# EODE PRESS OFFICE / SOMMET DU G20 : INTERVIEW DU PRESIDENT POUTINE A L’AGENCE D’INFORMATION RUSSE TASS

EODE PO - Interview Poutine TASS G20 (2014 11 14) FR

Economie mondiale et russe, BRICS, intégration eurasiatique,
rapports avec l’UE, unilatéralisme US, face à la globalisation …
EODE Press Office avec TASS / 2014 11 14 /

Le sommet du G20 entame ses travaux samedi à Brisbane. A la veille de son départ pour l'Australie, Vladimir Poutine a accordé une interview à l'agence TASS, dont nous publions le texte intégral.

# TASS : Vous allez à un nouveau sommet du G20. Combien demandé et actuel est le format du G20 ? Est-il logique que les pays du G20, tout en cherchant à coopérer et à développer l'économie mondiale, imposent des sanctions à l'un de leurs membres ?

Vladimir Poutine : Le format, est-il demandé ou non ? Je pense qu'il est demandé. Pourquoi ? Parce que le G20 est un forum qui permet de se rencontrer, de discuter aussi bien des relations bilatérales que de problèmes globaux, un forum où l'on peut mettre au point une prise de position commune sur un problème et la façon de le résoudre, indiquer la voie du travail commun. C'est là l'essentiel, parce qu'il est absolument irréel de croire que tout dont on y parle sera exécuté, car les décisions mêmes ne sont pas contraignantes. En plus elles ne sont pas exécutées en partie. Elles ne sont pas exécutées là où cela est manifestement contraire aux intérêts de certains pays, notamment aux intérêts des acteurs mondiaux. Ainsi un sommet du G20 a adopté la décision sur le renforcement du rôle des économies en développement dans l'activité du FMI et sur la redistribution des quotas. Le Congrès des Etats-Unis a bloqué cette décision. Nos partenaires des négociations nous disent qu'ils voudraient bien que la décision adoptée soit appliquée, mais le Congrès l'interdit. En voilà la valeur des décisions du G20.

Néanmoins le fait que la décision ait été formulée et que tous les participants à la vie internationale dans le cadre du G20 l'aient trouvée correcte, juste et conforme aux réalités modèle d'une certaine façon l'opinion publique internationale et la mentalité des experts et oblige à en tenir compte. Le fait que le Congrès des Etats-Unis ait rejeté cette loi indique que ce sont les Etats-Unis qui ne s'inscrivent pas dans le contexte général de la solution des problèmes auxquels est confrontée la communauté mondiale. Hélas, personne ne s'en souvient. On fait taire cette information bénéficiant du monopole des médias mondiaux, comme s'il n'existait pas.
Tous parlent des problèmes d'actualité, les sanctions et la Russie comprises, mais sur le plan global les Etats-Unis n'exécutent pas les décisions. C'est un problème fondamental.
Mais cela ne veut pas dire que le format est inutile. J'ai déjà dit pourquoi. Il est d'une certaine utilité.

# TASS : Peut-être faut-il rendre ces décisions exécutoires ?

Vladimir Poutine : C'est impossible. Il n'y a pas de tels exemples dans la pratique internationale. Sauf les décisions du Conseil de sécurité dans le domaine de la sécurité internationale. Mais ce mécanisme a été élaboré dans les conditions difficiles d'une guerre meurtrière, de la Seconde guerre mondiale. Il est tout à fait irréel d'imaginer à l'heure actuelle la mise au point de nouveaux mécanismes garantissant l'exécution des décisions, d'autant plus dans le domaine économique. Mais je tiens à répéter que de toute façon cela revêt un caractère politico-économique moral, ce qui est déjà bon.

En ce qui concerne les sanctions imposées à la Russie par quelques-uns des pays du G20, c'est, certes, contraire au principe même de l'activité du G20. Plus encore, c'est contraire non seulement à l'activité du G20 et à ses principes, mais aussi au droit international, parce que les sanctions peuvent être introduites dans le cadre des Nations Unies et de leur Conseil de sécurité. C'est même contraire aux principes de l'OMC et de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, le GATT. A l'époque les Etats-Unis ont créé cette organisation et à présent ils violent grossièrement ces principes. Il va de soi que cela nous cause un certain préjudice, mais c'est aussi préjudiciable pour eux parce qu'au fond cela sape l'ensemble du système des relations économiques internationales. Je pars du fait qu'en fin de compte cela sera compris et cela restera dans le passé. Je l'espère bien.

# TASS : Avez-vous l'intention de soulever cette question pendant le sommet ? S'il en est question, qu'en direz-vous ?

Vladimir Poutine : S'il en est question, j'en parlerai certes. Mais moi-même je n'ai pas l'intention d'évoquer ces questions : je pense que c'est inutile. Tous comprennent ce qu'ils font, ceux qui introduisent ces sanctions le comprennent aussi. A quoi bon y prêter attention et demander quelque chose ? C'est inutile. Chez eux, les décisions de ce genre sont adoptés au niveau de bloc, au niveau national, en fonction de l'interprétation par nos partenaires de leurs intérêts géopolitiques. Je pense que c'est une erreur, même du point de vue de leurs intérêts géopolitiques.

A notre regret, le monde moderne vit dans le contexte d'une planification à très court terme, surtout dans le domaine de la politique et de la sécurité. La planification se fait pour une période entre deux élections. C'est très court et cela ne permet pas de voir une perspective lointaine. Cela ne va pas. J'espère que nous en parleront. Tout récemment, pendant le sommet de l'APCE nous avons débattu pratiquement avec tous les participants de tous les problèmes internationaux et bilatéraux, tout comme des sanctions que vous venez d'évoquer.

# TASS : A l'heure actuelle il y a un certain équilibre des forces au sein du G20 : d'une part le G7 et, de l'autre, les BRICS et certains autres Etats qui s'y sont joints. Vous venez de dire que chacun fait valoir ses propres intérêts. Dans cette optique quelle est votre idée de cet équilibre des forces : est-ce une discussion qui fait naître la vérité ou un face-à-face entre deux blocs ?

Vladimir Poutine : D'abord, je trouve que ce serait mal de recommencer à créer des blocs. Ce n'est pas constructif, c'est nuisible pour l'économie mondiale. Nous parlons à présent de l'économie, n'est-ce pas ?

# TASS : De l'économie dans laquelle la politique s'ingère toujours davantage …

Vladimir Poutine : C'est vrai. Quand même le G20 est en tout premier lieu un forum économique. Je propose de déplacer le centre de gravité de notre entretien dans ce domaine. Je voudrais attirer l'attention sur le problème suivant. J'ai déjà évoqué l'OMC qui avait formulé des règles du jeu. Un mécanisme comme le FMI a été créé. Des débats sont menés sur le perfectionnement des mécanismes financiers internationaux et sur le perfectionnement des rapports commerciaux. Vous savez que le cycle de Doha de négociations sous l’égide de l’OMC se trouve pratiquement dans une impasse. Pourquoi ? En raison de la différence d'approche et de la différence d’intérêts entre les économies émergentes et les économies développées. Nous voyons apparaître un déséquilibre dans le domaine des capitaux, d’une part, et un déséquilibre dans la circulation des marchandises, d’autre part. Les économies développées disposent de quantités assez importantes de capitaux libres et le problème est de placer ces capitaux de manière efficace, fiable et sûre dans les économies et régions du monde qui garantiront la stabilité, protègeront la propriété et génèreront des bénéfices en apportant des recettes aux économies développées. Ainsi, ils exportent des capitaux, alors que les pays émergents forment les flux commerciaux. Les uns veulent être sûrs que leurs capitaux seront placés avec fiabilité. Les autres, les receveurs de ces capitaux, veulent être sûrs que les règles du jeu ne changeront pas selon la volonté de ceux qui exportent leurs capitaux, notamment pour des raisons politiques.

Tout le monde doit comprendre que l’économie mondiale et le secteur des finances sont en dépendance exclusive l’un vis-à-vis de l’autre. Prenons notre cas. Admettons que nos partenaires ont limité l'accès des marchés financiers internationaux à nos institutions financières. En bénéficiant des capitaux provenant des marchés financiers internationaux, nos institutions financières financent nos sociétés qui achètent des produits finis dans les économies développées ce qui y garantit l'emploi, les prestations sociales et la croissance économique. Si nous ne le faisons pas, il y aura des perturbations. Ce sont des choses sous-jacentes, on ne les voit peut-être pas à la surface.

Notre travail conjoint garantit à l'Allemagne 300 000 emplois. Ce sera fini s'il n'y a pas de commandes. Ils se réorienteront évidemment sur quelque chose, mais il faut d'abord comprendre sur quoi, ce qui n'est pas si facile.

C'est pourquoi il faut affronter tous les problèmes et toutes les difficultés, qui sont d'ailleurs nombreuses, en commun. Si nous empruntons une autre voie… Prenons les Etats-Unis. A l'heure actuelle ils parlent de la création de deux alliances : trans-atlantique et trans-pacifique. Si ce sont deux groupes fermés, cela conduira en fin de compte à l'aggravation des déséquilibres dans l'économie mondiale, au lieu de leur élimination. Nous voulons certes que ces déséquilibres n'existent pas, que nous travaillons ensemble. Et c'est seulement en commun que ces TASSs peuvent être réglées.

Il y a 20, 30 ou 50 ans la situation était différente. Pourquoi dis-je avec tant d'assurance que les problèmes ne peuvent être résolus efficacement qu'en commun ? En termes de capacité d'achat, le PIB cumulé des pays du BRICS est déjà supérieur à celui du G7 : il est, si je me souviens bien, de 37 400 milliards de dollars chez les BRICS contre 34500 milliards du G7. Si quelqu'un dit : « Nous allons tout faire séparément à notre guise et vous, vous faites comme cela vous plaise », cela ne fera qu'à accentuer les déséquilibres. Si nous voulons résoudre un problème, il faut le faire ensemble.

# TASS : A l'heure actuelle on parle de l'apparition d'un nouveau grand G7, à savoir les BRICS, l'Indonésie, la Turquie et le Mexique. Quel est, à votre avis, son avenir ?

Vladimir Poutine : J'ai déjà dit : i l faut décider ensemble. Parce que tout est interdépendant dans le monde moderne et si l’on décide de créer une structure régionale – comme nous créons la structure régionale, l'Union économique eurasienne, avec la Biélorussie et le Kazakhstan –, c’est uniquement en complément des instruments globaux existants qui doivent fonctionner selon ces règles globales.

# TASS : Vous avez parlé des déséquilibres dans l'économie mondiale. Le FMI en parle aussi : il prévoit l'apparition possible de nouvelles « bulles de savon ». L'économie russe est-elle prête à affronter une nouvelle vague de crise ?

Vladimir Poutine : Elle y est prête. Nous réfléchissons à tous les scénarios, une baisse catastrophique des prix des vecteurs d'énergie compris. Cela est tout à fait possible et nous l'admettons. Les ministères de l'Economie et des Finances, le gouvernement dans son ensemble, font des calculs concernant l'évolution de l'économie d'après chacun de ces scénarios.

Voyons les déséquilibres entre le capital et les marchandises, dont j'ai parlé. Quand ils apparaissent, notamment pour des raisons politiques, quand ils s'aggravent, les pays, émergeants surtout, se retrouvent dans une situation très difficile. C'est plus facile pour un pays comme le nôtre. Pourquoi ? Nous sommes un pays pétrogazier, nous ménageons nous réserves : aussi bien les réserves de change que les réserves du gouvernement. Elles sont suffisamment importantes ce qui nous permet d'être sûrs de pouvoir honorer tous nos engagements sociaux et de ne pas franchir certaines limites dans les processus budgétaires et dans l'économie dans son ensemble. Les pays qui n'en disposent pas auront du mal à y faire face. Mais je tiens à répéter que j'espère que nous aurons un débat général et que nous adopterons une décision commune sur le changement de la situation et l'élimination des déséquilibres en question.

# TASS : Vous venez de mentionner les réserves budgétaires, qui ont permis de surmonter la crise de 2008-2009. Aujourd'hui, ne pensez-vous pas qu'il soit à nouveau temps de débloquer ces fonds pour relancer l'économie ?

Vladimir Poutine : Non. En fait, nous étions déjà prêts à les débloquer avant tous les phénomènes négatifs actuels comme les fluctuations du rouble ou la chute du cours du pétrole – nous évoquions l'éventualité d'utiliser l'argent du Fonds du bien-être national. On en parle depuis longtemps. Le sujet a été soulevé il y a deux ans déjà. Dans des situations comme celle de l'économie mondiale aujourd'hui, et de la nôtre aussi, cela se passe toujours de la manière suivante: si les fonds sont dépensés, c'est fait sur plusieurs axes. L'un d'eux est le développement de l'infrastructure. C'est à cet effet qu'on comptait dépenser l'argent du Fonds du bien-être national: il est question d'un périphérique supplémentaire autour de Moscou, du rejointoiement des passages à niveau, de la construction et de l'extension de la circulation des marchandises vers l'Est – je veux parler du Transsibérien et de la BAM (Magistrale Baïkal-Amour) -, du TGV, du développement de l'infrastructure des ports et des aéroports. Tout cela figurait déjà dans nos plans antérieurs et dans la conjoncture actuelle, qui se détériore, c'est précisément ce que nous allons faire. Mais cela ne signifie certainement pas que nous devons gaspiller inconsidérément ces réserves pour régler les affaires courantes, sans attendre un retour économique approprié. Nous ne le ferons pas.

# TASS : On parle bien de réformes structurelles pour lesquelles on manque toujours d'argent et de temps.

Vladimir Poutine : Les réformes structurelles ne demandent pas tant d'argent que ça. Elles nécessitent simplement une volonté politique et certaines décisions administratives, cela concerne aussi bien l'économie que les prestations sociales.

# TASS : Avant de revenir à l'infrastructure, je voudrais terminer avec le Fonds du bien-être national: que pensez-vous de la demande formulée par Rosneft de lui allouer de l'argent du fonds ?

Vladimir Poutine : Je dirais aux responsables de Rosneft que moi aussi, je demanderais de l'argent. Qui ne le fait pas? Tout le monde tente sa chance et espère en obtenir. L'exécutif – je le sais, nous avons parlé à ce sujet avec le gouvernement et la direction de Rosneft – prendra des décisions uniquement en fonction des besoins de la compagnie qui nous est, bien évidemment, précieuse. Nous l'aiderons, bien sûr, mais en fonction de sa gestion, de ses intentions d'investir cet argent et du retour pour toute l'économie nationale en cas d'investissement. Ce sera une estimation réelle. Et je n'exclus pas que Rosneft puisse bénéficier de certaines ressources, mais il faut bien analyser combien, dans quels délais et à quelles conditions. Nous n'allons pas nous presser.

# TASS : Comme aucune décision n'a été prise pour le moment, peut-on en déduire que le gouvernement n'est pas encore convaincu ?

Vladimir Poutine : Vous savez en ce moment, par exemple au cours de ma visite en Chine, Rosneft s'entend avec nos amis chinois pour qu'une grande compagnie chinoise obtienne 10% des actifs du champ de Vankor. Sachant que les Chinois y obtiendront des sièges au conseil d'administration. Mais on s'entend également pour que le commerce du pétrole exploité à cet endroit – et les réserves sont importantes – soit effectué en yuans. Dans ces conditions, nos partenaires chinois seront prêts à créditer et financer certaines transactions. Deuxièmement, nous échappons au diktat du marché qui libelle tous les flux commerciaux pétroliers en dollars, et nous étendons nos capacités d'utilisation des monnaies nationales, le rouble et le yuan. Troisièmement, cela stabilise davantage la situation financière de la compagnie.

Nous avons récemment vérifié l'état financier de Rosneft: il n'y a tout simplement aucun problème. Je le répète: s'ils ont besoin de fonds supplémentaires, ils doivent prouver qu'en obtenant cet argent ils viseront des objectifs concrets et devront montrer quel sera le retour non seulement pour la compagnie, mais également pour toute l'économie russe.

# TASS : L'une des propositions de la présidence australienne du G20 concerne la création d'un centre d'investissements dans l'infrastructure. Est-ce un point positif pour la Russie, qui a déjà fait des projets d'infrastructure une priorité? Ou aucune concertation avec notre travail ne sera engagée à cause des sanctions qui frappent la Russie ?

Vladimir Poutine : Il n'y a rien à discuter ni à convenir avec qui que ce soit. Cela montre tout simplement, et il est difficile de contredire la présidence australienne là-dessus, que nous sommes sur la bonne voie, que nous agissons absolument dans ce qu'on appelle le mainstream; que la communauté internationale, économique en l'occurrence, a la même position vis-à-vis des actes des gouvernements dans la situation actuelle de l'économie mondiale et confirme que nous avons raison. C'est toujours agréable et utile.

# TASS : Pour la Russie, le G20 sera-t-il davantage une aide ou une simple tribune pour partager sa propre expérience ?

Vladimir Poutine : Je pense qu'il s'agit plutôt d'une tribune pour échanger son expérience. Et pour préparer les cadres, ce qui est une bonne chose. Tout le reste est la continuation, dans une certaine mesure, de nos propositions formulées au G20 de Saint-Pétersbourg.

# TASS : Certains projets d'infrastructure que vous avez énumérés pour la Russie se réalisent, d'autres sont reportés comme le pont sur la Lena à Iakoutsk ou le port de Taman. Ces projets ont-ils un avenir, est-il prévisible ou encore flou ?

Vladimir Poutine : C'est moins une question de visibilité que d'utilité, vous savez. Faut-il construire un pont à Iakoutsk? Oui. Iakoutsk compte 300 000 habitants. Bien sûr, on voudrait que ces gens aient un pont pour se déplacer tranquillement. Et la voie ferrée arrivera directement dans la ville.

Le voudrait-on ? Bien sûr. Personnellement, j'aime beaucoup la région de Iakoutie. Les gens sont merveilleux. Et la république est très riche en ressources. Il faut la développer. Mais quand on en parle avec les collègues, ils disent: il ne s'agit pas seulement d'une ville de 300 000 habitants, le pont est nécessaire pour construire une route jusqu'à certains gisements, pour rendre ce projet non seulement social, ce qui est important, mais aussi économiquement justifié et utile. Et ensuite l'avancer pour approvisionner les régions du nord et atteindre certains gisements. Tout cela doit être calculé. C'est uniquement une TASS d'étude professionnelle approfondie. Et dans l'ensemble, c'est la bonne direction.

Quant à Taman, c'est la même chose: il faut voir l'ensemble des problèmes liés à l'infrastructure portuaire, y compris les investissements privés. Un port moderne y est en cours de construction depuis quelques années par une compagnie privée avec une participation étrangère. Et le partenaire étranger y investit des milliards. Nous devons suivre attentivement ce projet. Allons-nous créer une concurrence? Quels sont les quantités de fret? Est-ce que ces quantités suffisent aujourd'hui pour remplir les deux ports? L'infrastructure ferroviaire sera-t-elle suffisante pour les desservir? Et où est aujourd'hui, à ce moment précis, l'argent pour développer cette infrastructure de manière à desservir les deux sites (sachant que nous devons encore construire un pont en Crimée)? Ce n'est pas faute de volonté. Simplement, tout doit être évalué intelligemment, de manière cohérente et très professionnelle.

# TASS : Pour revenir au G20. Les sommets, que ce soit le G20, l'APEC ou auparavant le G8, étaient également pour vous l'opportunité de communiquer avec vos collègues en tête-à-tête. Et le sommet qui vient de se dérouler à Pékin était votre premier voyage à l'étranger depuis l'allocution au club Valdaï, un grand discours sur la sécurité globale et l'ordre mondial. Les partenaires occidentaux ont-ils réagi à votre intervention ?

Vladimir Poutine : Non, le club Valdaï est une discussion avec des experts, c'est une sorte de libre débat. Comme cela doit toujours être le cas dans les tribunes de ce genre, la discussion doit être assez active pour donner le ton du débat, voire provoquer les interlocuteurs pour qu'ils s'ouvrent, montrent leur point de vue, cherchent ensemble une solution aux problèmes au niveau d'experts. Quand nous nous réunissons avec les collègues, on évoque davantage les questions pragmatiques.

# TASS : Autrement dit, vous n'avez pas noté de changement dans leur position ?

Vladimir Poutine : Non, rien n'arrive si vite. Si quelqu'un a voulu entendre ce que je disais, il faut de toute façon un certain temps pour que tout cela soit analysé par les organismes administratifs, gouvernementaux et présidentiels. En parler d'abord au niveau des conseillers et des experts, puis organiser des discussions sans les bruits et sifflements artistiques qui accompagnent généralement les espaces comme Valdaï, mais discuter dans le calme des bureaux avec franchise.

Ces espaces de discussions sont bénéfiques parce qu'on peut parler franchement. Et ensuite, à un autre niveau, comme je l'ai déjà dit, il faut revenir à ces sujets pour en parler tranquillement à huis clos. Cela demande du temps.

# TASS : Comptez-vous vous entretenir, au sommet du G20, avec quelqu'un en particulier ?

Vladimir Poutine : Oui, nous avons des entretiens prévus avec la chancelière allemande et bien d'autres réunions.

# TASS : Les observateurs constatent que vos relations avec Angela Merkel sont devenues plus tendues et moins conviviales ces derniers temps. L'avez-vous remarqué ?

Vladimir Poutine : Non, je ne l'ai pas remarqué. Vous savez, nous sommes guidés par les intérêts, et non par des sympathies ou des antipathies personnelles.

# TASS : Avant, étiez-vous toujours guidé par ces mêmes intérêts ?

Vladimir Poutine : Pas avant, toujours. Et elle est également guidée par les intérêts de son propre pays. Comme tout autre chef d’État ou de gouvernement. Par conséquent, je ne vois aucun changement significatif dans la nature de nos relations.

TASS / EODE Press Office

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# EODE PRESS OFFICE / ELECTIONS EN NOVOROSSIYA : ENTRETIEN AVEC FABRICE BEAUR, OBSERVATEUR FRANÇAIS (PARTIE 2)

EODE PO - FB sur LVDLR elections au Donbass PART 2 (2014 11 14) FR

Photo : Fabrice BEAUR (SG d’EODE) au Mémorial antifasciste de Saur-Mogila, haut lieu de la Grande Guerre Patriotique, et grande victoire de l’Armée du Donbass en août 2014…

EODE Press Office avec La Voix de la Russie /
2014 11 14 /

SECONDE PARTIE de l’interview de Fabrice BEAUR, SG d’EODE,
sur le Website de la Radio russe LA VOIX DE LA RUSSIE,
interviewé ce 13 novembre 2014 
par le journaliste Mikhail GAMANDIY-EGOROV

# Mikhail Gamandiy-Egorov, La Voix de la Russie : Les pays occidentaux, ou plutôt leurs oligarchies politiques, ont d'ores et déjà déclaré qu'ils ne vont pas reconnaître la légitimité de ce scrutin. De même du côté du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon. Pourquoi selon vous ce refus de reconnaître la volonté démocratique d'une population martyrisée et pourquoi encore et toujours cette constance du deux poids deux mesures ?

Fabrice BEAUR : L'occident est le royaume du double langage. Les élections dans les républiques populaires de Donetsk et de Lugansk sont un défi à l'ordre occidental.
Nous avons à faire face à un refus du choix démocratique des peuples. Cela est caractéristique. Regardez le refus de l'idée même du référendum dans l'Union européenne : en Catalogne, à Venise et ailleurs … Rappelez-vous des résultats des référendums sur « la Constitution de l’UE » en Irlande, en France et aux Pays-Bas. Les peuples avaient dit Non à l'Europe atlantiste anti-démocratique. Le parlementarisme occidental avait alors passer outre à la volonté populaire clairement exprimée. Depuis, l'occident a peur des élections plébiscitaires comme celles que nous venons de voir à Donetsk et Lugansk. Les occidentaux refusent de reconnaître toutes les élections qui ne sont pas contrôlées par eux et dont les résultats ne suivent pas leurs directives. 

Et dans la situation qui nous importe à l'heure actuelle, nous avons une belle démonstration du théâtre démocratique de ces organisations internationales et de ces pays, qui se pavanent revêtus du manteau des Droits de l'Homme à géométrie variable.
Selon l'ordre occidental, donc américain, il existe des peuples qui ont le droit de voter et d'autres non. Le droit de vote étant compris comme le fait d’avaliser les choix que le phare de la démocratie mondiale a auparavant fait pour eux dans sa grande sagesse.

LvdlR : Savez-vous que les autorités putschistes de Kiev ont déclaré que tous les observateurs internationaux ayant participé à l'observation du scrutin dans le Donbass, y compris européens de l’UE et nord-américains, allaient être déclarés persona non-grata en Ukraine ? Que pensez-vous de cela ?

Fabrice BEAUR : J'hésite entre indifférence et mépris. Les observateurs internationaux qui ont participé à la Mission de monitoring du référendum de Crimée et de Sébastopol, organisé déjà par EODE en Mars 2014, sont déjà persona non-grata en Ukraine et ceci dès la veille du référendum de Mars. 
La vérité, c'est que Kiev a peur de la démocratie de l'Est. Kiev a peur que la révolution orange 2.0 du maïdan devienne une réalité populaire et se retourne cette fois-ci contre le pouvoir bandéro-oligarchique. Celui des néofascistes et des oligarques ukrainiens.

LvdlR : Mis à part l'observation lors de ces élections, avez-vous eu l'occasion de discuter avec les habitants du Donbass ? Si oui, quels points essentiels en avez-vous retenus ?

Fabrice BEAUR : Les standards d'EODE pour le monitoring des élections comprennent également une partie de prise de contact direct avec les électeurs, les candidats et les formations politiques. Que serait un processus électoral sans les électeurs ? Là aussi, c'est une chose qui nous différencie d’avec l'OSCE, plus habituée aux réceptions petits-fours, aux conférences de presse convenues et à la tournée des grands ducs dans les bars, qu'au travail sur le terrain jusque dans les petits bureaux de vote bien loin du confort des hôtels 4 ou 5 étoiles. 
C’est la raison pour laquelle lors des élections russes de 2011 et 2012, des observateurs d’EODE, comme Luc MICHEL et moi-même, sommes allés où l’OSCE et ses épigones n’ont jamais été : Novossibirsk (vol de nuit et moins 50°), Kemerovo, Astrakan, Iles du Delta gelé de la Volga, Extrême-Orient russe (à la frontière chinoise), etc …
J'ai donc discuté avec des électeurs devant tous les bureaux de vote que j'ai visité. J'ai pu constater que le peuple du Donbass a un haut degré de conscience politique. Bien supérieur à celle des masses ouest-européennes.

Les gens là-bas comprennent parfaitement les enjeux géopolitiques du conflit qui les touche dans leur chair et dans leur sang. Il n'y a aucune haine contre le peuple ukrainien, aucune. Je n'ai pas rencontré une seule personne qui ait exprimé cela. C'est bel et bien aux politiciens de Kiev que les novorossiyens en veulent. L'ennemi américain est clairement montré du doigt dans son soutien aux forces bandéristes qui les bombardent et qui tuent tous les jours des civils.
Je me souviens plus particulièrement d'un homme qui à ma question « pensez-vous que la négociation soit encore possible avec Kiev ? » m'a répondu : « Kiev ? Je ne veux plus en entendre parler. Ils nous bombardent. Ils nous tuent tous les jours. Femmes, enfants, retraités, cela ne fait aucune différence pour ces gens-là. Nous sommes des « terroristes » pour eux. Moi terroriste ? Est-ce qu'un terroriste les auraient nourri comme je l'ai fait lors des premiers jours quand arrivant dans le Donbass ils n'avaient pas d'eau et encore moins de nourriture ? En remerciement, ce fut une semaine plus tard des tirs pendant une semaine sur notre ville. Alors Kiev ce n'est plus mon affaire ». 
Et combien de fois ai-je entendu pendant mon séjour autant la veille des élections, que le jour même, ou le lendemain lors de mes différents déplacements, la déclaration suivante : « Ici, Bandéra n'est pas notre héros et ne le sera jamais ! »

LvdlR : La démocratie a-t-elle triomphé dans le Donbass ? Comment voyez-vous l'avenir du Donbass qui était le poumon industriel et économique de l'ex-Etat ukrainien ? Plus globalement, comment voyez-vous l'avenir de Novorossiya ?

Fabrice BEAUR : Ces élections sont un pas en avant… irréversible ! Elles ont donné un cadre autant légitime que légal au pouvoir populaire en place à Donetsk et Lugansk. La période de la rébellion est terminée. Nous venons d'assister à la naissance officielle de deux Etats avec toutes leurs institutions dont la légitimité ne peut être contestée de part du parfait déroulement des élections.
Le président de la CEC de la DNR l’a bien exprimé. Les élections présidentielles et législatives dans la République populaire de Donetsk (DNR) ont « définitivement consacré la séparation du Donbass de l'Ukraine », a déclaré ce lundi le chef de la Commission électorale centrale (CEC) de la DNR Roman Liaguine lors d'un point de presse à Donetsk. « Les élections se sont déroulées légitimement et sans aucun incident capable d'en influencer les résultats. Actuellement, nous disposons d'un pouvoir légitime. Le Donbass ne fait plus partie de l'Ukraine, que cela plaise aux autres ou non », a conclu le chef de la CEC.

Et vous faites bien de faire remarquer que le Donbass est essentiel pour l'Ukraine. La perte pour Kiev n'est pas immense, c'est une catastrophe. Car sans les industries du Donbass, l’Etat ukrainien n'est plus viable. C'est le Donbass qui remplissait les caisses de l’Etat ukrainien.
C'est également un coup porté aux oligarques mafieux qui sont la base du pouvoir de la Junte de Kiev. La peur obsessionnelle de la clique au pouvoir à Kiev, c'est de voir le soulèvement populaire se répandre aux autres régions de l'est et du sud. Car la Novorossiya, ce n'est pas que Donetsk ou Lugansk mais un projet qui concerne aussi sept autres républiques populaires jusqu'à la frontière roumaine, jusqu'à la Priednestrovié pro-russe.
Au Donbass comme en Crimée, ce sont des peuples qui contestent le Nouvel ordre mondial américain. Il n'y a que ceux qui ne comprennent pas le « monde russe » pour croire qu'il est possible de revenir en arrière. Le sang à coulé comme Kiev l’a voulu ! L'Ukraine est morte. C'était déjà ma conviction depuis le massacre fasciste d'Odessa. Kiev a perdu les coeurs dans le Donbass. Car les âmes ont toujours été russes et rien d'autres depuis que cette terre a été reconquise hier par l'Empire russe de la Grande Catherine.

Alors quel avenir ? Impossible de prédire. Bien heureux qui pourra prédire ce que vont donner les événements futurs. Ce qui est sur, c'est que je ne crois pas en des négociations avec Kiev. Le parti de la guerre a gagné à Kiev. La CIA aux commandes, l'auto-intoxication de la Junte et la folie semblent avoir emporté la partie à Kiev. 
Lors de mes rencontres avec différents officiels de la République populaire de Donetsk, dont le 1er ministre de la DNR Zakarentko, élu président dimanche, j'ai toujours entendu que bien que donnant sa chance à la Paix, la DNR comme la LNR ne croyaient pas que Kiev soit de bonne volonté. Ils attendent tous la nouvelle offensive générale de Kiev. Et se disent prêt ! Bien qu'en infériorité matérielle (Kiev a trois fois plus d'artillerie, une aviation et encore de nombreux blindés) ils ont confiance. Si la démoralisation est une plaie dans le camps d'en face, cela est totalement différent dans les rangs de l'Armée du Donbass. « Nous savons pourquoi nous nous battons. Pour notre terre ! Pour nos maisons ! Pour nos familles ! Pour nos camarades tombés face au fascisme ukrainien ! » affirment-ils tous … 

LvdlR : Votre ONG EODE (Eurasian Observatory for Democracy & Elections) fait l'objet, suite à votre mission, d'une campagne d'attaques haineuses et diffamatoires dans les media occidentaux. Pourquoi cet acharnement contre EODE ?

Fabrice BEAUR : Tout simplement parce que notre ONG EODE défie l'OSCE, l'OTAN, l'UE et Kiev directement.
Auparavant le monitoring des élections était leur chasse gardée. Ils remettaient les bons et les mauvais points selon leur agenda politique. Et surtout choisissaient seuls de valider ou non une élection ou un référendum en y envoyant une mission ou pas. Combien d'élections où l'OSCE donnait le pourcentage des « fraudes » la veille de l'élection ! Combien de Rapport de mission déjà disponible avant même le déplacement des observateurs de l'OSCE !
EODE et ses partenaires, car nous sommes un réseau international d’ONG, apporte ce qu'ils entendent refuser : la présence d'une mission internationale de monitoring qui valide, selon les propres critères de l'OSCE et sa méthodologie, une élection.

Pour cette mission au Donbass, on a déjà publié contre nous des dizaines d'articles diffamatoires et haineux, plein de mensonges. Nous en avions eu plus de 1.800 en mars contre la Mission internationale de monitoring du référendum en Crimée et à Sébastopol que nous avions organisé alors. Ce sont toujours les mêmes qui nous attaquent : des offices barbouzardes, les médias de l'OTAN, les réseaux Sorös ou encore BHL et le journal du fils Khodorovsky.
Les médiamensonges sont grossiers et repris sans contrôle par les médias de l’OTAN. Le plus flagrant est de traiter notre Administrateur-général Luc MICHEL de « néonazi » (sic). La fameuse reductio ad hitlerium qui est au parlementarisme occidental, le même qui soutient les néofascistes à Kiev et à Moscou, ce qu’était l’excommunication à l’Eglise catholique jadis … Le souci est que Luc MICHEL est le fondateur du Réseau antifasciste EUROPÄISCHER WIDERSTAND (Résistance européenne), au palmarès impressionnant en Belgique depuis vingt ans, où il a brisé les reins à l’extrême-droite francophone. Moi même je suis aussi taxé de « néofasciste » (resic) alors qu’en 1998 je présentais une liste à Toulon à une élection partielle à l’intitulé sans équivoque : « PCN. Les jeunes contre Le Pen et pour l’interdiction du FN ». Curieux « néofascistes » qui n’ont aucune leçon à recevoir des antifascistes de salon au service des Etats et des services français et belges …
En plus des mensonges, des diffamations et des insultes qui révèlent le manque d'argument politique de ces gens-là, nous avons aussi eu le droit cette fois-ci à une avalanche de haine et de menaces.

Mais cela ne nous fera pas reculer. Tout au contraire. EODE entend bien participer à l'élaboration d'un monde multipolaire où les peuples pourront décider librement de leur destin politique sans interférences extérieures.
Nous sommes l'anti-OSCE et nous en sommes fier. La prétention et l’arrogance des organismes de monitoring occidentaux qui entendent s’arroger le monopole de l’observation électorale est inacceptable et intolérable. Nous entendons bien aller partout en Eurasie et en Afrique (EODE a un Réseau panafricain EODE AFRICA et a par exemple monitoré les sénatoriales 2013 au Cameroun) pour mener nos missions de monitoring électoral et d'expertise dans le cadre légal et le respect des états.

# L’article original de LA VOIX DE LA RUSSIE sur :
http://french.ruvr.ru/2014_11_13/Elections-a-Novorossia-Entretien-avec-Fabrice-Beaur-observateur-francais-Partie-2-3795

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# EODE PRESS OFFICE / ELECTIONS EN NOVOROSSIYA : ENTRETIEN AVEC FABRICE BEAUR, OBSERVATEUR FRANÇAIS (PARTIE 1)

EODE PO - EODE monitoring en DNR et LNR (2014 11 01) FR

Photo : rencontre de Fabrice BEAUR (SG d’EODE) avec le Premier ministre Zakhartchenko de la République populaire de Donetsk, élu président de la DNR le 2 nov.

EODE Press Office avec La Voix de la Russie /
2014 11 13 /

Interview de Fabrice BEAUR, SG d’EODE,
sur le Website de la Radio russe LA VOIX DE LA RUSSIE,
interviewé ce 13 novembre 2014
par le journaliste Mikhail GAMANDIY-EGOROV

# Les élections législatives et présidentielles viennent d'avoir tout récemment lieu dans les ex-régions ukrainiennes de Donetsk et de Lougansk, désormais Etats indépendants formant ensemble le projet de Novorossiya (Nouvelle Russie).

Une cinquantaine d'observateurs internationaux étaient présents à ces élections qui ont confirmé la volonté massive des habitants de soutenir l’État de Novorossiya. Parmi eux, plusieurs observateurs venus de France dont Fabrice BEAUR, observateur d'EODE (Eurasian Observatory for Democracy & Elections).

Notre entretien portera donc avec lui sur le déroulement de ces élections et sur le choix exprimé massivement par les habitants.

Mikhail Gamandiy-Egorov, La Voix de la Russie : Fabrice BEAUR bonjour ! Vous avez dirigé une mission d'observation internationale lors de ces élections législatives et présidentielles en Novorossiya auxquelles vous avez personnellement pris part. Racontez-nous !

Fabrice BEAUR : Une fois de plus les Organismes de monitoring occidentaux ont refusé d’envoyer une mission d’observation pour les élections présidentielles et législatives en DNR (Donetsk) et LNR (Lugansk), les deux républiques de Novorossiya.  Façon inélégante mais efficace de saboter ces élections en leur enlevant toute légitimité et en faisant peser le doute sur la transparence des opérations électorales.

Situation classique, déjà rencontrée en Priednestrovié (la PMR, la soi-disant « Transnistrie » des médias roumains et de l’OTAN) – où en 2006, pour le Référendum d’autodétermination, EODE a organisé sa première mission) -, en Abkhazie, en Ossétie du Sud, au Nagorny-Karabagh. Tous théâtres où EODE est intervenue. Sans oublier le Référendum d’autodétermination de la Crimée et de Sébastopol, où EODE a organisé en mars dernier la Mission internationale de Monitoring, avec ses 135 observateurs, et a donné une grande claque à l’OSCE …

Déjà la presse occidentale annonçait des élections illégitimes avançant le critère, essentiel selon les standards de l’OSCE, de l’absence d’une mission de monitoring internationale.

Hélas pour cette manœuvre honteuse, les occidentaux n’ont pas le monopole de l’Observation électorale internationale.

Il existe des Organisations indépendantes, non-alignées sur les institutions occidentales et atlantistes, comme notre ONG EODE. Les deux Commissions Electorales Centrales de DNR et LNR ont donc lancé au dernier moment invitations à elles pour organiser une Mission d’Observation. EODE, qui est une ONG transnationale, et ses partenaires polonais et allemands, y ont répondu favorablement. Sur place une seule Mission a été constituée, avec 55 observateurs, venus de l’UE, de la CEI et même des USA, répartis en deux groupes, l’un pour Donetsk, l’autre pour Lugansk. Le tout dans le respect mutuel des appartenances de chacun, les observateurs allant des partis populistes de droite à la gauche nationale, en passant par quelques représentants de partis plus traditionnels.

J’ai moi accompagné le groupe allant à Donetsk. Où j’ai pu rencontrer des représentants du gouvernement dès mon arrivée le samedi 1er novembre, notamment le Premier ministre, Zakarentko, élu président dimanche, et le ministre de la Défense de DNR.

LvdlR : Dans quelles conditions se déroulait cette mission ?

Fabrice BEAUR : Dans des conditions non habituelles ! J'ai déjà fait depuis 2006 diverses missions d'observation électorale, dont une à Kiev lors des dernières législatives d’octobre 2012, avant le coup d’État du 21 février dernier, mais jamais sous cette forme. Le samedi 1er novembre au matin des combats avaient encore lieu à l'aéroport de Donetsk et les provocations étaient également nombreuses sur plusieurs points du front. Nos déplacements étaient toujours sous escorte militaire. Nous devions constamment vérifier que la route était dégagée lorsque nous nous déplacions de villes en villages pour nos visites des bureaux de vote. La tension était palpable aux postes de contrôle, les fameux « Blok Post ».

Et je tiens ici à remercier une fois encore le professionnalisme de l'armée de la République populaire de Donetsk, qui a parfaitement dans des conditions difficiles permis le bon déroulement de cette mission.

LvdlR : Le taux de participation était impressionnant compte rendu de l'actualité. Donetsk et d'autres localités continuaient d'être bombardées par les forces ukrainiennes aux ordres de Kiev. Plusieurs messages de menaces avaient été d'ailleurs envoyés aux habitants qui « oseraient » aller prendre part au vote. Pourtant, on a vu de longues files d'attente dans les bureaux de vote et beaucoup de personnes ont même fait le déplacement des villes occupées par les bataillons punitifs kiéviens. Qu'est-ce que cela vous a-t-il inspiré ?

Fabrice BEAUR : Les menaces de répression de la part de la Junte de Kiev étaient effectivement à prendre aux sérieux. Car lorsqu'on sait que les premiers combats pour la « libération des territoires de l'Est occupés par les terroristes » (sic) selon la terminologie officielle de Kiev signifiaient et signifient encore bombardement des zones civiles, enlèvement contre rançon, viols et assassinats des gens soupçonnés d'aider les milices populaires d'alors, on ne peut être qu'admiratif du courage de toutes ces babouchka et diedouchka, de toutes ces familles et ces jeunes, du peuple travailleur du Donbass qui dans les températures de l'hiver naissant sont allés voter avec détermination.

Le peuple a prouvé par cette mobilisation massive extraordinaire dans ces conditions de guerre son soutien entier aux dirigeants des républiques populaires de Donetsk et de Lugansk. L'appel au peuple depuis le début du processus de révolte contre le pouvoir bandériste et oligarchique de Kiev est à relever. Nous avons bien dès le premier jour de la révolte populaire, une forme de Démocratie Directe en œuvre. Nous sommes bien loin du parlementarisme et de ses petites combines. En DNR et en LNR, en territoire de Novorossiya libéré, c'est bien le peuple qui vote, le peuple qui souffre et qui se bat contre Kiev et ses bataillons punitifs qui n'infligent que souffrance et destruction sur leur passage.

Et si nous devions faire une comparaison avec les pays de l'Union Européenne, celle-ci ne serait pas flatteuse pour cette dernière. Dans cette Europe atlantiste, cette Europe américaine, l'abstention électorale est aujourd'hui massive. Le peuple déserte de plus en plus les institutions et rejette le Système.

Dans le Donbass, sous les bombes, dans les multiples difficultés du quotidien, j'ai vu un peuple qui se lève encore et encore avec le même message de refus de la dictature kiévienne et des criminels bandéristes qui sèment destruction et mort au nom d'une Ukraine pure idéalisée qui n'a jamais existé que dans les fantasmes des nationalistes de Svaboda et autres extrémistes pro-occidentaux.

C'est un flagrant démenti aux mensonges des media de l'OTAN qui affirmaient du « peu d'intérêt de la population pour ces élections » (resic). Ce fut tout le contraire et même une surprise de par son ampleur pour les autorités des républiques populaires et de tous les observateurs internationaux.

LvdlR : Globalement, en tant qu'observateur international, avez-vous été satisfait du déroulement de ces élections, ainsi que vos collègues ? On sait qu'il y a également eu des observateurs venus des U.S.A. et qui étaient impressionnés par la participation massive des habitants à ces élections.

Fabrice BEAUR : Ces élections se sont tenues conformément à la législation des républiques populaires. Et le déroulement de celles-ci respecte les standards occidentaux et le cahier de charge classique de l'OSCE. Et il est honteux que l'OSCE, le parlement européen ou l'APCE ne se soient pas rendus sur place pour participer au monitoring électoral. Le président de la Commission électorale centrale de la DNR me disait pourtant qu'ils auraient « accepté de recevoir une telle délégation ». Honteux disais-je du fait que ces mêmes organisations ont participé aux élections bidons de Kiev une semaine auparavant.

Notre collègue américain, Frank Abernathy, Attorney US honoraire et observateur à Lugansk, déclarait en effet « je crois que les élections ont suivi les normes internationales des élections démocratiques. Je suis très impressionné par l'enthousiasme et la vigueur avec laquelle les gens se sont rendus aux urnes pour exprimer leur opinion ». Je partage bien entendu ses observations …

(à suivre)

 

# L’article original de LA VOIX DE LA RUSSIE sur :
http://french.ruvr.ru/2014_11_12/Elections-a-Novorossia-entretien-avec-Fabrice-Beaur-observateur-francais-Partie-1-5433/

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# EODE PRESS OFFICE/ ELECTIONS EN DNR ET LNR : LES FAITS CONTRE LES MEDIAMENSONGES POUR SALIR ‘EODE’ !

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# EODE PRESS OFFICE/ ELECTIONS EN DNR ET LNR : LES FAITS CONTRE LES MEDIAMENSONGES POUR SALIR ‘EODE’ !

VLUU L210  / Samsung L210EODE Press Office/ 2014 11 05/

Notre ONG, l'Eurasian Observatory for Democracy & Elections, ONG transnationale, dont l'une des activités depuis 2005 est le monitoring électoral non-aligné (des dizaines de missions réussies en Europe et en Afrique), est à nouveau sous les coups d'une grande campagne de DIFFAMATION pour notre rôle ce 2 novembre 2014 dans l'organisation de la MISSION INTERNATIONALE DES ELECTIONS PRESIDENTIELLES ET LEGISLATIVES EN DNR (DONETKS) ET LNR (LUGANSK), les deux nouvelles Républiques de Novorossiya.

Diffamation organisée par des officines atlantistes et anti-russes (liées à l'OTAN, aux Réseaux SOROS et au Journal du fils KHODOROVSKY) et les médias de l'OTAN, qui avaient mené les mêmes attaques en Mars dernier lorsque EODE avait organisé la MISSION INTERNATIONALE DE MONITORING DU REFERENDUM DE CRIMEE ET DE SEBASTOPOL.

En octobre 2011, lors d'une conférence a la CHAMBRE CIVILE RUSSE (le 3e parlement russe, organe de Démocratie Directe), Luc MICHEL, administrateur-général d'EODE (et fondateur en 1994 du COLLECTIF ANTINAZI "EUROPÄISCHER WIDERSTAND", vingt ans de combat transnational efficace contre le néofascisme, ceci pour les diffamateurs …), expliquait déjà ce qu'est le "monitoring non-aligné" et ce qui le différencie du "monitoring occidental" …

# A voir :

EODE-TV / MOSCOU / Luc MICHEL : NON-ALIGNEMENT ET MONITORING ELECTORAL

https://www.youtube.com/watch?v=9fqS-bYBApU

# A voir aussi :

Ce qui nous sépare définitivement des méthodes de l'OSCE …

1 – https://www.youtube.com/watch?v=JfhNF-WCJm

2 – https://www.youtube.com/watch?v=73zEsbvAS_U

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Photo : la Mission d’observation des élections en DNR et LNR (une partie des 55 observateurs, 3e à partir de la droite : Fabrice Beaur, SG d’EODE)

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# EODE PRESS OFFICE/ ELECTIONS EN DNR ET LNR : LES FAITS CONTRE LES MEDIAMENSONGES POUR SALIR ‘EODE’ !

VLUU L210  / Samsung L210

EODE Press Office/ 2014 11 05/

Notre ONG, l'Eurasian Observatory for Democracy & Elections, ONG transnationale, dont l'une des activités depuis 2005 est le monitoring électoral non-aligné (des dizaines de missions réussies en Europe et en Afrique), est à nouveau sous les coups d'une grande campagne de DIFFAMATION pour notre rôle ce 2 novembre 2014 dans l'organisation de la MISSION INTERNATIONALE DES ELECTIONS PRESIDENTIELLES ET LEGISLATIVES EN DNR (DONETKS) ET LNR (LUGANSK), les deux nouvelles Républiques de Novorossiya.

Diffamation organisée par des officines atlantistes et anti-russes (liées à l'OTAN, aux Réseaux SOROS et au Journal du fils KHODOROVSKY) et les médias de l'OTAN, qui avaient mené les mêmes attaques en Mars dernier lorsque EODE avait organisé la MISSION INTERNATIONALE DE MONITORING DU REFERENDUM DE CRIMEE ET DE SEBASTOPOL.

En octobre 2011, lors d'une conférence a la CHAMBRE CIVILE RUSSE (le 3e parlement russe, organe de Démocratie Directe), Luc MICHEL, administrateur-général d'EODE (et fondateur en 1994 du COLLECTIF ANTINAZI "EUROPÄISCHER WIDERSTAND", vingt ans de combat transnational efficace contre le néofascisme, ceci pour les diffamateurs …), expliquait déjà ce qu'est le "monitoring non-aligné" et ce qui le différencie du "monitoring occidental" …

# A voir :

EODE-TV / MOSCOU / Luc MICHEL : NON-ALIGNEMENT ET MONITORING ELECTORAL

https://www.youtube.com/watch?v=9fqS-bYBApU

# A voir aussi :

Ce qui nous sépare définitivement des méthodes de l'OSCE …

1 – https://www.youtube.com/watch?v=JfhNF-WCJm

2 – https://www.youtube.com/watch?v=73zEsbvAS_U

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Photo : la Mission d’observation des élections en DNR et LNR (une partie des 55 observateurs, 3e à partir de la droite : Fabrice Beaur, SG d’EODE)

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# EODE PRESS OFFICE/ EODE AVEC LA MISSION INTERNATIONALE DE MONITORING DES ELECTIONS DE DNR ET LNR

EODE PO - EODE monitoring en DNR et LNR (2014 11 01) FR

EODE Press Office/ 2014 11 01/

"Ces élections vont donner une légitimité à notre pouvoir

et vont nous éloigner encore un peu plus de Kiev"

- Roman Liaguine, chef de la commission électorale de la DNR.

"Ce vote (…) risque de marquer la perte de contrôle par Kiev

des républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk"

- AFP ce 1er nov. 2014

EODE, l’Eurasion Observatory for Democracy & Elections, participe à la Mission internationale de Monitoring des élections présidentielles et législatives du 2 novembre 2014, organisées par les Républiques populaires de Donetsk (DNR) et de Lugansk (LNR).

Le SG d’EODE et administrateur de sa Zone Russia-Caucasus, Fabrice BEAUR, est notamment sur place à Donetsk depuis ce matin, où il coordonne les observateurs d’EODE et de ses partenaires ECGA-Allemagne et ECGA-POLOGNE. Ce samedi matin il a rencontré le Premier ministre Zhagarchenko de la République populaire de Donetsk.

51 observateurs étrangers seront présents lors de l'élection du président et des députés de la DNR prévue le 2 novembre, a annoncé ce vendredi le chef de la Commission électorale centrale (CEC) de la république, Roman Liaguine : "51 observateurs étrangers sont déjà enregistrés pour les élections. Il y a des observateurs en provenance de Russie, de Serbie, du Monténégro. A notre surprise, il y a beaucoup d'observateurs de l'Union européenne, il y a même un député européen. Parmi les observateurs, il y a aussi des Américains", a indiqué le responsable.

LA SITUATION SUR PLACE :

LES ELECTIONS MALGRE LA SALE GUERRE DE KIEV

D'intenses combats se sont poursuivis samedi en Ukraine à la veille des élections en DNR et LNR, Kiev ayant profité de la soi-disant trêve pour renforcer ses forces de répression. "Ces élections vont donner une légitimité à notre pouvoir et vont nous éloigner encore un peu plus de Kiev", a assuré vendredi Roman Liaguine, chef de la commission électorale mise en place pour ce vote par la République de Donetsk (DNR).

Donetsk et Lougansk, deux régions du bassin minier du Donbass ont unilatéralement proclamé leur indépendance en avril dernier, ce qui a provoqué le déclenchement d’une sale guerre par la Junte de Kiev. Ce samedi, les combats se sont encore poursuivis dans les deux régions. Ceux-ci ont duré à peu près toute la nuit autour de l'aéroport avant de se poursuivre dans la matinée, au rythme d'une dizaine de tirs d'artillerie par minute, selon les journalistes de l'AFP sur place.

Et la Mission de monitoring internationale travaille dans des conditions dangereuses et difficiles.

Dans cette situation tendue, les préparatifs pour les élections sont quand même organisés. Les électeurs se dises prêts à se rendre aux urnes pour "voter contre Kiev, contre les fascistes" (selon l’AFP). Le scrutin n'annonce pas de surprises, 34.000 personnes ayant déjà voté via internet, selon les autorités de la DNR.

Dans la DNR, la victoire de son Premier ministre Alexandre Zakhartchenko ne fait guère de doute. Dans la "République populaire de Lougansk" (LNR), le président Igor Plotnitski devrait être confirmé dans ses fonctions. Tous les candidats défendent la même ligne: indépendance vis-à-vis de l'Ukraine et rapprochement avec Moscou.

LA RUSSIE SURPREND KIEV ET LES OCCIDENTAUX

ET RECONNAIT LES ELECTIONS EN DNR ET LNR !

Accusée par Kiev et les Occidentaux de soutenir militairement les séparatistes, la Russie a annoncé cette semaine qu'elle allait reconnaître les résultats de ce vote,  observé par une mission internationale indépendante. Moscou souligne la nécessité d'un "dialogue sérieux" entre Kiev et les rebelles qui "permettrait une stabilisation complète de la situation".

Cette déclaration a été vivement critiquée par Kiev, Bruxelles et Washington, qui ont appelé Moscou à revenir sur cette décision. La crise ukrainienne, avec le renversement par un putsch armé soutenu par les USA, l’OTAN et l’UE, du président prorusse Viktor Ianoukovitch en février 2O14 et suivi de l'intégration par la Russie de la péninsule ukrainienne de Crimée et le conflit armé dans l'Est, a conduit à une détérioration sans précédent des relations entre Moscou et les pays occidentaux depuis la guerre froide.

Kiev, qui mène depuis avril une sale guerre au Donbass, a par ailleurs appelé les habitants de Donbass à ne pas participer aux élections séparatistes évoquant le risque de "provocations" sanglantes (sic)

EODE Press Office

Photo : rencontre de Fabrice BEAUR (SG d’EODE) avec le Premier ministre Zakhartchenko de la République populaire de Donetsk.

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# EODE-TV & AFRICA MEDIA / FROM YALTA TO YALTA / UKRAINE VERSUS NOVOROSSIYA (2)

EODE-TV - UKR. VS NOVOROSSIYA 2 yalta (2014 11 15) ENGL 1

Design and management Luc MICHEL /

Images EODE TV – Novy Rus /

Presentation Bashir Mohamed Ladan /

Editing Ibrahim Kamgue / Production Romain Mbomnda /

Co-production Luc MICHEL – EODE TV – Afrique Media

Program 2 full on:

https://vimeo.com/110815752

PROGRAM ‘UKRAINE VERSUS NOVOROSSIYA’ 2/

FROM YALTA  (1945) TO YALTA (2014)

(first broadcast on October 31, 2014)

For nearly a year, the Ukrainian crisis has been the top story in the media. A diplomatic crisis between the duo Washington-Brussels against Moscow. Where the politicians of Kiev are only pawns. A crisis turned into a dirty war in the east by the pro-Western Kiev junta, which came to power by the coup of 21 February 2014. On the orders of their masters, the US and the IMF. Despite a shaky truce, the people of Donbass continue to die under the bombs and gunfire forces of Kiev. This for over 6 months now.

A complex issue, full of hidden backgrounds where geopolitics, ideology, History, economic appetites, and expansion of NATO to the East mingle and overlap.

In a first program, we explained how it all began, in Kiev and Sevastopol. And how the Crimea has become Russian.

We open for you the second part of this issue UKRAINE VERSUS NOVOROSSIYA with Luc MICHEL, international correspondent of AFRICA MEDIA and the EODE-TV boss.

It is dedicated to these self-proclaimed republics of Donetsk, the DNR, and LNR, which seceded from Kiev and intend to revive Novorossiya, the Russian provinces built by Catherine the Great in the late 18th century and linked to Ukraine after 1918.

With Luc MICHEL, geopolitical expert and expert on Russian and Ukrainian worlds, we will find the inside information. Observer sometimes, actor often, Luc MICHEL participated, with a EODE-TV team in an international conference in Yalta in Russian Crimea, on 29, 30 and 31 August, entitled RUSSIA – NOVOROSSIYA – UKRAINE. The opportunity to see the fight, theses and men who defy the New World Order and want to build a new state on the shores of the Black Sea.

He shows us unpublished analyzes given in the heart of this Conference of August 29 to 30, 2014. And also shares exclusive footage filmed by the EODE-TV team, which followed him there.

PART I / FEATURES AND LIGHTING:

* Before turning to our analysis, a summary of the opening of the Conference, on August 29, 2014, from the press service of the NGO Coordination Centre Novy Rus which organized the conference. Starring that first day Sergey GLAZYEV (beige jacket), an influential Russian politician, nationalist, founder of the Rodina Party (The Motherland), a former minister and parliamentarian, now a member of the Russian Academy of Sciences and Alexei MOZGOROY (in uniform), one of the great military leaders of the Army of Donbass. …

* Then we find Luc MICHEL inYalta for a first analysis, where he answers the following questions:

Begin by explaining to us what this conference is, which will serve as a prism to examine and understand the issue of Novorossiya.

Is the background of the situation a dialogue of diplomatic deafs, including the famous Minsk Conference?

Practically, what is the Novorossiya geographically and historically?

Behind a conflict that might be called regional, are there much larger geopolitical implications?

Are there consequences within the EU with the emergence of the Referendum as challenge to the established order?

* After images of the second day of the conference – starring Denis Pushilin – we find Luc MICHEL in a second analysis:

What meaning has taken this conference for the future of the Novorossiya? What ideas are being debated?

* One of those present at the Yalta Conference is Denis PUSHILIN, the president founder of the Republic of Donetsk.

Listen to his interview with Luc MICHEL …

* Our analyst Luc MICHEL is also the leader of what the Belgian press calls "a Russian international lobby." He was not a witness of the Yalta Conference but one of its speakers. We invite you to listen to his speech at the final session…

PART 2 / GEOPOLITICAL ANALYSIS

We find Luc MICHEL for the second part of this program, filmed before the Summer Palace of Tsar Nicolas II in Yalta, where the conference took place in 1945 between Stalin, Roosevelt and Churchill.

After the reports and interviews, here is a geopolitical analysis on global issues of what is happening in Ukraine, Donbass, Crimea and Black Sea.

Luc MICHEL answers the following questions:

In what Crimea plays such an important role at the international level?

What has happened in Yalta in 1945?

The current unstable world then emerges in March 2014, in Crimea and Ukraine, with Eurasia as the epicenter of a new US-Russian conflict?

This is according to you the scheduled end of the New World Order?

Events in Crimea and Donbas therefore have, according to you, an exemplary value that one can not ignore, especially within the European Union?

Yet the Crimean referendum immediately disappeared from Western media once the case folded?

The Novorossiya will then live?

Stay tuned for our third program devoted to following the insurrection of Southeast Ukraine, the "Novorossiya" and the dirty war that Kiev leads there …

EODE Press Office

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# AFRICA MEDIA co-produced a series of specials with geopolitical expert Luc MICHEL and EODE-TV on the theme: UKRAINE VERSUS NOVOROSSIYA, the Ukrainian crisis. The most comprehensive information on the crisis in Ukraine and the Black Sea.

All themes analyzed. This program is the second in the series.

With Luc MICHEL, geopolitical expert and expert on Russian and Ukrainian worlds, we'll find out inside information. Our expert knows intimately indeed the region. Since the 80s, Luc MICHEL has traveled throughout Eastern Europe: Baltics, Central Europe, Russia, Siberia, Ukraine, Belarus, Yugoslavia, Caucasus, Balkans … Sometimes observer, often actor of events. Many missions for his NGO EODE that organizes electoral monitoring and makes "parallel diplomacy" according to the Belgian press. Many political actions and conferences for his transnational political organization in Eurasia, the PCN-NCP. He especially knows Ukraine, Moldova and Transdniestria (PMR), and other countries of the Black Sea and the Balkans. Finally he also directed his private life to the east, Ukrainian girlfriend, then married to a Russian from Riga. His current wife is a native of Transylvania.

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EODE-TV - UKR. VS NOVOROSSIYA 2 yalta (2014 11 15) ENGL 2

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# EODE PRESS OFFICE/ VERBATIM/ NTERVENTION DE POUTINE AU CLUB VALDAI : VERS LA FIN DU MONDE UNIPOLAIRE

EODE PO - Poutine a Valdai (2014 10 24) FR 1

EODE Press Office avec RIA Novosti/

2014 10 24/

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Vladimir Poutine, ce vendredi à Sotchi, lors de la séance plénière finale de la 11e réunion du Club de discussion international Valdaï (*) :

L'UNIPOLARITE A OUVERT LA VOIE AUX MANIFESTATIONS DE LA VANITE NATIONALE

« L'unipolarité a ouvert la voie aux manifestations de la vanité nationale pour imposer la volonté du fort, c'est, au fond, l'apologie de la dictature », a déclaré le président de Russie Vladimir Poutine.

« Le moment d'unipolarité a démontré d'une façon convaincante qu'accroître la domination d'un centre de force ne conduit pas à une meilleure gestion des processus mondiaux. Dans le même temps elle (l'unipolarité) a ouvert la voie aux manifestations de la vanité nationale, à la manipulation de l'opinion publique, à une répression grossière de la volonté du faible par la volonté du fort. Car au fond le monde unipolaire est l'apologie de la dictature sur les gens et sur les pays », a dit Vladimir Poutine.

LES ÉTATS-UNIS PEUVENT FAIRE JOUER « LE ROLE DE L’URSS » A L’IRAN, LA CHINE OU LA RUSSIE

Pour les Etats-Unis, cela importe peu qui va jouer « le rôle de l’URSS » – l’Iran, la Chine, ou la Russie. Ce pays essaie constamment de diviser le monde et former une image d’un pays ennemi, a indiqué le président russe Vladimir Poutine.

« Peu importe qui a le « rôle de l’URSS », la place de l’adversaire principal, dans la propagande américaine. Cela peut être l’Iran, le pays qui développe ses propres technologies nucléaires, la Chine, la première économie mondiale, ou la Russie, une superpuissance nucléaire », a indiqué Poutine lors de la de la conférence du Club international de discussion Valdaï.

Selon Poutine, on voit actuellement de nouvelles tentatives de « fracturer le monde ».

« (Nous les voyons entreprendre) des tentatives de dessiner des lignes de démarcation, de créer des coalitions d’après le principe du « contre » et non pas le principe du « pour », et former à nouveau l’image de l’ennemi, comme ce fut le cas pendant la Guerre Froide. Et en même temps de tenter d’obtenir le droit d’être le leader, ou d’avoir le droit de diktat, si vous voulez », a déclaré le président russe.

LE SYSTEME DE SECURITE MONDIALE A BOUT DE SOUFFLE

Le système de sécurité mondiale et régionale est sérieusement affaibli et morcelé, a estimé vendredi à Sotchi le président russe Vladimir Poutine.

"Il n'y a, malheureusement, plus de garanties ni de certitude que le système actuel de sécurité mondiale et régionale soit capable de nous épargner des bouleversements. Ce système est sérieusement affaibli, morcelé et déformé. Les institutions internationales et régionales de coopération politique, économique et culturelle traversent une période difficile", a déclaré le chef de l'Etat à Sotchi.

LES SANCTIONS SAPENT LES FONDEMENTS DU COMMERCE INTERNATIONAL

Les sanctions sapent les fondements du commerce international et les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), a déclaré vendredi le président russe Vladimir Poutine lors de la séance plénière finale du club de discussion international Valdaï à Sotchi.

"Les sanctions sapent les fondements du commerce international, les règles de l'OMC, le caractère immuable de la propriété privée et le modèle libéral de la mondialisation reposant sur le marché, la liberté et la concurrence. Le modèle dont les pays occidentaux sont les principaux bénéficiaires. A présent, ils risquent de perdre la confiance en tant que leaders de la mondialisation. Etait-ce nécessaire?", a indiqué M.Poutine.

Il a rappelé que le bien-être des Etats-Unis dépendait beaucoup de la confiance des investisseurs, des détenteurs étrangers de dollars et de bons du Trésor américain.

L'OCCIDENT AUX PRISES AVEC LES CONSEQUENCES DE SA POLITIQUE

L'Occident donne l'impression d'être en perpétuelle lutte contre les résultats de sa propre politique, qu'il paie au prix fort, a estimé vendredi le président russe Vladimir Poutine.

"On a parfois l'impression que nos collègues et amis ne cessent de lutter contre les résultats de leur propre politique. Ils lancent toute leur puissance pour éliminer les risques qu'ils créent eux-mêmes, en le payant de plus en plus cher"

WASHINGTON JUGE INUTILE DE REFORMER LES RELATIONS INTERNATIONALES

Le système des relations internationale avait besoin d'être repensé, mais les Etats-Unis, qui se sont proclamés vainqueurs de la guerre froide, n'ont pas jugé nécessaire de lancer une réforme, a déclaré vendredi à Sotchi le président russe Vladimir Poutine.

"Il fallait procéder à une reconstruction raisonnable, adapter le système des relations internationales à une nouvelle situation. Mais les Etats-Unis, qui se sont proclamés vainqueurs de la guerre froide, ce que je trouve assez présomptueux de leur part, ont estimé qu'aucune réforme n'était nécessaire", a indiqué M.Poutine de la séance plénière finale de la 11e réunion du Club de discussion international Valdaï.

Selon le président, les actions entreprises à l'époque ont aggravé le déséquilibre des forces sur la scène internationale au lieu de garantir la stabilité dans le monde.

LA RUSSIE N'ATTENTE PAS A LA SOUVERAINETE DE SES VOISINS

Les affirmations selon lesquelles la Russie cherche à rétablir un "empire" et attente à la souveraineté de ses voisins sont complètement infondées, a déclaré vendredi le président russe Vladimir Poutine dans une intervention devant les membres du club de discussion Valdaï.

"Les affirmations selon lesquelles la Russie attente à la souveraineté de ses voisins sont dépourvues de fondement. Je tiens à souligner que la Russie ne réclame pas de place exclusive dans le monde", a indiqué le président. "Tout en reconnaissant les intérêts d'autrui, nous voulons que nos intérêts soient également pris en compte", a affirmé le chef de l'Etat russe.

LES USA MENACENT LE SYSTEME DE CONTROLE DES ARMEMENTS

Les actions des Etats-Unis risquent de provoquer la destruction du système de contrôle des armements, a déclaré vendredi à Sotchi le président russe Vladimir Poutine.

"La destruction système actuel des traités sur la limitation et le contrôle des armements est tout à fait possible et ce sont les Etats-Unis qui ont lancé ce processus dangereux en se retirant unilatéralement du Traité sur la limitation des systèmes antimissiles balistiques (Traité ABM) en 2002", a indiqué M.Poutine de la séance plénière finale de la 11e réunion du Club de discussion international Valdaï.

Les Etats-Unis "ont ensuite procédé à la création de leur système global de défense antimissile. Chers amis et collègues, je tiens à attirer votre attention sur le fait que ce n'est pas la Russie qui a initié ce processus", a noté M.Poutine.

"Nous revenons à l'époque où seule la peur, +l'équilibre de la destruction réciproque+, et non l'équilibre des intérêts et des garanties réciproques, retient les pays de s'engager dans une confrontation directe", a-t-il conclu.

DES "ENGAGEMENTS MUTUELS" POUR EVITER L'ANARCHIE MONDIALE

Il est nécessaire de créer un système explicite d'engagements mutuels, sans quoi les signes d'anarchie mondiale seront de plus en plus manifestes, a prévenu vendredi le président russe Vladimir Poutine.

"Si nous ne mettons pas en place un système explicite d'engagements et d'accords mutuels et si nous ne formons pas de mécanismes de règlement des crises, les signes d'anarchie mondiale ne manqueront pas de s'affirmer", a déclaré le chef de l'Etat lors de la séance plénière finale du club de discussion international Valdaï à Sotchi.

LES DEMARCHES IRREFLECHIES MENACENT L'ORDRE MONDIAL

Il faut éviter les démarches irréfléchies dans la politique internationale, sans quoi les crises actuelles constitueront un prélude à l'effondrement de l'ordre mondial, a déclaré vendredi le président russe Vladimir Poutine dans une intervention devant les membres du club de discussion Valdaï.

"Nous sommes parfaitement conscients que le monde s'est engagé dans une époque de changements et de mutations profondes, époque où nous devons tous faire preuve d'un degré élevé de prudence et d'une capacité à éviter les démarches irréfléchies. Au cours des années écoulées depuis la guerre froide, les acteurs politiques internationaux ont quelque peu perdu ces qualités. Il est aujourd'hui nécessaire de s'en souvenir, sans quoi l'espoir d'un développement pacifique durable sera une illusion dangereuse et les bouleversements actuels constitueront un prélude à l'effondrement de l'ordre mondial", a déclaré le chef de l'Etat russe.

ARSENAUX NUCLEAIRES: POURSUIVRE LE DIALOGUE

La Russie appelle à poursuivre les entretiens sur la réduction des arsenaux nucléaires, a déclaré vendredi à Sotchi le président russe Vladimir Poutine.

"Nous souhaitons poursuivre les entretiens. Nous insistons sur des entretiens sur la réduction des arsenaux nucléaires. Moins d'armes nucléaires il y a dans le monde, mieux c'est. Nous sommes prêts à une discussion sérieuse et substantielle sur le désarmement nucléaire", a indiqué M.Poutine de la séance plénière finale de la 11e réunion du Club de discussion international Valdaï. Il a appelé à renoncer à la politique du deux poids deux mesures.

V.V. Poutine a rappelé que de nombreuses armes de précision modernes ont déjà "des performances comparables à celles des armes de destruction massive". "Si on renonce complètement au potentiel nucléaire, les pays qui créent et produisent des armes de précision bénéficieront d'un avantage militaire évident. Cela détruira l'équilibre stratégique et risque de déstabiliser la situation. On sera tenté de porter la première frappe de neutralisation. Bref, les risques ne font que s'accroître", a noté le président russe.

LA RUSSIE EXIGE LE RESPECT DE SES INTERETS

La Russie ne prétend pas au leadership mondial, mais veut que ses intérêts soient respectés, a déclaré vendredi le président russe Vladimir Poutine devant les membres du club de discussion international Valdaï.

"La Russie ne prétend à aucun leadership mondial. La thèse selon laquelle la Russie prétend à l'exclusivité est complètement fausse", a indiqué le chef de l'Etat russe.

"Nous ne réclamons pas de place particulière au soleil, mais estimons que tous les participants de la communication internationale doivent respecter les intérêts mutuels. Nous sommes prêts à respecter les intérêts de nos partenaires et comptons sur une attitude tout aussi respectueuse envers nos propres intérêts", a affirmé Vladimir Poutine.

LE RISQUE CROISSANT DE CONFLITS ENTRE GRANDES PUISSANCES

L'éventualité qu'une série de conflits impliquant des grandes puissances éclate a brusquement augmenté, a signalé vendredi lors d'une rencontre à Sotchi avec les participants au Club de discussion international Valdaï.

"Aujourd'hui déjà, l'éventualité de toute une série de conflits impliquant directement ou indirectement des grandes puissances a augmenté en flèche. Non seulement des contradictions traditionnelles entre Etats, mais aussi l'instabilité intérieure de certains pays constituent un facteur de risque", a déclaré le chef de l'Etat.

Et d'ajouter que cela concernait particulièrement les pays situés à la jonction d'intérêts géopolitiques des grandes puissances ou à la frontière des continents culturels, historiques, économiques ou civilisationnels.

"L'Ukraine est un exemple de ce genre de conflits qui se répercutent sur le rapport de forces dans le monde, et je pense qu'il (ce conflit, ndlr) n'est pas le dernier, loin de là!", a conclu Vladimir Poutine.

UKRAINE: ARRETER LA GUERRE IMMEDIATEMENT

Il est capital pour l'Ukraine d'arrêter immédiatement la guerre, après quoi on pourra envisager un dialogue, a indiqué vendredi le président russe Vladimir Poutine.

"Le principal est d'arrêter la guerre immédiatement", a déclaré le chef de l'Etat.

Et d'ajouter qu'on ne pourrait parler de reprise du dialogue entre Kiev et le Donbass qu'après la fin de la guerre.

NDLR : Les autorités ukrainiennes mènent depuis avril dernier une opération militaire d'envergure visant à réprimer la révolte qui a éclaté dans le Donbass suite au coup d'Etat de février. Selon l'Onu, les hostilités ont fait plus de 3.700 morts et plus de 9.000 blessés parmi les civils.

Le 5 septembre, les représentants de Kiev et les dirigeants des républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk ont signé un accord de cessez-le-feu à Minsk, avec la médiation de la Russie et de l'OSCE.

Le 19 septembre, les parties ont également signé un mémorandum de paix stipulant l'arrêt de l'usage des armes, le retrait de 15 km des pièces d'artillerie lourdes depuis leur "ligne de contact", la création d'une zone de sécurité de 30 km dans l'est de l'Ukraine interdisant aux avions de combat et aux drones de survoler la zone de sécurité et prévoyant le départ des mercenaires étrangers des deux camps.

L'application de ces accords se heurte à des difficultés, car les échanges de tirs se poursuivent sur le terrain. Les autorités de Kiev continuent d'employer des armes lourdes, détruisant ainsi les infrastructures économiques et sociales de la région.

UKRAINE: MOSCOU A AIDE IANOUKOVITCH A FUIR

Moscou a aidé le président Viktor Ianoukovitch à se réfugier en Crimée après le coup d'Etat à Kiev, avant de le transférer en Russie à sa demande, a annoncé vendredi le président russe Vladimir Poutine dans son intervention devant les membres du club de discussion international Valdaï.

"Je ne vous cacherai pas que nous l'avons aidé à se réfugier en Crimée, où il a passé plusieurs jours. A cette époque, la Crimée faisait encore partie de l'Ukraine, mais puisque les événements à Kiev évoluaient très vite et de manière tumultueuse, il n'avait aucun intérêt à rentrer à Kiev", a raconté M. Poutine lors de la dernière réunion du club.

Selon lui, il était extrêmement dangereux pour Viktor Ianoukovitch de revenir à Kiev, où les putschistes tuaient des activistes du Parti des régions restés fidèles à l'ancien président ukrainien.

"L'opinion publique ne le sait pas, mais des meurtres ont été perpétrés à Kiev et des personnes ont été brûlées vives. Un groupe de nationalistes est entré dans un bureau du Parti des régions, a saisi des membres du personnel technique et les a tués avant de brûler leurs corps dans un sous-sol", a affirmé M. Poutine.

D'après lui, dans ce contexte, Viktor Ianoukovitch a demandé à être transféré en Russie.

"C'est ce que nous avons fait", a indiqué le président russe.

En voyant l'évolution des événements, les habitants de la Crimée ont demandé à la Russie de les aider à organiser un référendum.

Ce dernier s'est déroulé en bonne et due forme. Près de 97% des participants au scrutin ont voté pour l'adhésion de la péninsule à la Fédération de Russie.

POUTINE PRONE UN ESPACE ECONOMIQUE "DE L'ATLANTIQUE AU PACIFIQUE"

L'UE et l'Union économique eurasiatique (UEEA) devraient mener un dialogue sur la création d'un espace économique unique s'étendant de l'Atlantique au Pacifique, a déclaré vendredi à Sotchi le président russe Vladimir Poutine.

"Nous saluerions le lancement d'un dialogue substantiel entre l'Union eurasiatique et l'Union européenne qu'on nous a toujours refusé. Et je ne comprends pas pourquoi, où est le problème?", a indiqué M.Poutine de la séance plénière finale de la 11e réunion du Club de discussion international Valdaï.

L'Union économique eurasiatique (UEEA) réunira à partir du 1er janvier 2015 la Biélorussie, la Russie et le Kazakhstan, qui possèdent déjà un territoire douanier commun (Union douanière). Sa mise en place achèvera la création d'un grand marché commun de 170 millions d'habitants dans l'espace de la Communauté des Etats Indépendants (CEI).

"Nous croyons qu'il faut discuter de la création d'un espace unique de coopération économique et culturelle, s'étendant de l'Atlantique au Pacifique. J'en ai parlé à plusieurs reprises et beaucoup de nos partenaires occidentaux, notamment européens, ont appuyé cette idée", a ajouté le président russe.

POUTINE N'A "JAMAIS" MIS EN DOUTE LA SOUVERAINETE DE L'UKRAINE

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré vendredi à Sotchi n'avoir jamais mis en doute la souveraineté de l'Ukraine.

"Quant à ma position sur l'Ukraine, en tant qu'Etat souverain, je n'ai jamais mis en doute que l'Ukraine est un Etat européen souverain et moderne. Or, il en va autrement pour l'histoire de la formation de l'Ukraine dans ses frontières actuelles, qui a été un processus assez compliqué", a indiqué le chef de l'Etat lors de la séance plénière finale du Club de discussion international Valdaï à Sotchi.

Et de rappeler que le terme Novorossiya (nom donné actuellement aux régions insurgées de l'est ukrainien) était un nom historique désignant une région ayant pour capitale la ville russe de Novorossisk.

NDLR : Refusant de reconnaître les autorités arrivées au pouvoir à Kiev suite au coup d'Etat de février 2014, de nombreux habitants du sud-est de l'Ukraine ont réclamé la fédéralisation de l'Ukraine avant de proclamer l'indépendance de leurs régions par rapport à Kiev. En avril dernier, les régions de Donetsk et de Lougansk ont proclamé des "républiques populaires" avant de former l'union de Novorossiya. Kiev, qui ne reconnaît pas les deux républiques autoproclamées, mène une opération militaire d'envergure dans l'est de l'Ukraine depuis la mi-avril. Le 5 septembre dernier, Kiev et les insurgés ont adopté un cessez-le-feu.

SYRIE/LIBYE : LA POLITIQUE US DECONNECTEE DE LA REALITE

La politique américaine en Syrie et en Libye est déconnectée de la réalité, a déclaré vendredi à Sotchi le président russe Vladimir Poutine.

"Je considère qu'il s'agit d'une politique absolument irréfléchie, non professionnelle et déconnectée de la réalité", a indiqué M.Poutine de la séance plénière finale de la 11e réunion du Club de discussion international Valdaï.

Selon lui, les Etats-Unis ont armé l'opposition en Libye et en Syrie sans réfléchir aux conséquences. "Ils croyaient nécessaire de soutenir l'opposition démocratique civilisée en Syrie. Ils l'ont soutenue et armée et puis la moitié des combattants de l'opposition sont passés à l'EIIL. Ne pouvait-on pas y réfléchir à l'avance?", s'est interrogé M.Poutine.

Moscou est hostile à cette politique de Washington. "Nous considérons qu'elle est erronée et qu'elle nuit à tout le monde, y compris aux Etats-Unis", a-t-il ajouté.

NDLR : Le groupe terroriste Etat islamique (EI), appelé autrefois l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) sévissait au départ principalement en Syrie où il combattait les troupes gouvernementales. Il y a quelques mois, cette organisation liée à Al-Qaïda a intensifié ses activités en Irak. Les activités de l'EI ont provoqué des milliers de morts civiles et l'exode des centaines de milliers de réfugiés. Plusieurs milliers de personnes sont détenues en otages.

Une situation très tendue persiste en Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre 2011. Le pays demeure le théâtre d'hostilités entretenues par de nombreuses formations paramilitaires organisées selon le principe territorial ou tribal. Ces groupes sont parfois mieux équipés et armés que la police et se substituent même à cette dernière dans certaines régions du pays.

LE MONDE A BESOIN D’UN NOUVEAU CONSENSUS DES FORCES RESPONSABLES

Le président Poutine est sûr que le monde a besoin « d’un nouveau consensus des forces responsables ». Il faut commencer à s’entendre sur les principes et gérer en commun les risques. L’anarchie ne fera que se généraliser si un système cohérent des engagements mutuels n’est pas mis en place, a souligné le leader russe en intervenant devant les participants du club de discussion Valdaï.

Selon Vladimir Poutine, les États-Unis tentent de réanimer le schéma de gouvernance du monde du temps de la « guerre froide » mais ces tentatives font juste le contraire.

« La guerre froide » est finie… mais il s’en est suivie une pagaille », dit Poutine et ajoute que la structure « monopolaire » du monde s’est avérée incapable de faire face aux vraies menaces comme les conflits régionaux, le terrorisme, le trafic de drogues, le fanatisme religieux, le chauvinisme et le néonazisme. Elle avait au contraire démontré que « la domination accrue d’un seul centre de pouvoir n’a pas permis de mieux contrôler les processus globaux. La structure monopolaire a ouvert la voie aux manifestations de la présomption nationale, à la manipulation de l’opinion publique et à la suprématie du plus fort », a conclu Poutine.

LA FIN DU MONDE UNIPOLAIRE

Finalement, le monde unipolaire a créé des problèmes pour l’Amérique elle-même qui si bien que les États-Unis s’efforcent maintenant de recréer « une sorte de monde quasi-bipolaire » comme modèle qui convient le mieux pour maintenir le leadership américain. De plus, estime Poutine, peu importe qui prendre dans la propagande américaine la place « du centre du mal » occupée dans le temps par l’URSS : cela pourrait être l’Iran, la Chine ou la Russie. « Nous sommes à nouveau témoins des tentatives de morceler le monde, de tracer les lignes de démarcations de forger des coalitions pour accentuer la confrontation et créer l’image d’ennemi, fait valoir le leader russe.

« C’est le début de la période des divergences d’interprétation et des réticences quand la légitimité de tel ou tel régime est fonction de sa loyauté ». Selon Vladimir Poutine, « nous assistons à la probabilité accrue de conflits aigus avec la participation au moins indirecte des grandes puissances ». De plus, le risque s’associe désormais non seulement aux contradictions interétatiques traditionnelles mais encore à l’instabilité intérieure surtout dans le cas des pays situés au carrefour des intérêts géopolitiques des grands États ou à la limite de ce qu’on peut appeler continents culturels, historiques, économiques et civilisationnels. « L’Ukraine est juste un exemple de ces conflits qui se répercutent sur le rapport de forces dans le monde et cet exemple est loin d’être le dernier », a-t-il ajouté.

RETABLIR L’EFFICACITE DU SYSTEME DES INSTITUTIONS INTERNATIONALES ET REGIONALES

« Agir sur les récalcitrants en espionnant ses propres alliés », dit Poutine et ajoute que compte tenu de la situation explosive dans le monde, le renoncement à toutes les règles dans les relations internationales n’est pas à exclure. « Ce monde, est-il vraiment confortable ?, s’interroge Poutine.

Le président russe est sûr qu’il est parfaitement possible de rétablir l’efficacité du système des institutions internationales et régionales si on fait preuve de volonté politique. Il ne s’agit pas de transactions locales, de partage des sphères d’influence dans l’esprit de la diplomatie classique, ni d’une domination totale. « Il faut rééditer l’interdépendance, estime Poutine. – C’est un bon instrument permettant d’harmoniser les positions ».

Le leader russe a appelé à tracer la frontière entre les efforts déployés pour garantir la sécurité internationale et l’ingérence dans les affaires intérieurs des États souverains. « Il fait définir nettement les limites des actions unilatérales et les cas où les mécanismes internationaux s’imposent ». La question de contenu de souveraineté devient à peu près primordiale pour la stabilité du monde.

Il est évident que le débat sur les critères d’usage de la force est particulièrement délicat et qu’ils sont étroitement associées aux intérêts de tels ou tels pays mais l’absence de critères intelligibles est autrement dangereuse. « Le résultat réel ne peut être obtenu que si les acteurs internationaux arrivent à s’entendre sur l’harmonisation de leurs intérêts fondamentaux et sur les limites raisonnables de leur action », a fait valoir Vladimir Poutine.

Selon lui, la Russie n’a pas l’intention de forger des blocs ou de s’entraînement dans un Échange de coups ». « Nous respectons les intérêts des autres et voulons tout simplement qu’on tienne également compte de nos intérêts et de notre position », dit le président.

« Le monde s’est engagé dans l’époque des changements et nous devons tous nous monter très prudents et éviter les démarches irréfléchies. Après la fin de la « guerre froide », les acteurs internationaux ont en partie perdu ces qualités. Le temps est venu de se le rappeler. « L’édification d’un monde plus stable est une tâche très complexe qui suppose un travail long et patient. Nous avons pu élaborer les règles de coexistence au lendemain de la Seconde guerre mondiale et avons réussi à nous entendre dans les années 1970 à Helsinki. Notre devoir commun consiste à résoudre ce problème fondamental aujourd’hui, à l’étape nouvelle du développement », estime le président russe.

EODE Press Office / RIA Novosti

(titres et intertitres de la Rédaction)

(*) La 11e réunion du club international de discussion Valdaï a réuni 108 experts, historiens et analystes politiques de 25 pays. Sa session plénière finale est consacrée aux facteurs d'érosion du système actuel des institutions et des normes du droit international.

Institué en septembre 2004, le Club de discussion international Valdaï rassemble chaque année près de trois cents analystes politiques de différents pays et aborde des thèmes dont la discussion permet aux participants étrangers de mieux comprendre la Russie.

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# EODE PRESS OFFICE/ GEOPOLITIQUE/ LUC MICHEL SUR LA VOIX DE LA RUSSIE : USA VERSUS RUSSIE

EODE PO - LM sur LVDLR usa versus russia (2014 10 22) FR

EODE Press Office avec La Voix de la Russie/

2014 10 22/

La dernière analyse de Luc MICHEL

sur la Radio russe LA VOIX DE LA RUSSIE :

interviewé ce 22 octobre 2014 par le journaliste Igor Yazon

# L’article de LA VOIX DE LA RUSSIE 

« Il est dangereux de recourir au langage de la force et des sanctions avec la Russie »

et l’INTERVIEW AUDIO de Luc Michel en podcast sur :

http://french.ruvr.ru/radio_broadcast/5646129/279045774/

Extrait de l’analyse de Igor Yazon :

« Les restrictions occidentales sont en réalité destinées à remodeler la Russie, à modifier ses positions sur les problèmes majeurs et cruciaux et à la faire accepter la position de l’Occident, a déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov dans un entretien diffusé dimanche par la chaîne de télévision NTV. « Etes-vous d’accord avec ces propos du ministre Lavrov ? », a demandé notre commentateur Igor Yazon à son interlocuteur permanent Luc Michel, géopolitologue belge, administrateur général de l’ONG « Observatoire européen pour la démocratie et les élections » (EODE) et l’un des présentateurs d’ « EODE-TV & AFRIQUE MEDIA »… »

# Les déclarations du Ministre Lavrov :

LAVROV DURCIT LE TON CONTRE LES USA : ‘L'OCCIDENT SOUHAITE CHANGER LA RUSSIE’

http://www.eode.org/eode-press-office-lavrov-durcit-le-ton-contre-les-usa-loccident-souhaite-changer-la-russie/

 

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