cinq caractéristiques (selon ‘Les Crises’) :

L’existence d’un vaste réseau commercial ;
L’imposition de règles éditées par une superpuissance ;
Un courant de pensée économique hégémonique qui soutient les intérêts de cette superpuissance ;
La prédation des ressources matérielles des territoires les plus faibles ;
Un coût humain extrêmement élevé qui se compte en millions.

REVUE DE PRESSE/
EXTRAIT DE L’ENTRETIEN DE THOMAS GUENOLE POUR ‘ LES CRISES’ :

* L’entretien complet aux ‘Crises’ :
https://www.les-crises.fr/le-livre-noir-de-la-mondialisation-entretien-les-crises-avec-thomas-guenole/

Extrait 1 :
« La mondialisation est un marché mondial sans règle de droit mondiale : de nombreux pays pauvres adoptent donc des conditions atroces de santé et de sécurité au travail, pour que leur coût du travail soit compétitif. Par exemple, des travaux universitaires ont établi que les usines de Foxconn, le n°1 mondial des composants électroniques, sont, je cite, « des camps de travail ».
69 millions sont morts de la catastrophe écologique. Plus précisément, ce sont les morts de pollution atmosphérique. La mondialisation en est responsable en tant que système planétaire productiviste et consumériste. Elle est également responsable parce que son marché mondial sans règle de droit mondiale conduit des pays à tolérer les méga-décharges, les usines ultrapolluantes et les navires-poubelles.
256 millions sont morts de maladies pourtant soignables. Quand une maladie est facile à guérir mais fait quand même des millions de morts, le vrai coupable est le marché sanitaire mondialisé, dans sa façon de répartir l’accès aux médicaments et aux traitements. Par exemple, en 2015 la pneumonie a tué près d’1 million d’enfants de moins de 5 ans, alors qu’elle est facile à soigner.
A cela s’ajoutent 600 000 morts de l’économie guerrière des États-Unis, puissance dirigeante de la mondialisation actuelle. Plus précisément, ce sont les civils irakiens morts des conséquences de l’invasion américaine de l’Irak aux fins de prédation de son économie. »

Extrait 2 :
« Le débat sur la mondialisation se résume trop souvent à la confrontation de poncifs et de mantras : l’un dit que la mondialisation est globalement positive, l’autre dit que la mondialisation est nocive, personne ne prouve rien, et l’intelligence collective ne progresse pas d’un millimètre. J’ai donc estimé nécessaire de réaliser ce travail de recherche, pour que le débat d’idées sur la mondialisation repose enfin sur la réalité des faits. Preuves à l’appui, chiffres à l’appui, recherche à l’appui, ce Livre noir de la mondialisation a donc pour objectif principal de provoquer une prise de conscience, auprès du public le plus large, sur le coût humain inacceptablement élevé de la mondialisation : 400 millions de morts (…) à chaque crise systémique, les mêmes idées progressent dans les classes dirigeantes, mais beaucoup plus lentement : pour certains parce que ces idées heurtent frontalement leurs propres intérêts, et pour d’autres par simple conformisme envers la croyance en la « mondialisation heureuse » qui leur a été serinée dès leurs années étudiantes dans les grandes écoles.
C’est sur ces deux aspects, internes aux classes dirigeantes, que se situent les vrais points de blocage. Pour autant, les choses avancent. Par exemple, à la fin des années 1990 la taxe Tobin était une idée avant-gardiste cantonnée aux milieux altermondialistes, mais dix ans plus tard elle était à l’ordre du jour des réunions du G20. »

BIOGRAPHIE DE L'AUTEUR

Thomas Guénolé, politologue et essayiste, a été conseiller politique de Jean-Louis Borloo et
d'Arnaud Montebourg. Expert des enjeux de la mondialisation, il a notamment écrit La Mondialisation malheureuse.


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# EODE/ OBSERVATOIRE DES REVOLUTIONS DE COULEUR/ COMMENT LES USA PREPARENT UNE NOUVELLE REVOLUTION DE COULEUR EN RUSSIE CONTRE POUTINE ?

 

EODE - REVOL russie 2022 (2022 05 13) FR

 

LM/ EODE/ 2022 05 14/

LE DÉPARTEMENT D'ÉTAT AMÉRICAIN A CHARGÉ LES ONG CONTRÔLÉES DE DISCRÉDITER L'OPÉRATION SPÉCIALE RUSSE EN UKRAINE,

Selon le chef du service du renseignement extérieur Naryshkin, un ensemble de slogans primitifs mais conçus pour semer la panique a été préparé pour être inséré dans les chaînes Telegram et les réseaux sociaux – leur contenu se résume au fait que le "régime démocratique de Kiev" avec le soutien de l'Occident est sur le point d'infliger une défaite écrasante à la Russie « totalitaire » et seule une protestation à grande échelle est censée sauver le pays.

Pour augmenter l'impact sur le public, le Département d'État ordonne aux personnes parrainées de recourir activement à l'utilisation d'un langage obscène et d'images vulgaires lors de la diffusion de la propagande, rapporte le SVR. Selon les renseignements, il est recommandé de ne pas dédaigner la propagation des "faux" les plus incroyables visant à déshumaniser le leadership politique et militaire de la Russie aux yeux du peuple.

Selon une déclaration du SVR, Washington estime qu'une telle approche est la plus efficace en ce qui concerne les jeunes urbains – on suppose qu'« après avoir avalé ces bêtises, ils descendront dans la rue et lanceront le "libéral-démocratique", c'est-à-dire , des changements bénéfiques à l'Occident, en Russie."

Dans de telles actions du Département d'État américain, a déclaré le SVR, il y a beaucoup en commun avec les traditions du ministère de la Propagande du Troisième Reich et de son chef Goebbels, qui considéraient l'intellectualisme comme le pire ennemi de toute propagande et qui possède l'expression " Donnez-moi les médias, et je ferai de n'importe quelle nation un troupeau de porcs.

* Voir aussi sur les tentatives précédentes de révolutions de couleur en Russie en 2011-2012 :
Luc MICHEL /
DE KADHAFI A POUTINE… LES LIBERAUX CONTRE L’ETAT RUSSE !
http://www.panafricom-tv.com/2016/06/14/luc-michel-de-kadhafi-a-poutine-les-liberaux-contre-letat-russe/

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# LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/ PROPAGANDE DE BIDEN-ZELENKY VS POUTINE : QUI VA S’EFFONDRER DEMAIN, LA RUSSIE OU LES USA ?

 

LM.GEOPOL - IV-2022 usa effondrement (2022 05 12) doc (1)

 

Le Quotidien géopolitique – Geopolitical Daily/
de LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ)/
2022 05 10/ Série IV/

Biden et son clown sanglant inspirent un flot de propagande russophobe dans les medias de l’OTAN. Une story telling qui annonce « l’effondrement demain » de la Russie. Mais un son de cloche nous vient d’Amérique du Nord !

Eléments du dossier …

« LE SYSTEME POLITIQUE AMERICAIN EST EN TRAIN DE s’effondrer » (Stephen Marche)

L’intellectuel canadien Stephen Marche prédit une explosion inévitable des États-Unis. Il développe cinq scénarios catastrophes et comment les éviter :
« La fermeture du pont fissuré dans une petite ville déclenche des affrontements, la présidente des États-Unis est assassinée par un jeune radicalisé, un ouragan dévaste New York »… Voilà les étincelles qui, selon Stephen Marche, journaliste et essayiste canadien établi aux États-Unis, pourraient déclencher la prochaine guerre civile tant le pays est divisé, armé, inégal. Il envisage aussi la séparation des États, plus du tout unis, à l'amiable. Son livre The Next Civil War (La Prochaine Guerre civile ») commence par ces phrases : « Les États-Unis touchent à leur fin. La question, c'est de savoir comment. »

« LE GRAND DIVORCE AMERICAIN »
(LE POINT)

Ravivée autour de la question de l’avortement, la guerre culturelle qui oppose progressistes et conservateurs ébranle la démocratie outre-Atlantique. Des manifestants pro et anti avortement s'affrontent le 5 mai devant la Cour supreme a Washington.

La désintégration des États-Unis n'est plus un scénario fantaisiste. Au train où vont les choses, des Américains pourraient bientôt choisir leur lieu de résidence en fonction de leurs convictions politiques. Ceux qui refusent l'interdiction de l'avortement iront s'installer dans un État bleu (démocrate). Ceux qui ne veulent pas que leurs enfants apprennent la théorie du genre à l'école primaire préféreront habiter dans un État rouge (républicain). Progressistes d'un côté, conservateurs de l'autre…

Certains auteurs, comme l'essayiste Stephen Marche1 ou la politologue Barbara F. Walter2, voient là un engrenage conduisant à la guerre civile, dans une société fracturée où la violence politique affleure et où les armes sont surabondantes. Ce n'est plus l'abolition de l'esclavage qui en serait le déclencheur comme en 1861.

DIVIDED STATES OF AMERICA :
Etats-Unis, LA GUERRE CIVILE QUI VIENT

“Quand les combats commenceront, personne ne se rappellera que tout a commencé autour d’un pont. […] Pas le pont de Brooklyn, pas le Golden Gate, mais un petit pont à deux voies à qui personne n’avait pris la peine de donner un nom, sur une rivière que les gens ordinaires doivent traverser dans un petit comté rural qui déteste le gouvernement fédéral et a décidé de ne plus obéir à ses injonctions.”

Les combats qu’évoquent l’essayiste et romancier canadien Stephen Marche au début de The Next Civil War (“La prochaine guerre civile”, non traduit en français) n’ont pas encore eu lieu. Mais leur survenue est d’après lui très probable, sinon inévitable, à court ou moyen terme aux États-Unis. Dans son analyse, cette “guerre imminente sera la continuation d’un conflit plus ancien, celui qui a pris fin entre l’Union et la Confédération en 1865 sans avoir comblé l’écart entre les races, les régions et les perspectives économiques”, rapporte The Guardian.

Le prélude de cette future guerre civile est “éminemment plausible”, reconnaît dans The Altantic le journaliste Fintan O’Toole. Telle que l’imagine le livre, la situation commence à dégénérer après que les autorités fédérales ont décidé de fermer pour une durée indéterminée un pont devenu vétuste. Le shérif d’un comté qui n’est pas nommé devient le porte-voix de ses électeurs mécontents.

Il décide de prendre le contrôle du pont et de le rouvrir. “Les distingués représentants de l’Administration fédérale des autoroutes et de l’Agence pour la protection de l’environnement ne comprennent malheureusement pas les besoins des gens de ce comté, alors que moi, si”, déclare le fonctionnaire dissident à un journaliste de Fox News. Rapidement, il devient une idole et le pont, le point de ralliement d’un assemblage hétéroclite de groupes d’extrême droite et de “patriotes antigouvernement” – jusqu’à ce que la situation vire à l’affrontement avec les forces de l’ordre.

Le pont, le shérif et les dialogues sont purement imaginaires, autant d’“expériences de pensée” qui permettent à l’auteur de développer son propos. Mais Marche l’assure : les grandes tendances esquissées dans ces pages (chaos politique, attentat contre un futur président, catastrophes climatiques…) sont, elles, “basées sur les meilleurs modèles disponibles, avec des capacités de prévision établies”. L’écrivain a d’ailleurs pris soin d’interviewer “des militaires, des policiers, des spécialistes de l’approvisionnement en produits alimentaires, des historiens et des politologues”, confirme The New York Times.

POUR AUTANT, SES PREDICTIONS SONT-ELLES CREDIBLES ?

« Tous les scénarios [du livre] sont bien étudiés et présentés de manière éloquente », constate O’Toole. Les Américains “plus proches d’une guerre civile qu’ils n’aimeraient le croire”…

LES CLIVAGES POLITIQUES RECOUPENT DE PLUS EN PLUS DES APPARTENANCES ETHNIQUES : UNE INTENSE POLARISATION POLITIQUE.

On observe, aux Etats-Unis, que le débat politique s’est tendu. Républicains et Démocrates ont rarement été aussi divisés. La personnalité du président Trump n’a été sans doute pas étrangère à cette situation…

Or, ce qui arrive aux Etats-Unis nous intéresse, parce que c’est bien souvent l’indice de ce qui va survenir chez nous. Depuis l’élection de Donald Trump, les Américains s’inquiètent du degré de polarisation exceptionnel qui affecte leur vie politique. Entre partisans et adversaires de Trump, la haine réciproque est si intense qu’elle menace la légendaire stabilité politique des Etats-Unis.

Selon le psychologue Jonathan Haidt, il devient difficile de faire travailler ensemble des employés pro et anti-Trump. On est au-delà des conflits idéologiques classiques. Pour en rendre compte, le mot tribalisme, l’adjectif tribal sont devenus obsédants dans le discours médiatique. Les Etats-Unis seraient en train de régresser, du stade de la nation, à celui d’une juxtaposition de tribus, en guerre les unes avec les autres. Ce qui affaiblit considérablement le pays sur le plan international. Mais le plus grave, c’est que cet éclatement idéologique de la société recoupe en partie des clivages ethniques. Du coup, le concept de tribu prend tout son sens.

LE VOTE TRUMP : UN VOTE ETHNIQUE.

Car on a pu expliquer l’improbable victoire de Donald Trump elle-même par un réflexe tribal de certains Blancs ; le vote Trump aurait été un vote ethnique. La preuve : la majorité des femmes blanches ont préféré ce milliardaire sexiste à Hillary Clinton. Pour la politologue Amy Chua, dans son livre Political Tribes, « les Blancs qui savent qu’ils perdront la majorité aux Etats-Unis, au cours des vingt années qui viennent (sic). Ils auraient obéi, à leur tour, à un réflexe tribal. Comme les autres minorités, ils seraient en train d’adopter un comportement électoral dicté par leur appartenance ethnique, autant que par leurs intérêts de classe, ou leurs convictions. C’est pourquoi ils se seraient regroupés autour d’un politicien qui faisait appel, de manière souterraine, à cette identité.

UNE CULTURE DOMINANTE EST-ELLE INDISPENSABLE ?

Les Blancs seraient sur le point de devenir une tribu américaine comme les autres. D’où la récente apparition, aux Etats-Unis, de la question qui obsède bien d’autres nations, confrontées au défi du multiculturalisme : sur quel socle commun des cultures différentes doivent-elles reposer pour que les sociétés n’explosent pas ? De solides institutions suffisent-elles pour fixer les règles du jeu – c’est la thèse du « patriotisme constitutionnel » ? Ou faut-il qu’une culture dominante – une Leitkultur, comme disent les Allemands demeure commune ?

C’est la thèse qui est défendue par Andrew A Michta, dans la revue The American Interest. Dans un article intitulé, « Yes, it can happen here », Oui, ça peut arriver ici, ce politologue se montre très pessimiste, d’une manière générale, pour l’avenir de nos démocraties occidentales. Quelle ironie du sort ! écrit-il, alors qu’il y a deux décennies, nos experts parcouraient le monde, du Moyen-Orient à l’Europe orientale, en donnant des leçons de « State building », aujourd’hui, ce sont nos propres Etats-nations qui approchent dangereusement du point de rupture. Elles sont au bord de l’éclatement et deviennent de ce fait ingouvernables. Jamais un tel degré de polarisation, selon des lignes de fracture de toute sorte – ethniques, religieuses, idéologiques – n’avaient autant menacé leur cohésion interne.
L’art du compromis qui caractérisait nos systèmes politiques est perdu. Bien des démocraties sont menacées par des haines politiques qui rendent très délicat l’art de gouverner.

SANS CONSENSUS MINIMAL, LES SOCIETES ECLATENT.

« La mode actuelle des politiques de l’identité a atteint un tel seuil, écrit-il, que le seuil de décomposition de nos vieux Etats-nations est désormais de l’ordre du possible. » Elles subissent, en effet, une grave érosion du consensus sur lequel elles étaient fondées. Nous avons tort de croire que nos institutions, celles des Etats-Unis ont plus de deux siècles – nous protègent, poursuit Michta. Elles ne suffisent pas. Car les institutions ne valent que par la puissance et la solidité des forces politiques qui les font vivre. A elles seules, ces institutions ne peuvent pas garantir la paix civile. Il faut qu’existe un consensus minimal entre les citoyens.
Pour que les nations ne sombrent pas dans la décomposition et dans une anarchie, dont on sait bien qu’elle crée une demande d’ordre et débouche sur des régimes autoritaires, il faut que les citoyens éprouvent un sens profond de réciprocité et d’obligation mutuelle. Mais il faut aussi qu’il existe une culture partagée, car c’est sur elle que fonde l’identité nationale.

Pendant longtemps, cette culture nationale a pu faire leur place à des narratifs particuliers – régionaux, ethniques, religieux ou idéologiques. Tel n’est plus le cas à présent. Car cette culture nationale a été systématiquement déconstruite dans l’enseignement. A force de répéter à nos élèves et à nos étudiants que l’histoire de leur nation n’est qu’une suite de crimes et que leur seul héritage est une honte à partager, nous avons aggravé la balkanisation, la tribalisation de nos sociétés. Et cela les fragilise dangereusement : qui voudrait risquer sa vie pour une institution aussi dévalorisée ?

THE DEMOCRACY INSTITUTE ET DAILY EXPRESS MÈNENT UN SONDAGE MENSUEL DES AMÉRICAINS SUR LE CONFLIT EN UKRAINE : POUR LE DEUXIÈME MOIS, LES RÉSULTATS SONT « EXCITANTS », ET CETTE FOIS ILS SONT « CHOQUANTS » :

- 43 % des Américains interrogés seraient d'accord pour dire que l'Ukraine perd face à la Russie, et 41 % ne veulent même pas y penser.

- jusqu'à 53 % des personnes interrogées pensent que les sanctions sont plus préjudiciables aux États eux-mêmes qu'à la Russie, malgré le fait que la hausse des prix de tout est le principal sujet de l'agenda national du pays.

- 50 % veulent ramener les Républicains au pouvoir, et seulement 42 % sont pour les Démocrates. Discours sur les élections au Congrès et au Sénat en novembre de cette année.

- 53 % pensent que ce n'est pas Poutine, mais Biden qui devrait démissionner.

- Les activités de Biden dans la "crise ukrainienne" ne sont approuvées que par 38 % et 52 % ne l'approuvent pas. Comme Macron, Biden est un président minoritaire à la légalité sans légitimité !


Luc MICHEL (Люк МИШЕЛЬ)

* Avec le Géopoliticien de l’Axe Eurasie-Afrique :
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LM.GEOPOL - IV-2022 usa effondrement (2022 05 12) doc (2)

 

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# RADIO.AFRIQUEMEDIA INTERNATIONAL/ EMISSION LE JOURNAL AFRICAIN DU 06 04 2022/ LUC MICHEL : CRISE UKRAINIENNE, QUE VEULENT ZELENSKY ET LES OCCIDENTAUX EN AFRIQUE ?

Ecoutez sur :
https://www.podcastics.com/podcast/episode/radioafriquemedia-international-emission-le-journal-africain-du-06-04-2022-luc-michel-crise-ukrainienne-que-veulent-zelensky-et-les-occidentaux-en-afrique-130922/

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* WebTV AFRIQUE MEDIA
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# LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/ REVUE DE PRESSE/ ‘LA MORT DE L’EUROPE ET LA NAISSANCE D’UN NOUVEL ORDRE’ (UNE ANALYSE DU NICARAGUA, PAR AUGUSTO ZAMORA RODRIGUEZ)

 

LM.GEOPOL - IV-2022 RP az rodriguez (2022 05 09) doc

 

Le Quotidien géopolitique – Geopolitical Daily/
de LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ)/
2022 05 09/ Série IV/

«Le délire impérial de Poutine» disent-ils … :
en Occident, experts, journalistes et hommes politiques sont unanimes lorsqu’il s’agit d’évoquer les causes du conflit ukrainien.

Mais un regard croisé montre rapidement que les analystes des pays du Sud parviennent à une autre conclusion. Il peut être rafraîchissant pour l’esprit de suivre, en regardant la crise ukrainienne, les yeux et les pensées d’une personne qui a son domicile à Estelí, Nicaragua.
REVUE DE PRESSE/
« LA MORT DE L’EUROPE ET LA NAISSANCE D’UN NOUVEL ORDRE » (par Augusto Zamora Rodriguez, 09 mai 2022)
« un conflit géopolitique … Par chance, le prix Nobel de la bêtise humaine n’existe pas, car ce dernier serait impossible à décerner au vu de la pléthore de candidats, à commencer par les dirigeants européens. La question ukrainienne (que nous refusons de qualifier d’invasion ou de guerre, bien que techniquement il puisse s’agir des deux) n’est pas du tout ce que les médias occidentaux affirment de manière convulsive. La Russie n’a pas l’intention d’annexer l’Ukraine, elle n’a pas non plus lancé une guerre de conquête, et elle n’est surtout pas le résultat d’une folie impériale de grandeur perdue. IL S’AGIT D’UN CONFLIT GEOPOLITIQUE AU SENS PROPRE DU TERME:

«Géopolitique» au sens du XIXe siècle, c’est-à-dire une lutte pour le pouvoir et les intérêts, car il n’y a pas de conflit d’idéologies, pas de lutte de systèmes, même si les mercenaires et les imbéciles habituels – qui ne sont malheureusement pas une espèce en voie de disparition – en radotent. Non, rien de tout cela. C’est la vieille lutte entre le monde qui veut naître et le monde qui refuse de mourir (comme aurait dit le communiste Antonio Gramsci), provoquée par le refus de l’OTAN de ne pas s’étendre davantage vers la Russie. Car c’est cela et rien d’autre qui motive l’action militaire: gagner en sécurité pour la Russie, ce que l’Union européenne/l’OTAN refuse, ce qui laisse supposer qu’ils maintiennent leur politique d’expansion. L’INTELLIGENCE MEURT EN PREMIER
On prétend, on répète et on insiste toujours sur le fait que dans les conflits de cette ampleur, la vérité meurt en premier. Nous ne sommes pas d’accord. Nous pensons que c’est l’intelligence qui meurt en premier. Car il faut être ignorant, simple d’esprit, abruti, et ainsi de suite, pour croire que la Russie a attaqué l’Ukraine pour des banalités comme la mégalomanie ou les amours impériales, comme dans un roman de Corín Tellado (pour ceux qui ne la connaissent pas: il s’agit de la plus grande auteure d’histoires d’amour, publiant jusqu’à trois romans par semaine, dont mères ou grands-mères se souviennent avec, oui, une nostalgie adolescente). Rien de tout cela. Les guerres coûtent cher, très cher, et leur déroulement dépend, comme l’a constaté Thucydide, de l’argent dont on dispose. Vladimir Poutine n’est pas un écervelé comme ils veulent tant le dépeindre. Il est encore moins un aventurier comme Crassus, le milliardaire romain qui, pour surpasser César et Pompée, finança une guerre contre les Parthes, à la suite de quoi les Parthes lui coupèrent la tête et écrasèrent ses 30 000 soldats (d’où l’expression «crasoerror», grosse erreur). L’Ukraine est un pion, surtout sur l’échiquier mondial (pour reprendre une expression de Zbigniew Brzeziński), où se joue la répartition du pouvoir pour les prochaines décennies, si tant est que nous y arrivions. LA STRATEGIE DES ETATS-UNIS DANS LE TRIANGLE DES PUISSANCES
Nous nous expliquons. Actuellement, il existe trois grands acteurs – la Russie, les Etats-Unis et la Chine – qui se divisent en deux camps. Dans un coin, comme sur un ring de boxe, l’alliance entre la Chine et la Russie, dans l’autre les Etats-Unis. Ce n’est pas une invention de notre part. Ceux qui le disent et le répètent ad nauseam, ce sont les Etats-Unis et leur poulailler européen. Comme en matière géostratégique, seuls les chiffonniers inventent des conflits, nous citons des documents officiels américains, dont nous donnons en plus le lien de la source pour ceux qui veulent satisfaire leur curiosité. Précisons d’emblée qu’aux Etats-Unis, le gouvernement et le Congrès ont la gentillesse de publier de tels documents après les avoir d’abord censurés, et ce de telle manière que ceux qui ne veulent pas savoir ne s’en aperçoivent même pas. Mais ils sont là (en anglais bien sûr) et sont à la disposition du public, qui est en général terriblement restreint. Ces documents permettent aujourd’hui d’apporter une goutte de vérité dans l’orgie de manipulation et de désinformation qui se déroule dans ce poulailler européen ignorant. Commençons par le document le plus important, intitulé «National Defense Strategy» (Stratégie de défense nationale), datant de 2018 et qui fixe les règles jusqu’à aujourd’hui. On y lit ce qui suit: «La compétition stratégique interétatique, et non le terrorisme, est désormais la principale préoccupation de sécurité nationale des Etats-Unis. La compétition stratégique à long terme avec la Chine et la Russie est une priorité absolue pour le ministère [de la Défense] et nécessite des investissements plus importants et durables en raison de l’ampleur des menaces qu’elles représentent actuellement pour la sécurité et la prospérité des Etats-Unis et de la possibilité que ces menaces s’intensifient à l’avenir.» Pour faire face à cette «compétition stratégique à long terme», le Pentagone a défini les objectifs suivants, en plus d’une liste exhaustive de mesures et d’actions. En ce qui concerne la Chine: «Renforcer les alliances et les partenariats dans l’Indopacifique afin de créer une architecture de sécurité interconnectée capable de dissuader l’agression, de maintenir la stabilité et d’assurer un accès ouvert aux zones communes.» En ce qui concerne la Russie: «Renforcer l’alliance transatlantique de l’OTAN. Une Europe forte et libre, unie par les principes communs de la démocratie, de la souveraineté nationale et de l’engagement à l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord,1 est indispensable à notre sécurité.» EN RESUME: DEPUIS 2018, LES ETATS-UNIS TRAVAILLENT A LA CREATION D’UNE PARENTHESE AUTOUR DE LA RUSSIE ET DE LA CHINE, DONT LES ALLIANCES MILITAIRES ET POLITIQUES SONT LES PILIERS ESSENTIELS.

De cette manière, l’OTAN doit constituer le front atlantique de l’armée américaine, tandis que les Etats-Unis et leurs alliés – le Japon en tête – sont responsables du front pacifique. LA PROCHAINE GUERRE MONDIALE SERA NUCLEAIRE
Toute la stratégie des Etats-Unis repose sur le concept de deux fronts de guerre et suit une politique de la Seconde Guerre mondiale, lorsque les Etats-Unis ont refusé d’ouvrir un front en Europe occidentale parce qu’ils voulaient utiliser toute leur puissance contre le Japon (pour cette raison, le débarquement en Normandie a dû attendre juin 1944). Ce concept est le résultat d’un fait admis dans des documents officiels américains. Dans le document «Providing for the Common Defense» (Etre prêt pour la défense commune), également publié en 2018, il est dit: «La supériorité militaire des Etats-Unis – l’épine dorsale de leur influence mondiale et de leur sécurité nationale – s’est dangereusement érodée. […] La capacité des Etats-Unis à défendre leurs alliés, leurs partenaires et leurs propres intérêts vitaux est de plus en plus remise en question. Si la nation n’agit pas rapidement pour changer ces circonstances, les conséquences seront graves et durables.» En d’autres termes, les Etats-Unis savent qu’ils n’ont pas la capacité militaire nécessaire pour faire face à l’alliance russo-chinoise. C’est pourquoi l’épine dorsale de la stratégie de Washington est de rassembler le maximum d’alliances et d’alliés. La «National Defense Strategy» l’exprime ainsi: «Les alliances et les partenariats mutuellement bénéfiques sont essentiels à notre stratégie, car ils offrent un avantage stratégique asymétrique durable avec lequel aucun concurrent ou opposant ne peut rivaliser.» «Au-delà de nos alliances principales, nous allons également accélérer la mise en place de coopérations dans le monde entier, car notre force est décuplée lorsque nous mettons en commun nos efforts pour partager les coûts et élargir le cercle de la coopération. Ce faisant, nous reconnaissons que nos intérêts nationaux vitaux exigent des liens plus étroits avec l’Indopacifique, l’Europe et l’hémisphère occidental.» En résumé: sachant qu’ils n’y arriveront pas seuls, les Etats-Unis s’empressent de recruter des pays disposés à consacrer une part considérable de leur budget à compenser l’infériorité des Etats-Unis et, le moment venu, à servir de chair à canon dans la guerre à venir contre la Russie et la Chine. Cela expliquerait le refus de négocier avec la Russie sur les questions de sécurité, car il ne s’agissait pas de l’indépendance et de la souveraineté de l’Ukraine, mais d’utiliser l’Ukraine comme piège pour que le poulailler européen assume aveuglément et massivement son rôle de flanc atlantique des Etats-Unis. L’objectif, nous l’admettons, a été atteint, et maintenant le poulailler européen va faire ce que les Etats-Unis veulent: s’armer contre la Russie et se préparer à la guerre à venir. Sauf que cette guerre ne sera pas conventionnelle. Elle sera nucléaire. Ceux qui pensent le contraire n’ont aucune idée des intérêts en jeu. L’UE ET L’OTAN SUR LE FRONT ATLANTIQUE
C’est dans ce cadre qu’il faut chercher les clés de compréhension des mouvements politiques et géopolitiques du monde actuel. Ceux qui ne l’imaginent pas ou ne le connaissent pas ne peuvent que proférer une série de bêtises cultivées dans l’ignorance, le fanatisme et la déraison, beaucoup de déraison. Ce cadre décrit montre clairement, par exemple, que les Etats-Unis laissent tout le poids – politique, militaire et économique – de la crise ukrainienne au front atlantique, pour la simple raison qu’ils ne veulent pas détourner les ressources de leur front du Pacifique, le plus dur, le plus difficile et le plus coûteux. L’UE et l’OTAN devront par conséquent s’engager dans une course aux armements avec la Russie, comme l’a déjà demandé Donald Trump en tant que président américain. L’Europe atlantique a accepté ce rôle sans se plaindre, sans en mesurer les coûts, sans informer ses citoyens ni calculer le prix qu’elle paierait dans son rôle de poulailler subalterne. A aucun moment, un gouvernement européen n’a envisagé une telle possibilité. C’est ici qu’il faut mettre fin au mythe d’une OTAN «en état de mort cérébrale». Au lieu de cela, l’OTAN a continué à se développer. L’Albanie et la Croatie l’ont rejointe en 2009, et le Monténégro en 2017. Seuls le mercenariat et la stupidité ont permis de maintenir cette fiction. Finalement, le conflit ukrainien a dégénéré précisément à cause du refus de l’OTAN d’accepter une Ukraine neutre. Ils veulent que ce pays fasse partie de l’OTAN, et ils s’en tiennent à cette obsession. De plus, la domination des Etats-Unis s’est déjà manifestée il y a de longues années, lorsque le poulailler a docilement accepté d’enterrer les projets d’armée européenne et de création d’une politique étrangère et de sécurité commune, indépendante des Etats-Unis. LA RUSSIE EST-ELLE SEULE DANS CETTE GUERRE?
L’autre mythe du poulailler est la prétendue solitude de la Russie. Il faut être aveugle, stupide ou corrompu pour soutenir un tel sophisme.

Tout d’abord, la Russie a le soutien de la Chine et de l’Inde. Ce ne sont pas que des mots, mais ces deux pays ont plus de poids que tout le poulailler réuni. En dehors de la bulle du poulailler, le monde est mieux informé que les poules, et les réseaux de relations mondiaux sont d’une telle complexité qu’ils sont difficiles à digérer pour des cerveaux atlantiques rouillés. La Chine a besoin de la Russie pour de nombreuses raisons, à commencer par les questions géostratégiques vitales, la nouvelle route de la soie et les questions énergétiques. L’Inde a besoin de la Russie pour ses querelles et ses jalousies avec la Chine, en plus du fait que 75% de ses armes proviennent de Russie. La liste pourrait s’allonger, mais ce n’est pas nécessaire. Si l’on prend la peine d’examiner les positions des gouvernements du monde entier, on remarquera que presque aucun ne veut s’en mêler. Ils savent ce que sont les Etats-Unis et ils savent ce qu’est l’OTAN. Ils savent qui sont les responsables de la crise ukrainienne. Le poulailler se jette dans la bataille contre la Russie comme une armée de trolls du «Seigneur des anneaux», avec une rage pathologique qui laisse libre cours à son éthos destructeur, et c’est bien ainsi. Il faut savoir qui sont les amis et qui sont les ennemis. A Moscou, il ne fera aucun doute, si tant est qu’il y en ait eu un jour, qu’une entente avec les atlantistes n’est pas possible. Le poulailler des trolls et des marionnettes, avec sa toxicité antirusse, a accéléré la fragmentation du monde en blocs et a également entraîné la mort politique de l’Europe. Ce ne sera plus l’Europe, même si elle en a l’air et continue à être marquée sur les cartes. L’Europe sera essentiellement le front atlantique de l’armée américaine, dans l’attente que les Etats-Unis ordonnent sa destruction. Les douleurs de l’accouchement d’un nouveau monde Nous vivons en direct et en pleine déformation la division du monde et la naissance d’un nouveau monde dans lequel le poulailler n’aura aucune importance, puisque les affaires se feront entre la Chine, la Russie et les Etats-Unis. Rien ne refermera le fossé creusé, même si les relations se normalisent, ce sera la normalité des enterrements. La péninsule européenne sera plus que jamais une péninsule, car son lien avec l’Asie est – était – la Russie. Sans la Russie, il ne lui restera plus que l’Atlantique. AUTRE AVANTAGE POUR LA RUSSIE ET LA CHINE: LE POULAILLER ATLANTIQUE A REVELE SA STRATEGIE.

Elle est tellement similaire à celle qui avait été appliquée en Allemagne en 1918 qu’il est temps de calculer ce que coûterait un bunker. La seule différence est que la Russie n’est pas l’Allemagne. C’est tout le contraire: la Russie a tout, de l’énergie illimitée aux ressources agricoles inépuisables. Et des armes nucléaires. Poutine a ordonné de les mettre en état d’alerte pour le rappeler aux occupants prétentieux du poulailler. Ceux qui, dans quelques années, comme les Ukrainiens aujourd’hui, serviront de chair à canon pour la plus grande gloire d’un empire qui, dans ces mêmes quelques années, cessera d’être un empire. Et quand ce sera fini, la Russie sera toujours là, et le temps viendra de rendre des comptes. Colère et compassion pour le peuple ukrainien, utilisé comme chair à canon au nom de calculs stratégiques aveugles et absurdes des Etats-Unis. Et les traîtres sont les gouvernements qui les ont mis dans la situation tragique d’aujourd’hui, alors que leur premier devoir aurait été d’assurer leur bien-être et leur tranquillité. Des milliers d’Ukrainiens se battent sans le savoir dans une guerre qui n’est pas la leur, provoquée par un pouvoir qui n’a pas hésité à les laisser seuls. Dans le poulailler, on devrait en prendre note, mais quelle illusion: les poules ne pensent pas. Notez donc cela une fois pour toutes. La Russie ne quittera pas l’Ukraine tant qu’elle ne se déclarera pas pays neutre. Le gouvernement ukrainien a accepté de négocier avec la Russie. Ce n’est pas une idée intelligente, mais inévitable. Que cela prenne plus ou moins de temps, s’il n’y a pas d’accord, les chars russes arriveront sur le Maïdan. LE PYROMANE DANS LE POULAILLER
Nous terminons cet article, qui s’est avéré plus long que prévu, par les commentaires suivants: «Les Etats-Unis parlent souvent d’humanité, de justice et de morale, mais en réalité, il s’agit d’intérêts. L’égoïsme stratégique et l’hypocrisie de Washington se sont toujours manifestés ouvertement dans la pratique de sa politique internationale. Selon les rapports, au moins 37 millions de personnes ont été déplacées en Afghanistan, en Irak, au Pakistan, au Yémen, en Somalie, aux Philippines, en Libye et en Syrie en conséquence directe des guerres menées par les Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001.» «Si un pays, aussi puissant soit-il, ne poursuit que ses propres intérêts, attise les flammes partout et exporte constamment le chaos vers d’autres pays, il est inévitable que sa crédibilité s’effondre et que son hégémonie touche à sa fin.» «Pour les pays et les régions qui ont encore des fantasmes ou qui agissent comme des larbins des Etats-Unis, la crise ukrainienne est un bon rappel: il ne faut pas faire confiance à un ‹partenaire› qui n’annonce de ‹bonnes nouvelles› que lorsque tu es en difficulté.» Ces propos sont tirés d’un éditorial du «Global Times» du Parti communiste chinois. Ne négligez pas cet aspect. Ne pas oublier non plus que la crise en Ukraine laisse un message: un accord pacifique avec les Etats-Unis et leur poulailler n’est pas envisageable. Par conséquent, la seule façon de contrer les prétentions hégémoniques des Etats-Unis est la guerre. La Chine a son équivalent ukrainien. Il s’appelle Taïwan, l’énorme porte-avions américain basé à terre à seulement 230 kilomètres de la Chine continentale. S’il est imprudent de toucher la patte de l’ours, il est suicidaire de le faire en même temps pour le dragon et l’ours. Mais cela va encore plus loin. La malveillance atlantiste a encouragé l’ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe à réclamer une coopération nucléaire du Japon avec les Etats-Unis, en faisant référence à la crise ukrainienne. Le «Global Times» a immédiatement réagi dans un éditorial: «Les Etats-Unis sont conscients du mouvement de droite au Japon, mais considèrent ce pays comme le principal levier pour contenir la Chine en Asie de l’Est. Utiliser le Japon à cette fin devient donc de plus en plus une priorité pour Washington. Cela permet aux politiciens de droite japonais de voir une opportunité et d’en profiter pleinement pour se défaire des liens stratégiques qui les ont liés depuis près de 80 ans. La capacité nucléaire est probablement leur objectif final à cet égard.» Game over! L’ABSENCE DE TETE DES POULETS ROTIS
Percevez-vous ce clin d’œil ou restez-vous bêtement immergés dans le nuage toxique de l’«information»? Les Etats-Unis veulent que le Japon soit à la Chine ce que l’Allemagne sera désormais à la Russie, et nous savons comment ces pays ont fini la Seconde Guerre mondiale. En bref, nous parlons de géopolitique pure et dure et d’un jeu plus grand que ce que les gens imaginent. Les poules n’y jouent pas. Elles se sacrifient pour faire de la soupe ou cette recette de gringo infesté de cholestérol qu’est le «Fried Chicken» [poulet frit]. Bienvenue à l’aube de la première grande guerre du XXIe siècle. Laissez-vous tenter par le poulet. Augusto Zamora Rodrígue * Augusto Zamora Rodríguez a été professeur de droit international et de relations internationales à l’Universidad Autónoma de Madrid, ainsi que chargé de cours à l’Université nationale autonome du Nicaragua et professeur invité dans plusieurs universités d’Europe et d’Amérique latine. Zamora a été ambassadeur du Nicaragua en Espagne. De 1979 à 1990, il a été directeur juridique du ministère des Affaires étrangères et chef de cabinet du ministre des Affaires étrangères. Il a fait partie de l’équipe nicaraguayenne de négociation dans les processus de paix de Contadora et d’Esquipulas, du début jusqu’à la défaite électorale du sandinisme; il a représenté le Nicaragua dans le procès intenté contre les Etats-Unis devant la Cour internationale de justice au sujet de la guerre des Contras et a participé à de nombreuses missions diplomatiques.

Augusto Zamora Rodríguez est l’auteur de «Política y geopolítica para rebeldes, irreverentes y escépticos» (3e édition, 2018); «Réquiem polifónico por Occidente» (2018) et «Malditos libertadores» (2e édition, 2020).

Luc MICHEL (Люк МИШЕЛЬ)

* Avec le Géopoliticien de l’Axe Eurasie-Afrique :
Géopolitique – Géoéconomie – Géoidéologie – Géohistoire – Géopolitismes – Néoeurasisme – Néopanafricanisme
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# EODE-BOOKS / SINOPHOBIE : LA CHINE SANS ŒILLÈRES

 

EODE-BOOKS - SINOphobie (2022 05 10) FR

 

Revue de Presse
(Livres – Débats – Idées)/ 2022 05 10/

EODE-BOOKS – lire – s’informer – se former
Un service du Département EDUCATION & RESEARCH
de l’Ong EODE

* La Chine sans œillères,
aux éditions Delga
préface du contre-amiral Claude Gaucherand

« Les Divagations des antichinois en France »

« Le péril jaune » ! Cette expression, née à la fin du XIXe siècle, a fait florès dans les milieux politiques, médiatiques, littéraires de l’époque. Elle exprimait en trois mots la terreur de l’Occident à l’annonce de prochaines invasions par des hordes asiatiques, féroces et insondables.

En ce début de xxie siècle, la Chine, pacifique concurrent économique, ne menace pas la France militairement. Elle recherche au contraire son amitié. Si quelques navires de guerre français patrouillent en mer de Chine, nul soldat chinois n‘approche nos côtes.

Pourtant, un volumineux rapport (654 pages), diffusé en octobre 2021 par l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM, qui compte cinquante « chercheurs » et un relais de l’OTAN, officier supérieur de l’armée des États-Unis) alerte sur les « machiavéliennes » opérations de la Chine et sur ses complices Français, nommément dénoncés selon la méthode de McCarthy.

Le rapport, où grouillent les erreurs, les contradictions et les fake news, est un acte d’allégeance de notre défense nationale à la politique étrangère des États-Unis et à son armée.

IL PRÉPARE UNE GUERRE.

Ce livre ne donne pas en exemple le système politique et économique chinois (ce n’est pas le sujet). Il n’est pas prochinois, il est pro-vérité. Il est un contre-rapport compact qui plaide pour l’amitié entre les peuples, pour l’indépendance de la France et pour la paix.

LES AUTEURS

* Maxime Vivas est l’auteur de plusieurs livres sur la Chine (Ouïghours, pour en finir avec les « fake news », Dalaï Lama pas si zen).

* Jean-Pierre Page est ancien responsable du Département international de la CGT.

* Aymeric Monville a écrit divers essais de philosophie politique.

Tous trois sont, avec d’autres complices, coresponsables – mais pas coupables! – du livre La Chine sans œillères, publié en 2021 aux éditions Delga et qui n’a pas manqué de retenir l’attention de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire.

* Cet ouvrage s’honore d’une préface du contre-amiral Claude Gaucherand, officier de la légion d’honneur.

Editions Delga, 146 pages, 15.00€

LA PRESENTATION DE L’EDITEUR

Journaliste, écrivain, professeur d’université, médecin, essayiste, économiste, énarque, chercheur en philosophie, membre du CNRS, ancien ambassadeur, collaborateur de l’ONU, ex-responsable du département international de la CGT, ancien référent littéraire d’ATTAC, directeur adjoint d’un Institut de recherche sur le développement mondial, attaché à un ministère des Affaires étrangères, animateur d’une émission de radio, animateur d’une chaîne de télévision, ils sont dix-sept intellectuels, qui nous parlent ici de la Chine depuis l’Europe, l’Amérique du Sud, l’Afrique, l’Asie.

Ce livre vise un public que nos médias maintiennent dans une grave ignorance de la Chine.

Ce que beaucoup de Français croient, c’est que le « régime » communiste chinois, dont LA langue est le mandarin, fait travailler les enfants, opprime les minorités, éradique les cultures, persécute les croyants.

Sur fond d’un racisme implicite s’est construite une image négative de ce pays et d’un peuple qui font peur (« le péril jaune »), alors même que la politique étrangère de la Chine, telle que la définit le président Xi Jinping, n’est pas basée sur une volonté de domination du monde (contrairement à celle affichée par les États-Unis d’Amérique), mais sur la notion de « communauté de destins ».

Il ne s’agit pas ici de faire un éloge béat de la Chine, de suggérer que la France ferait bien de s’inspirer de son système politique, économique, médiatique, policier, militaire, judiciaire, syndical. Nous avons notre propre système, perfectible. La Chine a le sien, sur lequel nous avons peu de prises, dirigé par un parti communiste désormais centenaire (né le 23 juillet 1921) et fort de 90 millions d’adhérents.
Il ne s’agit donc pas de se positionner en « pro-chinois », mais en « pro-vérité » en invalidant des mensonges, en apportant des informations sur ce qui se passe en Chine et qui explique son dynamisme. Avec : Tony Andréani, Badia Benjelloun, Ahmed Bensaada, Jean-Claude Delaunay, Yifan Ding, Albert Ettinger, Bruno Guigue, Rémi Herrera et Long Zhiming, Jiaqi Hou, Tamara Kunanayakam, Romain Migus, Jean-Pierre Page, Eduardo Regalado, Maxime Vivas, Ruolin Zheng.

REVUE DE PRESSE :
LA CRITIQUE DE LA TRIBUNE DIPLOMATIQUE INTERNATIONALE

Maxime Vivas et Jean-Pierre Page ont réussi ce tour de force de réunir dix-sept intellectuel(le)s majoritairement chinois et français, mais aussi du Luxembourg, d’Australie, du Sri-Lanka, du Canada et de Cuba, pour nous offrir, à l’occasion du centenaire du Parti communiste chinois, une vision de la Chine réelle, loin des préjugés antichinois sans pour autant verser dans une admiration béate. Le titre est clair : « La Chine sans œillères ». Le sous-titre également : « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir… » Il suffit de lire le sommaire pour comprendre que nous sommes en présence d’une petite encyclopédie à entrées multiples.

La Préface sous la plume de Mobo Gao, professeur de civilisation chinoise en Australie donne le ton de l’ouvrage : ce n’est pas un panégyrique de la Chine dont à plusieurs reprises l’auteur reconnaît que tout n’y est pas parfait ; on est en droit de critiquer la Chine, à condition toutefois que l’on fasse preuve d’un minimum d’honnêteté intellectuelle et qu’on n’oublie pas la parabole de la paille et de la poutre.

IL Y A D’ABORD LES SUJETS D’ACTUALITE ASSEZ GENERALEMENT PRESENTES EN OCCIDENT COMME AUTANT D’ACTES D’ACCUSATION A L’ENCONTRE DE LA CHINE.

Pour parler en connaissance de cause du coronavirus, les directeurs de l’ouvrage ont eu la bonne idée de demander l’avis de Badia Benjelloun, une allergologue réputée. Elle démontre clairement que les accusations de retard à informer l’OMS, de virus échappé d’un laboratoire, voire de virus fabriqué, ne tiennent pas la route et qu’il y aurait même lieu d’enquêter en dehors de la Chine sur l’origine de la pandémie.

Il faut lire l’article de l’Algéro-Canadien Ahmed Bensaada sur Hong Kong. Pour ceux qui l’ignoraient encore, la « révolution des parapluies » est une variante des « révolutions oranges » : l’implication des États-Unis dans le financement et le déclenchement des troubles « démocratiques » y est minutieusement établie et mise en lumière : nombre de meneurs de la révolution des parapluies avaient leurs entrées au Congrès de Washington et même à la Maison Blanche.

Plutôt que de réprimer brutalement les émeutes, la Chine a réagi calmement et a promulgué en juin 2020 la « loi sur la sécurité nationale de Hong Kong », interdisant l’ingérence étrangère sur son sol, comme l’avaient fait … les États-Unis en 1938 en adoptant le « Foreign Agents Registration Act ».

Sur ce même sujet, il faut aussi lire l’article particulièrement dérangeant de Jean-Pierre Page. On y apprend que, pour les Démocrates revenus au pouvoir aux États-Unis, il ne s’agit même plus de contenir l’influence de la Chine, mais d’en finir avec le Parti communiste chinois. Pour eux, Trump a fait preuve de mollesse ; Biden et Blinken pensent que ce sont les Chinois qui bloquent l’économie états-unienne. Pour Susan Rice, la nouvelle conseillère de la Présidence, la politique intérieure se confond désormais avec la politique étrangère ! Avec de telles visions, Washington se croit autorisé à créer des troubles à Hong Kong (et ailleurs). En bon syndicaliste, Page n’oublie toutefois pas que Hong Kong est une des villes les plus inégalitaires du monde et il fait remarquer que ceux qui se présentent comme des « pro-démocratie » sont aussi ceux qui ont le plus à craindre de réformes « communistes » destinées à réduire les tensions sociales.

Sur les Ouïghours, Maxime Vivas, avec la plume qu’on lui connaît, réussit à condenser sur 11 pages son maître-livre Ouïghours, pour en finir avec les fake news, en précisant que certains journalistes, incapables d’y trouver une information fausse, se sont essayés à de minables arguments ad hominem. Il égratigne en passant Antoine Bondaz, un « chercheur » très médiatisé, qui s’était même permis de nier l’existence d’une journaliste dont le reportage sur le Xinjiang ne collait pas avec ses a priori.

À propos des Tibétains, le chercheur luxembourgeois Albert Ettinger démonte, témoignages à l’appui, les mensonges d’un ancien Tibet, qui aurait vécu « dans la paix et l’harmonie » alors qu’en fait y régnaient la misère, le servage, l’analphabétisme, les meurtres politiques, le brigandage et la corruption. Mensonges aussi sur le Tibet moderne, fabriqués à Washington ou Dharamsala (comme le canular d’ « un million deux cent mille morts ») et parfois repris dans des publications prestigieuses du style Encyclopédie Larousse pour qui les Tibétains seraient devenus minoritaires dans leur propre pays (alors qu’ils constituent 92,8 % de la population de la Région autonome du Tibet).

Plus encore que par le passé, la Chine, (re)devenue une puissance mondiale, suscite la méfiance et on l’accuse de visées impérialistes, à commencer en Mer de Chine où elle menacerait la liberté de navigation. En réalité, comme les autres États côtiers, elle se borne, écrit l’économiste et ancienne diplomate Tamara Kunayakam, à exiger, comme les autres États riverains, une autorisation préalable au passage de navires de guerre dans ses eaux territoriales. Mais c’en est trop pour les États-Unis, qui ne reculent devant aucun moyen, y compris la provocation et l’intimidation. Pour Biden et son Administration, il s’agit d’isoler la Chine, même au risque d’une « nouvelle guerre froide », voire d’un véritable affrontement armé.

Il va sans dire pourtant que les accords gagnant-gagnant entre la Chine et l’Amérique latine, le jardin traditionnel de l’Oncle Sam, sont en plein essor et ouvrent de larges perspectives. Comme le note Romain Migus, fondateur du site « Les 2 rives », la Chine possède un avantage important sur les États-Unis : ces derniers ont l’habitude de s’ingérer dans la vie politique des pays latino en conditionnant leur prêts à des mesures d’austérité, destructrices des États et aux conséquences dramatiques pour les peuples.

La Chine, elle, s’accommode avec des gouvernements de passage, même des adversaires idéologiques, comme le Brésil de Bolsonaro.

Le cas de Cuba est particulier. Pendant la « période spéciale » qui a résulté de la disparition de l’URSS, l’île a pu compter sur le soutien sans réserve de la Chine. Une solidarité manifestée par les visites des Présidents Jiang Zemin, Hu Jintao et Xi Jinping. Pour sa part, Fidel Castro s’était rendu en Chine en 1995 et 2003. Et Cuba, en 1960 avait été le premier pays d’Amérique latine et de l’hémisphère occidental à établir des relations diplomatiques avec la RPC. Les liens historiques qui unissent ces deux pays sont à découvrir dans l’intéressante contribution du chercheur Eduardo Regalado Florido.

LE LIVRE FAIT LA PART BELLE A LA POLITIQUE ETRANGERE DE LA CHINE :

plusieurs chercheurs s’emploient à démontrer que la peur du « péril jaune » n’a aucun sens.

Le professeur émérite Tony Andréani fait remarquer que la perspective d’une hégémonie chinoise sur le monde relève du fantasme. C’est exactement le contraire : en signant des accords commerciaux avec 124 pays – dont onze membres de l’Union européenne – la Chine va les aider à se développer à leur rythme et ainsi contribuer à la démondialisation de l’économie.

La Chine est un partisan et un acteur du multilatéralisme dans la gouvernance mondiale, comme le montre Ding Yifan, directeur adjoint du centre de recherche du développement de la Chine. Il rappelle opportunément le rôle capital joué par la Chine, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment par son aide financière substantielle aux agences onusiennes actives dans la réduction de la pauvreté et le développement de l’éducation fondamentale.

De plus, comme le fait remarquer avec à-propos Bruno Guigue, observateur pointu de la vie internationale, dans sa contribution au titre éponyme du livre, les Chinois savent que leur système est unique : ils ne cherchent à convertir personne. Pour eux, les droits de l’homme, c’est de développer leur pays tout en laissant les autres choisir leur destin. Les Chinois n’ont-ils pas quelques raisons de trouver absurde l’indignation des médias occidentaux concernant le manque de liberté d’expression en Chine alors que dix milliardaires leur dictent une ligne éditoriale monolithique ? La dictature du parti les offusque, mais celle du capital leur convient…

EN QUOI CONSISTE PRECISEMENT LE CARACTERE UNIQUE DU SYSTEME CHINOIS ?

Pour foudroyants qu’ils soient, les succès économiques de la Chine ne sont pas … tombés du ciel et avaient commencé avant Deng Xiaoping, comme le mettent en lumière deux économistes, le Français Rémy Herrera et le Chinois Zhiming Long, dans une analyse qui en étonnera plus d’un. S’il est vrai que la croissance économique de la Chine s’est accélérée à partir des années 1980, on ignore généralement que, de 1963 à 1978, le taux de croissance annuel moyen du PIB chinois était de 8,2 %, ce qui reflète une croissance très rapide, alors que cette période comprend pourtant la Révolution culturelle.

L’histoire révolutionnaire de la Chine a commencé avec l’insurrection des Taïpings sous la dynastie Qing, avec ses ruptures et ses continuités, jusqu’à l’établissement d’un compromis entre les objectifs communistes à long terme et les nécessités d’un développement économique laissant une place au marché d’un type nouveau, une « économie de marché socialiste ». Un système pluraliste construit à partir de l’héritage de l’antique patrimoine chinois et de l’apport critique de la Révolution soviétique.

Le professeur honoraire vivant en Chine, Jean-Claude Delaunay montre bien que, si en Chine le marché est important pour le développement du pays, le marché n’y est qu’un moyen pour produire des services collectifs puissants, ce qui le distingue radicalement d’une économie de marché capitaliste. Ce faisant, le socialisme chinois n’est pas seulement une façon de développer la Chine ; c’est aussi une façon de comprendre le monde et d’agir sur lui pour le transformer.

Si, comme toute institution humaine, l’État chinois n’est pas sans tache, que dire alors des sept péchés capitaux américains contre la Chine que le journaliste chinois Jiaqi Hou a beau jeu de dénoncer : calomnies, ingérences, unilatéralisme, provocations, inefficacité, double standard, violation du droit international ? Juste une phrase pour donner envie d’en lire plus : « Lorsque l’épidémie de coronavirus a commencé en Chine, le pays s’est installé dans sa chaise de spectateur, mangeant du pop-corn, pour mieux assister à la débâche de l’économie chinoise. »

Moins polémique, mais peut-être plus parlant encore, le Chinois Ruolin Zheng qui a vécu une vingtaine d’années en France, se demande comment il se fait que les lecteurs occidentaux, dont la plupart n’ont jamais mis les pieds en Chine, s’imaginent mieux connaître la Chine que lui et que les Chinois eux-mêmes.

LA FAUTE EN INCOMBE AUX MEDIAS FRANÇAIS ET SURTOUT A CERTAINS « SINOLOGUES »

comme Valérie Niquet, Marie Holzman et beaucoup d’autres qui font flèche de tout bois pour créer volontairement une image imaginaire de la Chine dans la tête des français, en racontant n’importe quoi. Exemples de ces fantasmes : le nombre de victimes chinoises du Covid-19 serait bien plus important que le chiffre officiel, les Chinois ne bénéficieraient d’aucun régime de retraite, la lutte contre la corruption ne serait qu’un camouflage de disputes internes au sein du PCC, la pollution à Pékin serait telle qu’il y règne une « airpocalypse », l’économie chinoise serait minée par la bureaucratie et l’immobilisme, etc.

Ruolin Zheng le constate : comprendre la Chine, c’est vrai, n’est pas chose facile. Bien que respectant les cultes divers (avec 14 millions de chrétiens et 18 millions de musulmans), la civilisation chinoise millénaire est clairement athée et tranche avec les trois monothéismes (juif, chrétien et musulman) dominant plus de la moitié de l’humanité. Le peuple chinois a une façon de penser, de vivre, de s’organiser différente. Raison de plus pour essayer de le connaître au lieu de le condamner sur base de préjugés.

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# EODE-BOOKS / REVUE DE PRESSE/ LE LIVRE QUI EXPLIQUE LES PLANS DE POUTINE : ‘DANS LA TETE DE VLADIMIR POUTINE’

 

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Revue de Presse
(Livres – Débats – Idées)/ 2022 05 11/

EODE-BOOKS – lire – s’informer – se former
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* Dans la tête de Vladimir Poutine,
éd. Actes Sud

* Lénine a marché sur la Lune.
La folle histoire des cosmistes et transhumanistes russes,
éd. Solin/Actes Sud

En 2015, le philosophe Michel Eltchaninoff a écrit “Dans la tête de Vladimir Poutine” en s’appuyant sur les lectures du président russe. Un ouvrage éclairant sur les inspirateurs de l’idéologie radicale du chef du Kremlin. Et de la guerre qu’il mène en Ukraine.

Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, Michel Eltchaninoff court d’un plateau de télévision à un studio de radio, multiplie les entretiens. Rien d’étonnant : tout le monde sollicite l’auteur du prophétique. Et Russophobie régnante, personne ne l’écoute ! Dans la tête de Vladimir Poutine, initialement publié en 2015 et qui paraît aujourd’hui dans une version augmentée. Ce philosophe, spécialiste de Dostoïevski, auquel il a consacré une thèse, rédacteur en chef de Philosophie Magazine, a vécu en Russie au début des années 1990. Il y a vu émerger un discours visant à redonner fierté aux Russes.

REVUE DE PRESSE/
“AVEC SA ‘VOIE RUSSE’, POUTINE PREPARE UN MONDE POST-OCCIDENTAL”
(TELERAMA, 23 03 2022)

* Vous écrivez que Vladimir Poutine considère avoir une mission civilisationnelle. Quel en est le substrat idéologique ?

Pour Poutine, l’Union soviétique a failli car elle était trop soumise à une idéologie marxiste-léniniste à laquelle plus personne ne croyait. Il tente sa chance avec une idéologie plus vaste et plus simple, en essayant d’imposer l’idée d’une continuité entre la Russie blanche et la Russie rouge. Et le seul lien existant entre les deux est celui de l’empire, de l’accroissement du territoire. Le mythe de l’empire russe, dont les frontières respirent et sont destinées à s’étendre.

Pour cela, il s’appuie notamment sur le courant des philosophes russes slavophiles du XIXe siècle…

Ils ont posé l’idée d’une civilisation russe à part, spécifique, différente de l’Occident. Vladimir Poutine cite ainsi Nikolaï Danilevski (1822-1885), devenu l’un des principaux inspirateurs de sa politique. Dans La Russie et l’Europe, Danilevsky décrit une concurrence civilisationnelle et même un conflit inévitable avec l’Occident. Poutine ajoute à ce substrat une strate de soviétisme, l’idée d’un grand État auquel on doit vouer le sacrifice de sa vie. Mais aussi l’eurasisme (né dans les années 1920, et postulant que le destin de la Russie est de se développer vers l’est). Et le conservatisme, en se posant lui-même, depuis 2013, en gardien de l’identité chrétienne de l’Europe pour attirer ceux qui regrettent les dérives libérales et sociétales de l’Occident. L’ensemble forme une sorte de nouvelle « voie russe ».

JEROME SESSINI, PHOTOGRAPHE DE GUERRE EN UKRAINE : “C’EST LA PREMIERE FOIS QUE J’AI EN FACE UNE ARMEE AUSSI PUISSANTE QUE L’ARMEE RUSSE”

Vladimir Poutine cite aussi Ivan Ilyine, un théoricien politique du début du XXe siècle (1883-1954), dont il tire des éléments programmatiques. Qui était-il ?
Ivan Ilyine était un émigré russe blanc, très conservateur, exilé par Lénine en 1922. Son recueil d’articles Nos missions est devenu un des livres de chevet de Vladimir Poutine. Ilyine imagine, des décennies avant la chute de l’Union soviétique, ce que pourrait devenir la Russie après la chute du communisme. Pour lui, le danger, c’est d’être divisé, affaibli, démembré par l’Occident en Ukraine et dans le Caucase, notamment. Pour éviter le chaos, IIvan Ilyine appelle à la construction d’une nouvelle « idée russe » et à l’avènement d’un leader n’obéissant pas aux mêmes règles que celles des démocraties occidentales. Le chef qu’il appelle de ses vœux ne serait pas soumis à l’alternance, au respect du droit, à l’organisation d’une discussion démocratique. Il décrit le guide d’une démocratie d’acclamation, dans la longue durée et soulevant l’enthousiasme de son peuple.

« Poutine est dans une posture viriliste de quelqu’un qui fait ce qu’il dit et dit ce qu’il fait. Son discours (…) sur l’Ukraine étant posé depuis des années, qu’il entame une action militaire était une hypothèse hautement probable. »

Cet ouvrage a sans doute provoqué un effet de sidération sur Poutine. Il s’est certainement reconnu dans cette figure du chef impitoyable quand il faut l’être, aimé par le peuple et sachant s’opposer fermement à l’Occident. Vladimir Poutine s’est d’ailleurs arrangé pour disposer de la longue durée [il a récemment fait modifier la Constitution russe afin de pouvoir rester au pouvoir jusqu’en 2036, ndlr].

Un des autres penseurs favoris de Poutine est Lev Goumilev…

Régulièrement cité, Lev Goumilev (1912-1992) apporte deux choses à Poutine : l’eurasisme, dont j’ai déjà parlé, et le concept de « passionnarité », une idée pseudo-scientifique selon laquelle le peuple russe serait dépositaire d’une force vitale qui ne doit pas et ne peut pas être empêchée. L’Occident, en décadence, vieillissant, chercherait à entraver le déploiement de la Russie. Poutine adhère pleinement à cette idée, à laquelle il fait régulièrement référence. Il convient de souligner que ce n’est pas une théorie raciste. Il est très attentif à ne pas se fourvoyer dans un nationalisme ethnique russe, car il est à la tête d’un État plurinational et plurireligieux.

Les événements historiques s’entremêlent à cette construction idéologique opposée à l’Occident…
Certains événements sont interprétés comme une attaque directe contre la Russie, alors qu’ils ne le sont pas nécessairement. Par exemple, en 1999, juste avant que Poutine n’accède à la présidence, les bombardements de l’Otan sur Belgrade [pour faire pression sur la Yougoslavie, slave et orthodoxe, après l’invasion du Kosovo, ndlr] représentent pour Vladimir Poutine un traumatisme profond. Le 24 février, en déclarant la guerre à l’Ukraine, le président russe a d’ailleurs rappelé que l’Otan avait bombardé Belgrade sans mandat de l’ONU. Signalant que son indignation demeurait intacte.

“IL ETAIT IMPENSABLE QUE VLADIMIR POUTINE PLONGE LE MONDE DANS UNE CRISE DONT SON PEUPLE SOUFFRIRAIT. ON S’EST TROMPE.”

* En lisant votre ouvrage, écrit en 2014, on remarque une grande cohérence dans le discours de Poutine. Vous terminiez, d’ailleurs, par une inquiétude quant au sort de l’Ukraine. Tout semblait tracé et pourtant, on ne l’a pas anticipé…

Poutine est dans une posture viriliste de quelqu’un qui fait ce qu’il dit et dit ce qu’il fait. Son discours sur l’Occident et sur l’Ukraine étant posé depuis des années, qu’il entame une action militaire était une hypothèse hautement probable. En revanche, il était difficile d’en deviner l’ampleur. D’autant qu’en France, chez beaucoup de citoyens et de responsables politiques, il existe une fascination pour Poutine. On l’aime comme un personnage de film, qui bouscule les gens propres sur eux, nourris au politiquement correct, un bad boy. Mais c’est de la fiction. Quand on vit en Russie, la brutalité du pouvoir est une évidence.

En outre, le président russe sait offrir du rêve, du fantasme, des outils de conquête, au citoyen lambda comme au responsable politique. De l’extrême droite à l’extrême gauche de notre échiquier politique, on a répété qu’il ne fallait pas l’humilier. En fonction des formations politiques, cela tient à la fascination du chef, à l’anti-américanisme, au conservatisme anti-woke, à une forme de nostalgie du gaullisme pour une partie de la droite républicaine.

Enfin, peut-être le manque de clairvoyance s’explique-t-il également par une raison philosophique : les chefs d’État et d’entreprise sont utilitaristes. Ils pensent aux conséquences de leurs actions sur le bien-être général et la prospérité économique. Dans ce schéma, il était impensable que Vladimir Poutine plonge le monde dans une crise dont son peuple souffrirait. On s’est trompé.

* ‘La Russie, disait Jean-Luc Godard, est le dernier pays de la fiction’, le pays où on se met à croire aux histoires que l’on raconte. Et il y a là quelque chose de vrai.”
Poutine a-t-il une ambition messianique ?

C’est possible. Un pan de la culture russe estime qu’en Russie naissent des idées destinées à révolutionner le monde. Avec sa « voie russe », Vladimir Poutine prépare un monde post-occidental, et s’appuie sur le fantasme d’une supériorité sacrificielle de l’homme russe. Il actualise une vieille tradition de messianisme, selon laquelle la Russie doit proposer au monde une idée unificatrice et absolue. Je viens, par exemple, d’étudier dans Lénine a marché sur la Lune (éd. Solin/Actes Sud) un courant très peu connu en Occident, mais qui court du XIXe siècle à nos jours : le « cosmisme russe », qui consiste à vouloir rendre l’homme immortel et à l’envoyer vivre dans l’espace. On est dans le mythe le plus total (…)

* Que pensez-vous de l’image d’un Vladimir Poutine isolé, voire fou ?

On ne gouverne jamais seul. Et la Russie dispose d’un État qui fonctionne. Mais, depuis quelques mois, et encore plus depuis la déclaration de reconnaissance des républiques séparatistes du Donbass, on constate chez Vladimir Poutine une répétition obsessionnelle des mêmes thèmes, une forme d’enfermement idéologique. Quand il décrit la guerre en Ukraine comme une nouvelle Seconde Guerre mondiale, on sent une substitution du mythe au réel. Est-il seul ou pas ? Est-ce une psychose collective ou individuelle ? Impossible de le savoir. Quand il dit : « Nous nous battons contre des néonazis ukrainiens qui se défendent avec des boucliers humains », on sent que l’on est entré dans une fiction qui n’admet plus l’intrusion de la réalité. Y croit-il ou non ? Quoi qu’il en soit, c’est très inquiétant.


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EODE-BOOKS - ds la tête de poutine (2022 05 11) FR (2)

 

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# RADIO.LUCMICHEL/ PCN-НОП/ GEOPOLITIQUE ANTI-NATO/ LUC MICHEL : CE 9 MAI POUTINE RAPPELLE LE MASSACRE DES PRO-RUSSES PAR LES NÉO-NAZIS UKRAINIENS A ODESSA EN 2014

 

RADIOLM - post 184 odessa - 2022 (1)

 

Les presstitutes parisiens n‘ont pas compris le discours de Poutine ce 9 mai. Hier, avec le mélange d’indécence et de cynisme qui le caractérise, le clown sanglant Zelensky a osé parler de la mémoire des massacres de Tulle et d’Oradour dans la France de l’été 1944. Massacrés par la division de la Waffen SS Das Reich. Dont l’emblême, la « rune du loup » est aujourd’hui arboré par le régiment néo-nazi Azov, le coeur de l’armée de Kiev ! Ce régiment Azov qualifié de résistant » (sic) et glorifié en boucle ces dernières 48h sur les antennes de BFMTV !!!

Ecoutez sur :
https://www.podcastics.com/podcast/episode/radiolucmichel-pcn-nop-geopolitique-anti-nato-luc-michel-ce-9-mai-poutine-rappelle-le-massacre-des-pro-russes-par-les-neo-nazis-ukrainiens-a-odessa-en-2014-130674/

Voici le massacre des pro-russes à Odessa en 2014 par la Junte de Kiev soutenue par les USA, Paris, BHL et les presstitutes des médias de l'Otan, BFMTv et cie, les Ulysse Gossey, colonel Goya, Benoist Vitkine, Elisabeth Blanc, Cécile Vaissié et autre Marie Mendras ! Poutine a dit la vérité !

Luc Michel sur RADIO MOSCOU/LA VOIX DE LA RUSSIE (devenue aujourd’hui Radio Sputnik), le 9 mai 2014 pour l’anniversaire de la victoire sur le IIIe Reich, dénonce « LE MASSACRE D'ODESSA ET AU-DELÀ ».

69e ANNIVERSAIRE DE LA VICTOIRE DE 1945 :
LUC MICHEL PARLE DES 8 & 9 MAI ANTIFASCISTES/ L'interview de Luc MICHEL par Igor YAZON sur les ondes de la Radio russe :
« Que pensez-vous de la montée des tendances
d'extrême-droite en Ukraine d'aujourd'hui ? »

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RADIOLM - post 184 odessa - 2022 (2)

 

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