# AFRIQUE MEDIA/ COURRIER INTERNATIONAL/ LUC MICHEL : LA NOUVELLE TOURNEE DE BLINKEN EN AFRIQUE, LES USA COMPLOTENT UN NOUVEAU PRINTEMPS AFRICAIN !

 

WAM - tournée blinken (2022 08 10)

 


Luc MICHEL/ 2022 08 10/

Le chef de la diplomatie américaine entame sa deuxième tournée en Afrique subsaharienne le 7 août.
Lors du « sommet USA-African Leaders » de Washington début août 2014, Obama a annoncé une vague de changements de régime sur le continent, par les méthodes habituelles des USA (révolution de couleur ou soi-disant « printemps arabe » -sic-, cloné en « printemps africain » -resic-). De nombreux pays ont ensuite été secoués par les vents mauvais de ce « printemps africain » venu de Washington. En 2018, il y a eu la version de Trump ; « la nouvelle politique africaine de Trump et Bolton ». Voici la version de Biden et Harris…

LA TOURNEE NEOCOLONIALE DE BLINKEN COMMENCE EN AFRIQUE

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken est arrivé dimanche en Afrique du Sud, selon le ministère sud-africain des Affaires étrangères, avant de se rendre en République Démocratique du Congo et au Rwanda, une tournée africaine pour tenter de contrecarrer l’influence diplomatique russe.

Cette visite intervient peu après la tournée africaine du ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, qui s’est rendu en juillet au Congo-Brazzaville, en Égypte, en Éthiopie et en Ouganda. Au même moment, le président français Emmanuel Macron se rendait, lui, au Bénin, au Cameroun et en Guinée-Bissau.

Depuis le début de l’opération russe en Ukraine le 24 février, l’Afrique du Sud, pays leader au sein des pays en développement, a adopté une position neutre dans le conflit, refusant de se joindre aux appels occidentaux à condamner Moscou. De plus, l’Afrique du Sud est également un farouche opposant à la politique d’apartheid d’Israël en Palestine et se bat pour que Tel-Aviv n’entre pas en Afrique. Un point sur lequel Blinken devra manœuvrer. Mais stratégiquement parlant, l’Afrique du Sud fait également parti des BRICS. Et visiblement, le dernier forum des BRICS et l’intégration de nouveaux pays au sein de l’organisation sèment la panique dans le clan occidental. Lundi, M. Blinken doit s’entretenir avec la cheffe de la diplomatie sud-africaine Naledi Pandor et faire des annonces concernant la nouvelle stratégie africaine du gouvernement américain, a indiqué Pretoria dans un communiqué. Les discussions « aborderont les développements récents et en cours concernant la situation géopolitique mondiale », a ajouté Pretoria.
Selon Fonteh Akum, responsable du think tank Institute For Security Studies, basé à Pretoria, la visite d’Antony Blinken va aider les États-Unis à comprendre la position de l’Afrique du Sud, mais elle vise aussi à « rapprocher l’Afrique du Sud du camp occidental ». Avec leur nouvelle stratégie africaine, les États-Unis cherchent à « accroître les engagements diplomatiques », estime-t-il. L’Afrique du Sud fait partie du groupe des économies émergentes Brics, aux côtés du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de la Chine. En juin, le président russe Vladimir Poutine avait exhorté les Brics à coopérer face aux « actions égoïstes » des pays occidentaux, sur fond de sanctions sans précédent contre Moscou en raison du conflit ukrainien.

Blinken aura pour but de montrer « aux pays africains qu’ils ont un rôle géostratégique essentiel et sont des alliés cruciaux sur les questions les plus brûlantes de notre époque, de la promotion d’un système international ouvert et stable à la lutte contre les effets du changement climatique, l’insécurité alimentaire et les pandémies mondiales », avait indiqué fin juillet le département d’État.

Après Johannesburg, M. Blinken doit se rendre en République démocratique du Congo, puis au Rwanda, en proie à un regain de tensions avec son voisin congolais qui l’accuse de soutenir les rebelles du « Mouvement du 23 mars » (M23), ce que Kigali dément.

Antony Blindent, secrétaire d’État des États-Unis, séjournera en RDC du 9 au 10 août. Son programme prévoit des entretiens avec des membres haut placés du gouvernement congolais et des membres de la société civile pour discuter de l’intérêt mutuel à assurer la tenue d’élections libres, inclusives et justes en 2023, en promouvant le respect des droits de l’homme et en protégeant les libertés fondamentales. Il se focalisera aussi sur la lutte contre la corruption, l’appui au commerce et aux investissements, les actions visant à faire face aux changements climatiques, l’accroissement de la résilience agricole, et il appuiera les efforts africains régionaux pour promouvoir la paix dans l’est de la RDC et l’ensemble de la région des Grands Lacs.

Ce qui dérange principalement les États-Unis dans ces pays, c’est bien l’hostilité de la population congolaise contre la Monusco. Car l’ONU est une porte d’entrée pour les pays occidentaux dans n’importe quel territoire d’Afrique. Si la Monusco quitte la RDC, cela serait donc problématique pour Washington, qui compte maintenir le désordre dans l’Est de la RDC. Évidemment, Blinken est visiblement prêt à condamner Kigali pour son soutien au M23 et demander en contrepartie à Kinshasa de calmer les Congolais par rapport à la présence de la Monusco dans le pays. Reste à voir si vraiment le jeu en vaut la chandelle.

ANTONY BLINKEN EN AFRIQUE POUR PRETENDUMENT RAPPELER QUE LES PAYS AFRICAINS SONT DES "PARTENAIRES ESSENTIELS" POUR LES ETATS-UNIS

Le continent africain est donc devenu, ces derniers jours, le théâtre d'un impressionnant ballet diplomatique. Après le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le président Français Emmanuel Macron, c'est au tour du secrétaire d'Etat américain Antony Blinken de se rendre en Afrique subsaharienne.

La première étape de la tournée africaine du diplomate sera donc l'Afrique du Sud, confrontée à une importante crise socio-économique exacerbée par la multiplication des coupures d'électricité.

Dans la nation arc-en-ciel où il séjournera du 7 au 9 août, il devrait dévoiler la stratégie de l'administration Biden pour l'Afrique subsaharienne. Selon le communiqué du département d'Etat américain, ce sera l'occasion de souligner que "les pays africains sont des acteurs géostratégiques et des partenaires essentiels pour les questions les plus urgentes de notre époque", notamment le changement climatique, l’insécurité alimentaire ou encore la question des pandémies. Un message qu'il avait déjà fait passer lors de sa première tournée africaine …

DANS LES GRANDS LACS

La deuxième étape de son nouveau périple africain sera la République démocratique du Congo (RDC) où la Mission des Nations unies (Monusco) dans le pays est, comme en 2015, devenue indésirable et où Kabila revient. Notamment dans l'est qui essuie depuis quelques mois les attaques sanglantes de la rébellion du M23. Un rapport confidentiel des Nations unies vient d'apporter les preuves que le Rwanda soutient le groupe rebelle, confirmant ainsi les accusations portées par Kinshasa à l'encontre de son voisin. Avec les autorités congolaises et la société civile, le diplomate américain évoquera la présidentielle de 2023 et se concentrera, entre autres, sur "le soutien aux initiatives régionales africaines visant à promouvoir la paix dans l’est de la RDC et dans la région des Grands Lacs".

De paix et de sécurité, il en sera aussi question au Rwanda, dernière étape de la tournée africaine d'Antony Blinken qui s'achèvera le 12 août. A Kigali, il sera question du "rôle que le gouvernement rwandais peut jouer pour réduire les tensions et les violences actuelles dans l’est de la RDC". Les autorités rwandaises ont estimé que les allégations du rapport de l'ONU sur les liens de Kigali avec le M23 étaient "non valides". Au Rwanda, Antony Blinken abordera également les questions relatives à "la démocratie et aux droits humains", notamment "la détention injustifiée" de Paul Rusesabagina, résident permanent aux Etats-Unis. Accusé de terrorisme, l'homme qui a sauvé plus d'un millier de vies pendant le génocide de 1994 a été condamné à 25 ans de prison en 2021.

ENTRE LES ETATS-UNIS ET LA RUSSIE, UN CHOIX "SIMPLE" SELON BLINKEN (SIC)

Sur le continent africain, Antony Blinken a été précédé par l'ambassadrice américaine aux Nations unies, Linda Thomas-Greenfield. Cette dernière a quitté, le 3 août, les Etats-Unis pour une visite de quatre jours à destination de l'Ouganda, du Ghana et du Cap-Vert.

Interrogée sur l'intérêt récent que les Russes et les Américains semblaient avoir pour les pays africains, lors de la conférence de presse annonçant sa tournée africaine, elle a déclaré que Washington ne demandait pas "aux Africains de faire un choix entre les Etats-Unis et la Russie". Un choix, au demeurant "simple", selon elle, au regard de "la relation de longue date" que Washington entretient avec le continent et des investissements américains dans les pays africains.

En Ouganda, où le ministre russe de Affaires étrangères Sergueï Lavrov a séjourné avant elle, Linda Thomas-Greenfield a déclaré que les Etats africains avaient "le droit de choisir qui sont leurs amis et qui sont leurs ennemis". "Nous sommes ici en tant qu'amis de l'Ouganda", a-t-elle ajouté le 4 août à Kampala, la capitale ougandaise lors d'une conférence de presse.

La rhétorique de la diplomate américaine à propos de la Russie est semblable à celle d'Antony Blinken lors de sa première tournée en Afrique subsaharienne. "Nous ne voulons pas que vous fassiez un choix. Nous voulons vous donner des choix", déclarait alors le secrétaire d'Etat américain le 19 novembre 2021 au siège de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) à Abuja, la capitale politique du Nigeria. Washington défendait alors ses intérêts sur le continent face à la Chine.

LE VRAI BUT DU VOYAGE DE BLINKEN :
SOUS PRETEXTE DE « DEMOCRATIE » ET DE GOUVERNANCE, LANCER UNE NOUVELLE VAGUE DU « PRINTEMPS AFRICAIN » !

A Pretoria ce 10 08 2022, Blinken annonce la couleur sur la « la stratégie de l’administration Biden pour l’Afrique subsaharienne » :

« Cela m’amène donc à notre deuxième priorité : travailler avec des partenaires africains pour tenir la promesse de la démocratie. L’écrasante majorité des Africains préfèrent la démocratie à toute autre forme de gouvernement. Des majorités encore plus importantes s’opposent aux alternatives autoritaires à la démocratie. Plus de 70 % rejettent les régimes militaires ; plus de 80 pour cent rejettent l’autocratie, selon l’organisation de sondage Afrobaromètre basée en Afrique. »

« Nous reconnaissons que nos démocraties sont confrontées à des défis communs, que nous devons relever ensemble, sur un pied d’égalité, aux côtés d’autres gouvernements, de la société civile et des citoyens. C’est l’esprit qui animait les 100 pays qui se sont réunis pour le Sommet pour la démocratie que le président Biden a organisé en décembre dernier. Il règnera lors du Sommet des dirigeants africains que les États-Unis accueilleront en décembre pour la première fois depuis 2014, offrant une opportunité de créer une meilleure dynamique autour de la résolution des priorités communes. »

« Nous lancerons une nouvelle approche de la bonne gouvernance, la loi sur la fragilité mondiale, qui prévoit des investissements pendant dix ans dans la promotion de sociétés plus pacifiques, plus inclusives et plus résilientes dans des zones où les conditions sont propices au conflit, y compris au Mozambique – dont nous avons parlé aujourd’hui – et dans les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, de la Guinée, du Togo. Et nous nous appuyons sur des dizaines d’années de leçons apprises en matière de prévention des conflits (sic), telles que l’entretien des relations entre les dirigeants communautaires, les responsables gouvernementaux et les forces de sécurité, qui sont essentielles pour désamorcer les tensions avant qu’elles n’aboutissent à la violence ; et le renforcement de la résilience aux effets déstabilisateurs du changement climatique, comme les sécheresses plus fréquentes et plus intenses. »

« Grâce au soutien bipartisan du Congrès des États-Unis, cette initiative peut compter sur un financement de 200 millions de dollars par an – chaque année, pendant 10 ans. C’est le genre d’horizon qui nous permettra de nous projeter au-delà des solutions rapides. »

« Nous nous concentrerons sur le lien entre démocratie et sécurité. L’histoire montre que les démocraties fortes ont tendance à être plus stables et moins sujettes aux conflits – et que la mauvaise gouvernance, l’exclusion et la corruption inhérentes aux démocraties faibles les rendent plus vulnérables aux mouvements extrémistes ainsi qu’à l’ingérence étrangère. On pense en particulier au groupe Wagner soutenu par le Kremlin qui exploite l’instabilité pour piller les ressources et commettre des violences en toute impunité, comme nous l’avons vu au Mali et en République centrafricaine » (resic). Les États-Unis ont conscience du fait que les pays africains sont confrontés à de réels problèmes de sécurité et que d’innombrables communautés sont touchées par le double fléau du terrorisme et de la violence. Mais la réponse à ces problèmes n’est pas Wagner, ni un autre groupe de mercenaires quelconque. »
« Les pays africains peuvent compter sur les États-Unis pour soutenir ces efforts, comme nous l’avons démontré par notre engagement dans des endroits comme le Tchad, l’Éthiopie, le Soudan, l’est de la RDC, un élément clé de ma visite cette semaine. » (resic)

« Enfin, la réponse réside dans des transitions pacifiques du pouvoir, par le biais d’élections libres et équitables. Les dirigeants africains soulignent de plus en plus l’importance de ces transitions pour la sécurité et la prospérité régionales. Par exemple, la CEDEAO débat de la question de savoir si ses 15 pays membres devraient interdire aux présidents de briguer un troisième mandat. Parmi les partisans les plus virulents de l’interdiction figurent les présidents du Ghana et du Nigéria, tous deux dans leur deuxième mandat. »

LA STRATEGIE ARTICULE UNE NOUVELLE VISION D’UN PARTENARIAT AMERICANO-AFRICAIN DU 21E SIECLE

Dans une « Fiche d’information : La stratégie des États-Unis pour l’Afrique subsaharienne », La Maison-Blanche ce 8 août 2022 précise :

« Sur la base des actions et des engagements de l’administration Biden-Harris en vue de l’approfondissement de notre dialogue et de nos partenariats en Afrique au cours de l’année écoulée, la stratégie articule notre nouvelle vision d’un partenariat américano-africain du 21e siècle (…) La nouvelle stratégie des États-Unis en ce qui concerne l’Afrique subsaharienne représente un recadrage de l’importance de l’Afrique pour les intérêts de sécurité nationale des États-Unis. Nous viserons quatre objectifs principaux en Afrique subsaharienne »…

« FAVORISER L’OUVERTURE ET DES SOCIÉTÉS OUVERTES » (LM : SUIVANT LE PROGRAMME DE GEORGES SORÖS)

« Les États-Unis ont un intérêt historique à faire en sorte que la région reste ouverte et accessible à tous et que les gouvernements et les publics soient en mesure de faire leurs propres choix politiques, dans le respect des obligations internationales. Les sociétés ouvertes sont généralement plus enclines à adhérer à une cause commune avec les États-Unis, attirent davantage de commerce et d’investissements américains, sont plus susceptibles de mettre en œuvre des politiques visant à améliorer les conditions de vie de leurs citoyens et de contrer les activités préjudiciables de la république populaire de Chine, de la Russie et d’autres acteurs. »

PROMOUVOIR « DES DIVIDENDES DÉMOCRATIQUES ET DE SÉCURITÉ » (SIC)

« L’engagement et la capacité de la région à renouveler ses démocraties, ainsi qu’à anticiper, prévenir et résoudre les conflits émergents et de longue durée, peuvent conduire à des résultats plus favorables pour les Africains et les Américains. En s’attaquant simultanément à ces défis et en réaffirmant que la démocratie offre des avantages tangibles, les États-Unis peuvent offrir des choix positifs aux Africains en vue de la détermination de leur propre avenir. Nous aiderons l’Afrique à produire des dividendes démocratiques et sécuritaires, notamment par :
– Le travail avec des alliés et partenaires régionaux pour endiguer la vague récente d’autoritarisme et de prises de pouvoir militaires
– Le soutien à la société civile, la capacitation des groupes marginalisés, la focalisation sur les voix des femmes et des jeunes, et la défense d’élections libres et équitables (…) »


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