# LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/ ECHEC DE LA STRATEGIE SAOUDIENNE (I): LE ‘CONSEIL DE COOPERATION DU GOLFE’ PROFONDEMENT DIVISE SUR FOND D’HOSTILITE QATAR-SAOUDS

LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE/
Luc MICHEL pour EODE/
Quotidien géopolitique – Geopolitical Daily/
2018 12 14/

Le moins que l’on puisse dire c’est que stratégie saoudienne mise en application par le Prince Ben Salmane depuis son acession au pouvoir réel (avec l’aide Trump et des israéliens) n’est pas un succès. Les alliés et les anciens alliés de Riyad (comme le Qatar) sont de plus en plus rétifs aux aventures géopolitiques engagées par MBS.

J’ai débattu ce 12 décembre sur PRESS TV (Iran) de ce thème, débat consensuel :

* Voir la video de "UNE" : PCN-TV/ 
PRESS TV (IRAN) DEBAT AVEC LUC MICHEL: 
FAILLITE DE LA STRATEGIE SAOUDIENNE AU ‘CONSEIL DE COOPERATION DU GOLFE’

Lors de la dernière session de ce Conseil, ces 9 et 10 décembre en Arabie saoudite, Riyad a tenté de transformer celle-ci en un « tribunal anti-iranien ». Et n’a fait que mettre en lumière la division entre les membres arabes de ce conseil et l’isolement croissant des Saouds.

« UNE APPROCHE NON CONSTRUCTIVE DU CONSEIL DE COOPERATION DU GOLFE VIS-A-VIS DE L'IRAN » (PARS TODAY, IRAN)

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a critiqué les accusations "sans fondement" du Conseil de coopération du Golfe, déclarant que « celui-ci était devenu un front pour proclamer la politique de certains de ses États membres aux dépens des autres ». Dans une déclaration faite ce lundi 10 décembre, Bahram Qassemi a ainsi réagi aux accusations portées contre la République islamique d'Iran lors du 39e sommet du CCG à Riyad, en Arabie saoudite, déplorant la poursuite de « l’approche non constructive du conseil vis-à-vis de l’Iran ». Présidant la session du CCGP, le roi saoudien Salmane ben Abdelaziz a prétendu que « l'Iran continuait de promouvoir le terrorisme et menaçait la stabilité de la région. Il a également accusé l'Iran de mener des politiques agressives et de s'ingérer dans les affaires intérieures des autres pays ».

En réaction aux accusations du roi d’Arabie saoudite, Qassemi a aussi déclaré: « En pratique, le Conseil est devenu un front pour proclamer la politique de quelques-uns de ses membres et prend position au détriment et au nom de tous les membres, nuisant à la paix et à la stabilité régionales ». Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a ajouté que « le conseil pouvait utiliser son potentiel pour dissiper les incompréhensions et les divergences internes et externes en adoptant une approche indépendante et logique ». « L'Iran estime que les positions annoncées lors du sommet de Riyad ne reflètent pas nécessairement l'attitude de tous les membres du conseil », a-t-il déclaré.

L'ECHEC DE L'ARABIE SAOUDITE A ATTEINDRE SES OBJECTIFS

« L'échec de l'Arabie saoudite à atteindre ses objectifs lors de la réunion peut être vu dans la contradiction entre le texte de la déclaration finale et l'approche pratique adoptée par certains membres du CCGP envers la République islamique d'Iran », a encore souligné Qassemi. Il a expliqué que « certains membres du conseil avaient une compréhension correcte de la politique du voisinage avec l'Iran, des réalités régionales et des exigences du bon voisinage, et avaient toujours été des pionniers dans la réduction des malentendus ».

LES DIRIGEANTS QATARI ET OMANAIS, GRANDS ABSENTS DU SOMMET DU ‘CONSEIL DE COOPERATION DU GOLFE’

Sur fond de crise diplomatique avec le Qatar, le 39ème sommet du Conseil de coopération du Golfe Persique (CCGP) s’est en effet déroulé ce dimanche à Riyad en l'absence des dirigeants du Qatar et du Sultanat d'Oman.

Accusant le Qatar « de soutenir le terrorisme », les Émirats arabes unis, Bahreïn, l’Arabie saoudite et l’Égypte ont coupé il y a un an et demi leurs relations diplomatiques avec le Qatar et ont imposé un blocus terrestre, aérien et maritime à ce pays. L’Arabie saoudite est allée plus loin en fermant le passage Dalavi, la seule voie terrestre avec le Qatar. En dépit des efforts de réconciliation fournis par l’émir du Koweït, le blocus contre le Qatar se poursuit. Les quatre États arabes insistent sur leurs 13 conditions imposées, dont la diminution des relations avec l’Iran, la fermeture de la chaîne d’information qatarie Al-Jazeera surnommée « empire médiatique qatari » et la fin de soutien aux Frères musulmans et au Hamas.

« Riyad et Abou Dhabi remuent ciel et terre pour faire croire que le ‘Conseil de coopération du Golfe’ tient toujours debout. Or, la menace qatarie de quitter le Conseil et l'absence d'une participation régulière de certains pays aux sommets de ce Conseil témoignent bel et bien des différends qui le rongent et qui risquent même de l'effondrer », selon les experts arabes. Les dirigeants saoudiens, émiratis et bahreïnis n’ont donc pas participé au sommet du Conseil tenu l’année dernière à Koweït. Oman a, pour sa part, fait état de la non-participation de Sultan Qaboos à ce trente-neuvième sommet du Conseil. C'est Fahd ben Mahmoud al-Said, le vice-Premier ministre chargé des Affaires de la primature du Sultanat d'Oman qui représentera son pays lors de ce sommet.

Abdel Latif el-Ziani avait auparavant informé que « le dossier syrien, la crise au Yémen ainsi que l’Iran seraient au cœur des discussions » de ce trente-neuvième sommet du Conseil de coopération du Golfe. « Reste à savoir comment ce Conseil, qui est confronté à de profonds différends à son intérieur et qui n’est pas parvenu à résoudre la crise des relations avec le Qatar, pourrait aboutir à un accord sur les dossiers aussi sensibles tels que l’Iran, le Yémen et la Syrie », interroge encore les experts. À noter encore que le sommet intervient peu de temps après la décision qatarie de quitter l’OPEP.

QUEL OBJECTIF SUIT LE QATAR EN SE RETIRANT DE L’OPEP ?

Le Qatar a en effet décidé de quitter l’OPEP, « une décision moins destinée à affaiblir l’Organisation qu’à provoquer un effondrement du Conseil de coopération du golfe Persique », selon un media arabe renommé ‘Raï al-Youm’. « Le Qatar a décidé de se retirer de l’OPEP à l'horizon de janvier 2019 », a déclaré le ministre qatari de l’Énergie Saad Al-Kaabi. La nouvelle a surpris et a été largement médiatisée « à titre d'une tentative destinée à saper l'Opep ». Est-ce le cas? Le journal panarabe ‘Rai al-Youm’ revient sur le sujet, rappelant que « la décision a eu lieu deux jours avant que l'Organisation des pays exportateurs ne tienne sa réunion à Vienne ».

Le ministre qatari a déclaré que « la décision n'était pas politique », mais « qu’elle a été prise pour permettre au Qatar de se concentrer sur la production de gaz liquéfié ». Selon l’analyste de ‘Rai al-Youm’, « la décision qatarie ne peut toutefois ne pas être politique. Si elle ne pèse pas trop lourd sur la production pétrolière de l'OPEP dans la mesure où le Qatar est plutôt un État gazier que pétrolier et qu'il ne produit que 600 000 barils par jour, le retrait qatari a un message à adresser à Riyad et peut-être pas au sein de l'OPEP, mais au sein d'autres instances où Doha et Riyad siègent » !

« Le retrait du Qatar de l’OPEP n’est, de toute façon, pas une première ; l’Indonésie avait quitté l’organisation en 2008, mais elle l’a, à nouveau, rejoint plus tard. En ce qui concerne le Qatar, nous ne savons pas si le retrait serait temporaire ou définitif », dit l’analyste précisant que des sources liées aux pays du golfe Persique ont déclaré à ce journal qu’il était aussi éventuel que « le Qatar aille prendre des mesures plus importantes dans les prochains jours ». En effet, « le Qatar pourrait se retirer, également, du Conseil de coopération du golfe Persique qui tiendra son prochain sommet dimanche à Riyad ». Et l’analyste de ‘Rai al-Youm’ de conclure : « Le retrait du Qatar de l’OPEP n’entraînera évidemment pas son effondrement puisque Doha y maintient un rôle bien limité, mais la situation pourrait être bien différente si elle décidait de se retirer du Conseil de coopération du golfe Persique qui souffre, actuellement, de graves divisions internes » …

(Sources : Pars Today – Press TV – PCN-TV – Raï al-Youm – EODE Think Tank)

LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE
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