# LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/ UNILATERALISME AMERICAIN: LES ÉTATS-UNIS PROCLAMENT UNILATERALEMENT LE RETOUR DES SANCTIONS CONTRE L’IRAN

 

LM.GEOPOL - III-2020-1241 usa sanctions iran (2020 09 20) FR (1)

 

LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE/
Luc MICHEL pour EODE/
Quotidien géopolitique – Geopolitical Daily/
2020 09 20/
(Série III/2020-1240)

Les Etats-Unis ont unilatéralement proclamé dans la nuit de samedi à dimanche le retour aux sanctions des Nations unies contre l'Iran et ont promis de punir ceux qui les violent …

ESQUISSE DE L’UNILATERALISME AMERICAIN

Après la phase de la toute puissance américaine du « Nouvel Ordre Mondial » des Années 1991 (implosion de l’URSS, fin de la Guerre froide) à 2011 (destruction de la Jamahiryia de kadhafi), les USA ont progressivement perdu le contrôle absolu des institutions internationales. A commencer par la neutralisation du Conseil de Sécurité par Moscou et Pékin, en passant par l’UNESCO (en 2019 un équato-guinéen devient le patron) et l’OMS (un éthiopien, soutenu par Pékin, accède à la direction). La soi-disant CPI suit le même chemin, et Trump sanctionne sa procureur-générale il y a quelques jours. Trump, et Pompeo, dans le sillage des Néoconservateurs (Bolton et les Néocons du Régime Bush II) ont choisi de jeter les bébés onusiens avec

l’eau du bain multilatéral. Le but étant de saisir et d’imposer directement des institutions américaines …

* Ecoutez mon Podcast sur LUC-MICHEL-TV/ 
LUC MICHEL: TRUMP ET POMPEO VS CPI. 
L’UNILATERALISME AMERICAIN CONTRE LES INSTITUTIONS INTERNATIONALES (AFRIQUE MEDIA 20 09 2020)
https://vimeo.com/459910953

LES ÉTATS-UNIS PROCLAMENT UNILATERALEMENT LE RETOUR DES SANCTIONS CONTRE L’IRAN

Les Etats-Unis ont unilatéralement proclamé dans la nuit de samedi à dimanche le retour aux sanctions des Nations unies contre l'Iran et ont promis de punir ceux qui les violent, s'attirant immédiatement les foudres de Moscou et des Européens. Une action qui s’inscrit dans la même position d’unilatéralisme.

Le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé ce dimanche matin dans un communiqué une initiative « illégitime » qui ne pouvait avoir « par définition de conséquences légales internationales pour les autres pays ». Les ministres des Affaires étrangères de la France, de l'Allemagne et du Royaume Uni ont de même souligné dans un communiqué que cette initiative américaine était « sans effet en droit ».

Ce geste de défi au reste du monde, puisque les Etats-Unis sont en fait l'un des seuls pays au monde à estimer que ces sanctions sont en vigueur, risque en effet d'accroître les tensions internationales. « Aujourd'hui, les Etats-Unis saluent le retour de quasiment toutes les sanctions de l'ONU contre la République islamique d'Iran auparavant levées », qui sont « à nouveau en vigueur » depuis samedi 20H00 (00H00 GMT dimanche), a déclaré le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo dans un communiqué.

UN SYSTEME DE SANCTIONS AMERICAINES DITES SECONDAIRES « POUR PUNIR TOUT PAYS OU ENTITE QUI VIOLERAIT CES SANCTIONS » !

Surtout, le gouvernement de Donald Trump menace clairement de mettre en place un système de sanctions dites secondaires pour punir tout pays ou entité qui violerait ces sanctions.
"Si des Etats membres de l'ONU ne remplissent pas leurs obligations pour appliquer ces sanctions, les Etats-Unis sont prês à utiliser leurs propres outils pour punir ces défaillances", a prévenu Mike Pompeo. Il a promis que des "mesures" américaines seraient annoncées « dans les prochains jours contre ceux qui violent les sanctions de l'ONU ».

A six semaines de briguer un second mandat, le président Trump pourrait dévoiler ces mesures lors de son discours de mardi à l'Assemblée générale de l'ONU. Mais Washington est quasiment seul et contre tous: les autres grandes puissances, la Russie, la Chine, mais aussi les alliés européens des Américains, contestent cette affirmation, basée sur une manoeuvre juridique, le « snapback », qui n'est pas légitime. « Toute décision ou action qui serait prise sur le fondement de cette procédure ou de son issue sont sans effet en droit », avaient répondu par avance la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne dans une lettre commune adressée vendredi à la présidence du Conseil de sécurité, et publiée officiellement dimanche.

MOSCOU REPLIQUE

Moscou a également dénoncé cette affirmation unilatérale de Washington. « Nous avions tous clairement dit en août que cette manoeuvre était illégitime. Est-ce que Washington est sourd? », a déclaré l'ambassadeur adjoint russe aux Nations Unies, Dmitri Polianski. » Il est très douloureux de voir un grand pays s'humilier ainsi et s'opposer dans son délire obstiné aux autres membres du Conseil de Sécurité de l'ONU », a-t-il tweeté.

Les Américains « se rendent compte eux-mêmes qu'il s'agit d'une déclaration mensongère », a lancé de son côté le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, appelant le monde à « parler d'une seule voix » face à Washington.

COMMENT EN EST-ON ARRIVE A CE FACE-A-FACE SPECTACULAIRE ENTRE LA PREMIERE PUISSANCE MONDIALE ET LE RESTE DE LA PLANETE?

Pour le comprendre, il faut revenir en arrière d'un mois. Mi-août, le gouvernement Trump essuie un revers retentissant au Conseil de sécurité de l'ONU dans sa tentative de prolonger l'embargo sur les armes conventionnelles visant Téhéran, qui expire en octobre. Accusant dans une attaque d'une rare violence Paris, Londres et Berlin d'avoir « choisi de s'aligner sur les ayatollahs » au pouvoir dans la République islamique, Mike Pompeo déclenche le 20 août une procédure controversée, surnommée « snapback » et censée rétablir un mois plus tard toutes les sanctions de l'ONU contre l'Iran.

Ces sanctions avaient été levées en 2015, lorsque Téhéran s'était engagé, dans un accord international, à ne pas se doter de l'arme nucléaire. Or, le président Trump, jugeant insuffisant ce texte négocié par son prédécesseur Barack Obama, en a retiré en 2018 les Etats-Unis, qui ont dans la foulée rétabli voire durci leurs propres sanctions bilatérales. A présent, dans une pirouette juridique, les Etats-Unis invoquent leur statut de pays « participant » à cet accord qu'ils ont quitté avec fracas, dans le seul but d'activer le « snapback ». La capacité de Washington à se prévaloir de ce statut est contestée par la quasi-totalité des autres pays membres du Conseil de sécurité, qui n'a donc pas donné suite à sa démarche.

Mais le dialogue de sourds continue: l'administration Trump fait désormais comme si les sanctions internationales étaient de retour, tandis que les autres puissances le contestent. La diplomatie américaine martèle notamment que l'embargo sur les armes est prolongé « indéfiniment » et que de nombreuses activités en lien avec les programmes nucléaire et balistique de Téhéran sont désormais passibles de punitions au niveau international. « Il ne va rien se passer », prédit un diplomate à l'ONU. « C'est comme quand on appuie sur la gâchette et que la balle ne part pas ». Un autre déplore un acte « unilatéral »: « La Russie et la Chine observent satisfaites, en mangeant du popcorn, les Européens et les Américains se diviser ».

L'IRAN APPELLE LE MONDE A « PARLER D'UNE SEULE VOIX »

L'Iran a appelé dimanche le monde à « parler d'une seule voix » contre les « actions irresponsables » américaines, après la déclaration unilatérale de Washington de rétablissement des sanctions des Nations unies contre Téhéran. « Nous attendons de la communauté internationale et de tous les pays du monde qu'ils s'opposent à ces actions irresponsables du régime à la Maison Blanche et qu'ils parlent d'une seule voix », a déclaré Saeed Khatibzadeh, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse. Les Etats-Unis ont unilatéralement proclamé dans la nuit de samedi à dimanche que les sanctions des Nations unies contre l'Iran étaient de nouveau en vigueur, promettant de punir ceux qui les violent quand bien même ils sont les seuls au monde à estimer qu'elles sont en vigueur.

« Le monde entier dit que rien ne s'est passé. Cela s'est simplement passé dans le monde imaginaire » du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, a relevé M. Khatibzadeh. « C'est beaucoup de bruit pour rien et je pense que ce sont les jours et les heures les plus amers des Etats-Unis ». Estimant que Washington était « isolé » et « du mauvais côté de l'histoire », le porte-parole iranien a indiqué que Téhéran adressait un message aux Etats-Unis: ils doivent « retourner au sein de la communauté internationale, de (respecter) leurs engagements, d'arrêter de se rebeller et le monde les acceptera » …

REVELATRICE DES METHODES BRUTALES DES TRUMP ET POMPEO, LA MENACE MILITAIRE APPUYE LA PRESSION DIPLOMATIQUE AMERICAINE

En effet, le porte-avions USS Nimitz, accompagné de deux croiseurs lance-missiles et d’un destroyer, « a achevé ce 18 septembre une traversée du détroit d’Hormuz pour entrer dans le golfe Persique », a indiqué la Ve Flotte américaine dans un communiqué. « L’USS Nimitz (CVN-68) a traversé le détroit d’Hormuz avec les croiseurs lance-missiles USS Princeton (CG-59) et USS Philippine Sea (CG-58) et le destroyer lance-missiles USS Sterett (DDG-104) », précise le communiqué publié le vendredi 18 septembre. « Le [Carrier Strike Group] opérera et s’entraînera aux côtés de partenaires régionaux et de la coalition, et fournira un soutien à l’aviation navale à l’opération Inherent Resolve », lit-on dans le communiqué. Le Nimitz est le premier transporteur à opérer dans le golfe Persique depuis que l’USS Abraham Lincoln (CVN-72) a fait le transit du détroit d’Hormuz en novembre dernier. Le dernier grand navire US à naviguer dans le golfe Persique était l’USS Bataan (LHD-5) ayant sillonné les eaux de la région en avril.

« CE QUI A RENFORCE LA MENACE PERSISTANTE D’UN CONFLIT MILITAIRE ENTRE LES PAYS » (FARSI)

L’arrivée du Nimitz au Moyen-Orient a vu l’Iran mener un exercice de tir réel visant une maquette de porte-avions lui ressemblant, « ce qui a renforcé la menace persistante d’un conflit militaire entre les pays » dit Farsi (Iran). « Il convient de rappeler qu’en 2014, il apparut que l’Iran construisait une réplique d’un porte-avions américain de la classe Nimitz à l’échelle 2/3 au chantier naval de Bandar Abbas. Il fut alors avancé que cette maquette allait être utilisée par la composante navale du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) ainsi que par la marine iranienne pour les exercices visant à tester de nouvelles tactiques contre ce type de navire que l’US Navy envoie régulièrement dans le golfe Persique ».

« Le mardi 28 juillet 2020, les forces armées iraniennes ont détruit avec missiles la maquette d’un porte-avions américain lors d’exercices militaires dans les eaux du golfe Persique dans le sud de l’Iran », avait annoncé la télévision iranienne d’État. Les exercices, appelés « Grand Prophète-14 », ont eu lieu près du détroit d’Hormuz, incontournable couloir de navigation notamment pour les pétroliers. Au cours des manœuvres navales « Grand Prophète 14 », la maquette en question, en réalité, une barge ayant l’allure d’un porte-avions, fut visée par des missiles de haute précision tirés depuis la côte et les hélicoptères pour être ensuite conduite au large de l’île de Qechm par le CGRI.


LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE

(Sources : AFP – Farsi – EODE Think Tank)

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