# LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/ LES ‘CONFLITS GELES’ DE L’ESPACE POST-SOVIETIQUE

 

LM.GEOPOL - Conflits gelés en cei (2017 09 30) FR (1)

LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE/

Luc MICHEL pour EODE/

Flash géopolitique – Geopolitical Daily/

2017 09 30/

 

Un des points chauds de la confrontation OTAN-Russie, ce sont les Républiques auto-proclamées de Pridnestrovie, Abkhazie et Ossétie du Sud, que l’on appelle aussi la « CEI-2 ». En outre, dans une confrontation similaire, c’est le Haut-Karabkh, soutenu par l’Arménie –  l’allié le plus proche de la Russie au Caucase, contre l’Azerbaïdjan, qui fut membre du GUAM pro-OTAN. C’est là que la confrontation entre l’OTAN et la Russie s’exprime directement, aux frontières caucasiennes et aux marches européennes de la Russie. Les USA et l’OTAN ont besoin de ces foyers de tension pour leur politique agressive anti-russe …

 

I-

LE CONTEXTE GEOPOLITIQUE :

 « LES REPUBLIQUES VENUES DU FROID »

 

* L’Abkhazie (capitale Soukhoumi) :

ex-république autonome de la Géorgie soviétique depuis 1931, a combattu les forces géorgiennes de 1992 à 1994, au lendemain de la dissolution de l’URSS en décembre 1991. Soukhoumi ne reconnaît pas la souveraineté de Tbilissi sur son territoire et applique une politique visant à accéder à une indépendance reconnue par la communauté internationale.

 

* L’Ossétie du Sud (capitale Tskhinvali) :

Ex-région autonome de la Géorgie d’après la division administrative de l’URSS, l’Ossétie du Sud (capitale Tskhinvali) a proclamé son indépendance le 20 septembre 1990. Tbilissi a alors riposté et les opérations militaires ont fait des milliers de morts de part et d’autre de 1990 à 1992. Lors du premier référendum de janvier 1992, au lendemain de la disparition de l’URSS, l’Ossétie du Sud s’est massivement exprimée en faveur de son indépendance envers la Géorgie. Les Sud-Ossètes mettent le cap sur le rapprochement avec l’Ossétie du Nord, république du Caucase du Nord russe, notant que les Ossètes, du Nord comme du Sud, ont bénévolement intégré la Russie en 1774, une bonne trentaine d’années avant la Géorgie. Près de 99% des Sud-Ossètes ont dit « oui » au référendum organisé ce 12 novembre 2006 par les autorités séparatistes et proposant de faire de la région un Etat indépendant. Tskhinvali ne cache pas son objectif stratégique de réunification avec l’Ossétie du Nord, une république russe du Caucase du Nord, et refuse catégoriquement de reconnaître la souveraineté géorgienne sur son territoire.

 

* La Pridnestrovie (la PMR, capitale Tiraspol) :

zone la plus industrialisée de l’ancienne République soviétique de Moldavie et peuplée aux deux tiers par des Slaves, a proclamé son indépendance envers Kichinev en 1992, après la dislocation de l’URSS et à l’issue de plusieurs mois de combats contre les forces moldaves pro-roumaines. Depuis, Tiraspol refuse de reconnaître la souveraineté moldave sur son territoire et applique une politique indépendante, renforcée après le référendum sur l’indépendance de septembre 2006, très largement remporté par les partisans du rapprochement avec la Russie. Le 17 septembre 2006, un référendum a eu lieu en effet en République Moldave de Pridnestrovie (PMR), et, dans le cadre de cette consultation nationale, la majorité écrasante de la population de cette république autoproclamée s’est prononcée pour la poursuite de la politique d’indépendance de la Pridnestrovie et de son union avec la Russie.

 

* Le Nagorno-Karabakh (capitale Stepanakert) :

Enfin le Nagorno-Karabakh (capitale Stepanakert), qui se veut « le deuxième Etat arménien », enclave à majorité arménienne en Azerbaïdjan, a fait sécession de Bakou au terme d’un conflit armé qui a fait, entre 1988 et 1994, des milliers de morts. Le Haut-Karabakh bénéficiait, au sein de la république soviétique d’Azerbaïdjan, du statut de région autonome. En 1988, à la faveur de la perestroïka gorbatchévienne, la population locale a exigé la réunification de l’enclave à la république soviétique d’Arménie. Malgré de multiples tentatives de Moscou de faire revenir le calme dans le pays, une véritable guerre a éclaté entre la région et l’Azerbaïdjan après la chute de l’URSS en 1991. Le 2 septembre 1991, les autorités séparatistes ont proclamé l’indépendance de la République du Haut-Karabakh englobant la région autonome du Haut-Karabakh et le district de Chaoumian. Un cessez-le-feu est intervenu en 1994 mais la situation reste tendue, malgré des efforts de médiation du groupe de Minsk de l’OSCE. Depuis, des négociations sont en cours à différents échelons entre Bakou et Erevan.

 

II-

QUATRE « CONFLITS GELES »

 

Quatre « conflits gelés » perdurent autour de ces quatre républiques, que l’on tente, avec l’appui de l’OTAN et de Washington, d’annihiler par la force.

 

* En Abkhazie et en Ossétie du Sud agressées par la Géorgie, les combats n’ont cessé qu’après l’intervention d’une force internationale de maintien de la paix. Après l’agression de l’Ossétie du Sud par la Géorgie en août 2008 et la courte guerre entre la Russie et la Géorgie, Moscou a reconnu les deux républiques caucasiennes.

 

* La situation reste tendue dans le Haut-Karabakh, malgré le cessez-le-feu et les efforts de médiation de l’OSCE. « la prochaine guerre européenne évitable : le Nagorno-Karabakh » ? C’est la thèse du livre EUROPE’S NEXT AVOIDABLE WAR: NAGORNO-KARABAKH de Michael Kambeck (Editeur) et Sargis Ghazaryan (Editeur) pour Palgrave MacMillan. « Le Nagorno-Karabakh est le plus périlleux des conflits dits gelés en Europe de l’Est. Dans une région presque libre d’observateurs, les conséquences d’une nouvelle guerre dans le Haut-Karabakh sont largement sous-estimés », explique l’éditeur.

 

* La Pridnestrovie réclame depuis 16 ans son indépendance par rapport à la Moldavie, au travers de plusieurs referendum, et abrite un contingent de paix russe malgré l’opposition moldave. Avec l’arrivée de la Junte orangiste au pouvoir à Kiev (« Euromaidan »), un axe anti-PMR et anti-russe s’est constitué entre Bucarest, Chisinau et Kiev. USA et OTAN instrumentalisant la tension. Tiraspol, dont le poumon extérieur était Odessa, a été mise sous blocus.

 

III-

LA COMMUNAUTE DE LA « CEI-2 »

 

A noter que le 30 septembre 2006, les présidents des parlements de trois de ces républiques auto-proclamées – mais néanmoins en Droit international reconnues comme « sujets de droit international » en tant que parties à des conflits – (Abkhazie, Ossétie du Sud, Pridnestrovie) ont signé un accord instituant l’Assemblée parlementaire de la Communauté « Pour la démocratie et les droits des peuples ». Cette Communauté, qualifiée depuis de « CEI-2 », a été instituée en juin 2006 par les leaders des trois républiques et le Traité d’amitié prévoit une assistance mutuelle au niveau politique et économique, mais aussi, en cas d’agression, une assistance militaire.

 

(source : Luc Michel / EODE Think Tank)

 

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