# LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/ CORONAVIRUS EN SYRIE : LE SECOND FRONT DE DAMAS CONTRE L’ENNEMI INVISIBLE !

LM.GEOPOL - Coronavirus front syrien (2020 03 27) FR
LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE/
Luc MICHEL pour EODE/
Quotidien géopolitique – Geopolitical Daily/
2020 03 27/
 
« A Damas, une guerre d'un "genre différent" »
-  AFP, ce 27 mars.
 
« La bataille contre le coronavirus sera totale. Nous n'avons pas le choix » !
- Hussein Najjar, médecin syrien.
 
Avec la guerre contre le coronavirus, Damas a ouvert un second front …
« Dans une rue déserte du vieux Damas, Ahmad s'est vu contraint en raison du nouveau coronavirus de fermer sine die son magasin de tissus, pour la première fois depuis le début de la guerre en Syrie », commente l’AFP. « Nous avons traversé des moments difficiles pendant la guerre (…) Parfois, nous fermions, mais nous rouvrions peu après », raconte à l'AFP l'homme de 59 ans, assis sur une chaise posée sur le trottoir en face de sa boutique. « Mais jamais de ma vie je n'ai vu les marchés et les magasins devoir fermer pendant des jours comme c'est le cas aujourd'hui ».
 
DAMAS CONFINE
 
« Rideaux de fer baissés, stands couverts par des draps, les rues commerçantes du vieux Damas comme ailleurs dans la capitale syrienne sont presque vides », témoigne l’AFP. « Dans le célèbre souk al-Hamidiyé, d'habitude grouillant de monde, seuls des ouvriers en combinaisons oranges et masques de protection pulvérisent du désinfectant sur les rideaux de fer fermés par des cadenas tandis que quelques passants portant des masques traversent rapidement la rue. En début d

e semaine, Ahmad a demandé à ses employés de rester chez eux et leur a versé leur salaire ».
 
Les autorités syriennes, qui ont signalé cinq cas de contamination au Covid-19, ont ordonné la fermeture des commerces non vitaux, des écoles, des universités, des restaurants et des cafés, ainsi que la suspension des transports publics entre les provinces. Les institutions publiques fonctionnent à minima. Et un couvre-feu nocturne a été imposé.
 
Jamais de telles mesures n'ont été décrétées par le pouvoir en neuf ans de guerre dévastatrice importée de l’étranger sous prétexte du soi-disant « printemps arabe », qui a ravagé une grande partie des infrastructures y compris hôpitaux et centres médicaux.
 
LE SECOND FRONT CONTRE L’"ENNEMI CACHE"
 
« Nous faisons peut-être face à une guerre d'un autre genre », s'inquiète le commerçant Ahmad, qualifiant l'épidémie « d'ennemi caché ». « Je ne sais pas comment nous allons vivre sans travail », ajoute-t-il, alors qu'il a trois personnes à sa charge dans un pays où, selon l'ONU, 80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.
 
Dans le vieux Damas, même la célèbre mosquée des Omeyyades a fermé ses portes. « Non loin, Moustapha, 24 ans, le visage à moitié couvert par un masque bleu, les mains protégées par des gants, se dirige à grands pas vers une pharmacie ». « Damas a toujours gardé énergie et vitalité malgré la mort, les bombardements et les balles perdues. (Mais) aujourd'hui la ville est complètement paralysée », dit-il.
 
Bastion du gouvernement Assad, la capitale syrienne a été la cible d'attentats sanglants et d'attaques aux roquettes meurtrières pendant la guerre déclenchée par les puissances impérialistes, avides de détruire la Syrie ba’athiste. Mais cela n'avait pas empêché Moustapha de poursuivre ses études. Aujourd'hui toutefois il risque de perdre sa dernière année d'université. « A l'annonce de la fermeture des universités, j'ai réalisé que nous étions en danger », avoue-t-il à l’AFP.
 
DES MEDECINS ONT MONTE L’APPLICATION "STETHOSCOPE"
 
Si l’on craint une catastrophe humanitaire dans les régions échappant au contrpole de Damas – Idlib sous occupation turque et l’Euphrate sous occupation des USA avec leurs supplétifs kurdes –, dans les régions sous contrôle du gouverement légitime (plus de 70 % du territoire), des citoyens ont  décidé de se mobiliser pour aider face au nouveau coronavirus.
 
Hussein Najjar, un médecin de 37 ans, a monté avec des collègues et des experts l'application "Stéthoscope". Elle permet à ses usagers de poser des questions liées à la pandémie et de recevoir des réponses fournies par des spécialistes. L'objectif est de sensibiliser le plus grand nombre de personnes et d'aider à combler le manque de ressources médicales, explique M. Najjar. Une application similaire à celle proposée en Belgique, pays à la structure médicale de pointe, et qui prouve les capacités de résilience de la Syrie légitime …
 
"CETTE FOIS, L'ENNEMI EST INCONNU. IL ATTAQUE SILENCIEUSEMENT"
 
Ces dernières années, ce médecin a soigné des centaines de blessés et effectué plus de 200 opérations. Mais la bataille qu'il livre aujourd'hui est différente. « Cette fois, l'ennemi est inconnu. Il attaque silencieusement », explique-t-il à l’AFP. « Ce qui est un peu réconfortant néanmoins, dit-il, c'est que la Syrie n'est pas seule » dans cette lutte: « des pays sont déjà en première ligne et nous profiterons de leurs expériences. Allié à la Russie, à l’Iran et à la Chine, Damas bénéficie de leur expérience dans le combat contre la pandémie, en particulier de Pékin et Téhéran déjà en première ligne …
 
« La bataille contre le coronavirus sera totale. Nous n'avons pas le choix » !
 
Photo :
Le grand souk de Damas confiné.
 
 
LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE
 
* Avec le Géopoliticien de l’Axe Eurasie-Afrique :
Géopolitique – Géoéconomie – Géoidéologie – Géohistoire –
Géopolitismes – Néoeurasisme – Néopanafricanisme
(Vu de Moscou et Malabo) :
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