# AFRIQUE.MEDIA.LIVRES/ OBAMA PUBLIE SES MEMOIRES (II) : UN LIVRE AUX OBJECTIFS GEOPOLITIQUES ET POLITIQUES POUR CONTRER TRUMP

 

AM.LIVRES - Mémoires Obama II (2020 12 18) FR

 

LM/ 2020 12 18/

* UNE TERRE PROMISE 
Auteur : Barack Obama 
Editeur : Fayard 
Traduit de l'anglais (États-Unis) par 
Pierre Demarty, Charles Recoursé et Nicolas Richard
890 pages
ISBN-10 : 2213706123
ISBN-13 : 978-2213706122

« Trump n’a pas à chercher du travail. Près de 50% de la population des Etats-Unis a voté pour lui […] il a une grosse base aux Etats-Unis, et de ce que je comprends, il ne s’apprête pas à quitter la vie politique » 
- V.V. Poutine (ce 17 décembre).

« Avec de telles dispositions d'esprit, pourquoi a-t-il aussi peu aimé l'Europe, et particulièrement la France ? Sans doute parce que son arrogance lui interdisait de reconnaître un autre modèle que lui-même. Au petit jeu du panache, de l'esprit et de la culture, la France est rarement battue. Ces Mémoires sont aussi révélateurs d'une méchanceté dont l'exagération révèle la nature. La description inélégante, pour ne pas dire raciste, de Nicolas Sarkozy, relayée par la presse dès la semaine dernière, dit moins la haine d'Obama pour le président français que pour la France (…) En homme convaincu de « l'exceptionnalisme américain », ce sont ses propos, en homme dont l'ambition et le désir de séduction étaient à la mesure de la prétention des États-Unis en général, en homme qui rêvait de prouver au Vieux Continent que l'Amérique pouvait lui contester la place de champion de la civilisation, il ne pouvait être autre chose que morgueux à l'endroit de la France et de l'Allemagne »
- Le Point (Paris, ce 24 novembre).

Au moment où les USA sont en crise politique – le choc Trump-Biden – et en perte de leadership géopolitique, la sortie des Mémoires d’Obama ne doit rien au hasard. Elle vise à contrer Trump. Mais surtout à réinstaller les Réseaux de Ob

ama-Sorös- Clintons au pouvoir. Au-delà de la storytelling d’Obama, c’est un manifeste. Où Obama, et le titre dit tout, réaffirme son adhésion aux valeurs de l’Américanisme et de sa « Manifest Destiny » : les USA sont une « terre promise », les américains sont la « 13e tribu d’Israël », dieu leur a fixé comme destinée de gouverner le monde …

LES MEMOIRES DE BARACK OBAMA, UNE REFLEXION SUR LE POUVOIR ET L'AMERIQUE

L'arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche consacre aussi le retour sur le devant de la scène de Barack Obama. L'ex-président américain a attendu le résultat de l'élection américaine pour publier ses mémoires, dont le premier tome est sorti dans une vingtaine de pays. Près de 800 pages dans lesquelles il décrit les coulisses du pouvoir. Il y livre aussi une réflexion sur l'Amérique, "une terre promise", comme le titre de son livre.

Barack Obama s'est confié à Oprah Winfrey sur la chaîne Apple TV+ : "Je crois qu'il y a une terre promise, ce qui nous ramène à l'idéal américain. L'enjeu de faire fonctionner l'Amérique n'est pas seulement important pour les Américains, il l'est pour le monde entier. Si les gens n'arrivent pas à se respecter, à travailler ensemble, à se gouverner, alors nous allons périr (…) L'enjeu de faire fonctionner l'Amérique n'est pas seulement important pour les Américains, il l'est pour le monde entier. Si les gens n'arrivent pas à se respecter, à travailler ensemble, à se gouverner, alors nous allons périr".

Une chose semble certaine, les mémoires de Barack Obama s'annoncent déjà comme le best-seller de cet hiver, malgré la fermeture de nombreuses librairies en raison du confinement.

SARKOZY MEPRISE ET POUTINE CRAINT

Dans ce livre, Barack Obama revient aussi sur ses rapports avec les dirigeants étrangers. Parmi eux, l'ex-président français Nicolas Sarkozy qu'il décrit comme un homme audacieux et oppotuniste, "le torse bombé comme celui d’un petit coq", ou Vladimir Poutine, le président russe, avec lequel il entretient une relation glaciale et qui lui rappelle les chefs de quartiers à Chicago, durs mais intelligents.

Dans ses Mémoires, l'ancien président américain dresse un portrait bien peu flatteur de son homologue français, que d'aucuns qualifieraient de « raciste » (dixit Le Point) :
« Et l'Américain de comparer ses deux homologues, renvoyant Sarkozy à ses origines et son physique : « Avec sa peau mate, ses traits expressifs, vaguement méditerranéens [son père était hongrois, son grand-père maternel juif grec], et de petite taille [il mesurait à peu près 1,66 mètre, mais portait des talonnettes pour se grandir], on aurait dit un personnage sorti d'un tableau de Toulouse-Lautrec. » Contrairement à la traduction française qui précise que le père de Nicolas Sarkozy était hongrois et les origines « juif grec » de son grand-père, la version originale en anglais ne s'émeut guère de ces détails. « Il était moitié hongrois et un quart juif grec », écrit Obama. Dans le jargon de la traduction, on appelle cela un étoffement : l'anglais étant une langue plus concise, le français a besoin d'expliciter, en ajoutant d'autres éléments, quand un mot ne se suffit pas à lui-même. »

Mais qu'en pense le premier visé ? L'ancien président se refuse à tout commentaire, mais ses proches n'en démordent pas : « Il y a clairement une grande maladresse. » Pour l'ancien ministre Brice Hortefeux, « c'est une nouvelle preuve que Barack Obama n'est pas à la hauteur de la fonction qu'il a incarnée ». « Il joue parfaitement avec son image, on le trouve sympathique, on lui pardonne tout, même de tels propos. On oublie surtout qu'il a été un mauvais président », renchérit l'ancien ministre de l'Intérieur.

CE QUE CONTIENNENT SES MEMOIRES

Dans le premier tome, l'ancien président raconte la bataille de l'Obamacare, rapporte « The New Yorker ». Le 17 novembre dernier, le premier tome des Mémoires de Barack Obama, A Promised Land (Une terre promise), a été publié. The New Yorker dévoilait déjà les bonnes feuilles de cet ouvrage très attendu. L'ancien président revient sur la lutte acharnée de son administration pour tenter de changer le quotidien des Américains. Il évoque alors ses « grandes initiatives », à l'instar de sa réforme sur l'immigration et son programme sur le climat. « Je me suis dit que remporter une victoire sur le point qui affectait le plus la vie quotidienne des gens était notre meilleur moyen de donner un élan au reste de mon programme législatif », a-t-il écrit. Barack Obama explique avoir mené une véritable bataille pour réformer le système de santé aux États-Unis. Une réforme en laquelle Barack Obama croyait plus que tout. « J'étais convaincu que cela était si évident que, même face à une opposition bien structurée, je pouvais rallier le soutien du peuple américain », se souvient l'ancien président à propos de l'Obamacare, ou l'Affordable Care Act, une loi votée par le 111e Congrès des États-Unis et promulguée par l'ancien président le 23 mars 2010 offrant une couverture maladie aux Américains les plus modestes. Une loi que Donald Trump souhaite abroger. En juin dernier, l'administration Trump avait déposé un recours devant la Cour suprême des États-Unis pour obtenir l'abrogation de cette loi phare de son prédécesseur.

Un sujet plus que jamais d'actualité. Ce lundi 26 octobre, le Sénat devait confirmer la nomination d'une magistrate conservatrice à la Cour suprême, Amy Coney Barrett, une fervente catholique opposée à l'avortement. Avec cette arrivée, le temple du droit américain comptera six juges conservateurs sur neuf, dont trois nommés par Donald Trump. Les démocrates, à court d'options pour faire barrage à cette nomination, ont tenté de transformer les débats, retransmis en partie sur les chaînes de télévision, en une tribune sur l'avenir de l'assurance santé Obamacare.

QUAND OBAMA ENTEND REPRENDRE LA MAIN AVEC BIDEN

L'ancien président et le président élu sont très proches. Le candidat Biden et Obama avaient joint leurs forces dans un entretien enregistré. Le but ? « Déboulonner Trump et sa gestion de la crise sanitaire ». 
Obama-Biden, le duo démocrate des années de présidence de Barack Obama était de retour. Les deux compères ne manquaient jamais une occasion d'afficher leur complicité au plus haut niveau de l'État américain. Comme lors de la remise par Obama de la « Medal of Freedom », plus haute distinction civile américaine, à son vice-président, allant jusqu'à faire pleurer l'ami « Joe ». À cinq mois de l'échéance présidentielle, l'heure était aux grandes manœuvres, et c'est à l'ancien président, toujours populaire, que revenait d'épauler son aîné dans ce long entretien.

« Pouvez-vous imaginer, lorsque vous étiez président, vous lever et dire : Ce n'est pas ma responsabilité. Je n'assume aucune de mes responsabilités ? Littéralement, au sens propre ? » interrogeait alors Joe Biden, faisant référence à la décision de Trump de laisser les États libres de gérer la crise du coronavirus qui frappe durement les États-Unis, dans une courte vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. « Ces mots ne sont pas sortis de ma bouche quand j'étais aux responsabilités », répondait Obama. Assis, face à face, chemises bleues accordées dans une étonnante symétrie, le président et le candidat échangeaient, l'air grave, sur l'état de l'union. Sans oublier d'égratigner au passage l'actuel commandant en chef, coupable, selon eux, « de ne pas avoir saisi l'ampleur de la crise sanitaire et d'avoir refusé d'agir en conséquence ».

Les Réseaux de Obama-Sorös-Clintons se réinstallent au pouvoir. On dit la nouvelle présidente Kamala Harris « très proche de Sorös »…


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