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D'une philosophie

 

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 # D'UNE PHILOSOPHIE A L'AUTRE. LES SCIENCES SOCIALES ET LA POLITIQUE DES MODERNES

 Bruno Karsenti

Collection NRF Essais, Gallimard

 « En effet, dépassant ce que Foucault nommait encore la « dangereuse familiarité » entre la philosophie et les sciences humaines, la tâche qui se dessine pour cette nouvelle génération de penseurs, qu’ils soient philosophes ou sociologues, est de tenter, selon la belle formule de Fischbach, une véritable « politisation du social », réinscrivant la politique dans une conception de la société et des rapports sociaux. Dans cette optique, la généalogie de « la politique des modernes » que défend B. Karsenti participe, selon nous, d’un tel transfert en pensant l’altération de la philosophie par la sociologie comme reconfiguration « sociale » de la philosophie politique »

- Actu-Philosophia

 B. Karsenti expose l'idée que le discours des sciences sociales est requis pour le développement des sociétés modernes, dans la mesure où elles sont démocratiques et la philosophie se doit d'interroger cette exigence au-delà de toute contrainte.

 EVOLUTION DU DIALOGUE PHILOSOPHIQUE

 À l’origine, avec Socrate, la philosophie est une forme singulière de discours par lequel, selon Max Weber, on «coince quelqu’un dans un étau logique». Acte politique de résistance à un certain dévoiement de la parole publique et politique, le dialogue philosophique exige de ses interlocuteurs non plus qu’ils se conforment à un type de vérité susceptible d’exposition doctrinale, mais qu’ils entrent dans sa recherche commune – que la vie commune se reconfigure à travers ce type d’expérience dont la philosophie dégage le socle.

 Or, la situation change du tout au tout avec l’émergence au XIXe siècle des sciences sociales qui font leur miel, à l’âge démocratique, de la connaissance relative au gouvernement des hommes, aux groupements qu’ils forment, aux liens qui les rassemblent, aux régimes de pensée et d’action qu’on peut y rattacher. Auguste Comte appelle à passer de la philosophie métaphysique à une autre, positive, dont la seule fonction, ancillaire et résiduelle, est d’aider à la clarification et à l’articulation méthodologiques des travaux scientifiques.

 Assurément, à la manière de la Grèce ancienne, les sciences sociales ont imposé un nouvel «étau logique» au discours public, opposé leur résistance mentale et normative à une conjonction délétère entre parole et pouvoir politique, et, en définitive, modifié la perception que les individus ont de leur existence dans leur situation sociale et politique en même temps qu’elles inventent des manières d’agir sur cette situation même. L’enfermement des disciplines institutionnalisées dans leur champ respectif acheva de les convaincre que la philosophie était seconde par rapport à leur rationalité propre.

 C’est justement à l’articulation de ces disciplines et ambitions, démontre Bruno Karsenti, que la philosophie doit se déployer : si le discours des sciences sociales est bel et bien requis par le développement des sociétés modernes en ce qu’elles sont vraiment démocratiques, la philosophie se doit, elle, d’interroger cette exigence par-delà toute contrainte imposée par la division en disciplines particulières.

 UNE REFLEXION SUR LE CONCEPT DE DEMOCRATIE

 A noter une réflexion intéressante, « exposée à partir du concept de démocratie que Karsenti propose d’aborder non comme régime politique mais comme « vie sociale » inséparablement liée à notre modernité et à l’émergence des sciences sociales », analyse Actu-Philosophia. « Rappelons que les sciences sociales sont, pour Karsenti, de « valeur intrinsèquement démocratiques » (p. 24) puisque c’est le plan immanent de la société qui s’y trouve entièrement déployé. Avant de reprendre les motifs de la critique contienne de la souveraineté populaire fondée sur l’idéologie du consentement et de la liberté d’examen (chapitre IV), Karsenti propose une relecture très stimulante de Rousseau qui montre que l’auteur de l’Emile fait figure de « seuil » (p. 94) pour la pensée politique moderne. Le problème de la démocratie pour Rousseau se trouve à même la séparation, constitutive dans sa pensée (la « grande condition formelle »), entre la souveraineté et le gouvernement. Karsenti déduit de cette tension un véritable « corps-à-corps politique » (p. 101) entre une volonté particularisée (un gouvernement étant un corps) et la volonté générale (un acte délibératif de la souveraineté). Il s’agit in fine de penser, à travers le rôle du législateur, la volonté générale comme « volonté sociale » (p.108) ; ce qui rapproche, de manière inédite, la philosophie rousseauiste de la sociologie naissant un demi-siècle un siècle après lui. »

 

 # A lire une longue étude de ce livre :

Bruno Karsenti : D’une philosophie à l’autre. Les sciences sociales et la politique des modernes

Sur http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article477

 

Date de parution :            juin 2013

Éditeur :            GALLIMARD

Collection :            nrf essais

Sujet :  ethique-philo politique

ISBN :            9782070771189 (20707711811)

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