# LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/ GEOHISTOIRE/ QUI A VAINCU HITLER ? : 9 MAI 1945 : LA VICTOIRE DU NATIONAL-BOLCHEVISME STALINIEN ! (PARTIE 2). POURQUOI MINIMISER LA VICTOIRE SOVIETIQUE ?

 

LM.GEOPOL -  Géohistoire qui a vaincu hitler II (2020 07 15) FR (1)

 

LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE/
Luc MICHEL pour EODE/
Quotidien géopolitique – Geopolitical Daily/
2020 07 15/

« Personne ne devrait minimiser les sacrifices réalisés par l’Union soviétique pour remporter ce que les Russes appellent la Grande Guerre patriotique. L’URSS a perdu 27 millions de ses habitants dans ce conflit, soit plus que les pertes subies par l’ensemble des Alliés réunis » (The Economist).

# PARTIE 2 :
PERSONNE NE DEVRAIT MINIMISER LES SACRIFICES
REALISES PAR L’UNION SOVIETIQUE

Moscou, et tout particulièrement VV Poutine, craint fort justement une volonté de voir minimiser le rôle de l’Armée rouge et de l’URSS dans la victoire sur le fascisme. En effet, « les nouvelles générations d’Europe occidentale (mis à part les Allemands) et des Etats-Unis sont tentés de croire que ce sont le Royaume-Uni et les Etats-Unis qui ont remporté la guerre. Les festivités de Moscou, de par leur envergure, ont pour tâche de les convaincre du contraire », rappelaient déjà les IZVESTIA en 2015.

Pourtant des voix s’élèvent pour dénoncer le révisionnisme atlantiste. « Le rôle prépondérant de l’Union soviétique dans la défaite hitlérienne sera-t-il enfin reconnu, ou bien s’agira-t-il d’un simple rituel de politesse à la mémoire de civils et soldats d’un pays étranger, sans que l’on mesure véritablement ce que nous leur devons ? » s’interrogeait dès 2005 Jonathan Steele dans THE GUARDIAN (16). Cet éditorialiste britannique dénonçait cette forme de révisionnisme historique concernant la Seconde Guerre mondiale en la mettant en parallèle avec celle du génocide nazi : « Si la négation du rôle de l’Union soviétique et de l’Armée rouge n’est pas aussi perverse que la négation de l’Holocauste, elle est néanmoins largement répandue en Occident (…) Personne ne peut contester le fait que, après le débarquement allié en Normandie les Occidentaux s’attaquaient à 58 divisions allemandes alors q

ue l’URSS en affrontait 228. L’Armée rouge a donc infligé 80 % des pertes à la machine de guerre nazie – mais combien d’hommes politiques européens et américains l’admettent ? »

QUE PENSER DU DISCOURS – TYPIQUE DE L’IDEOLOGIE LIBERALE-ATLANTISTE – VISANT A PLACER SUR UN MEME PLAN LE NAZISME ET LE STALINISME ?

Ce refus de reconnaître à sa juste valeur l’apport décisif de l’Armée rouge dans la victoire contre Hitler est tout aussi mensonger que le discours – typique de l’idéologie libérale-atlantiste – visant à placer sur un même plan le nazisme et le stalinisme.

« Les éminents historiens du XXe siècle que sont Moshe Lewin et Ian Kershaw ont déjà démontré, dans leur ouvrage sur le stalinisme et le nazisme, l’inefficacité d’une telle approche, car les deux régimes ont des points de divergence fondamentaux », précisait encore Jonathan Steele. « Sous Staline, il n’y avait rien de comparable avec les concepts et les politiques nazis de stérilisation des ‘inaptes’, d’euthanasie des personnes considérées comme un fardeau pour la société, de nations ‘sous-humaines’ et de camps d’extermination des Juifs », rappelle le journaliste. En d’autres termes, « à la différence du régime stalinien, le régime nazi ne peut être perçu comme une dictature de modernisation. Il est préoccupé par la renaissance nationale et la suprématie fondées sur la purification raciale et la régénération ».

Steele s’en prenait enfin – en des termes similaires aux nôtres (voir la Partie 1) – aux dirigeants baltes d’aujourd’hui qui « ont également tort de prétendre que les régimes d’avant-guerre dans les Etats baltes n’étaient pas autoritaires et chauvinistes et que l’occupation soviétique était égale, voire pire que celle des nazis. Il suffit de lire les mémoires des rares survivants juifs lituaniens ».

Même arguments chez l’académicien Alexandre Tchoubarian, directeur de l’Institut de l’Histoire universelle de l’Académie des Sciences de Russie, intervenant, à Moscou en février 2005, au cours d’une « conférence consacrée à la période de la crise internationale d’avant-guerre » et opposant historiens russes et lettons. Sur la question de l’adhésion des républiques baltes à l’Union Soviétique en 1939-1940, et en réponse aux arguments du révisionnisme balte, les savants russes avaient jugé parfaitement « injustifié de parler d’une responsabilité égale de l’Allemagne fasciste et de l’Union Soviétique pour l’escalade de la crise d’avant-guerre et d’autant plus pour le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale (…) Les événements liés à la signature du Traité soviéto-allemand du 23 août 1939 (Pacte Molotov-Ribbentrop) doivent être examinés et analysés, tant des points de vue politique, idéologique et juridique, que compte tenu des réalités historiques concrètes de l’époque », a souligné Tchoubarian. « Les mesures adoptées par le régime de Staline pour rattacher les républiques baltes à l’Union Soviétique n’avaient été en fait qu’une contrainte face à la menace militaire grandissante de la part de l’Allemagne fasciste qui avait écrasé la France en 1940 », a fait remarquer Alexandre Orlov, représentant l’Institut de l’histoire militaire du ministère de la Défense de la Fédération de Russie. « Il avait été indispensable d’empêcher la création d’une tête de pont allemande à proximité immédiate des frontières de l’Union Soviétique. C’est une stratégie d’une limite avancée », a encore précisé l’historien militaire russe. Mikhaïl Magkov, directeur du Centre de l’histoire militaire à l’Institut de l’Histoire universelle de l’Académie des Sciences de Russie, soulignait que « les historiens russes ont rappelé à leurs collègues lettons ce conflit global qu’avaient préparé Hitler et la direction nazie, ces objectifs que s’étaient assignés les fascistes à l’époque. Il ne s’agissait pas seulement de triompher de l’URSS, mais d’exterminer les gens ».

POURQUOI MINIMISER LA VICTOIRE SOVIETIQUE ?

En Europe occidentale même, d’autres voix se sont élevées pour refuser ce révisionnisme atlantiste. Ainsi Guy SPITAELS, Jean-Marie CHAUVIER et Vladimir CALLER, respectivement Ministre d’Etat et écrivain et journalistes, dans LA LIBRE BELGIQUE (17), sous le titre « Pourquoi minimiser la victoire « rouge » ? », ont développé une argumentation difficilement réfutable dont ils précisent que « ce n’est pas d’ « une opinion » qu’il s’agit ici, mais de faits historiques peu connus des nouvelles générations » :

« Pourquoi réduire aujourd’hui le rôle majeur des Soviétiques dans la victoire sur le nazisme en 1945 ? Et l’action des résistances nationales ? Avec la guerre froide, l’historiographie occidentale a surtout crédité les Anglo-Saxons (…) Pourquoi ce qui était « vérité » en 1945, au moment de la victoire sur le nazisme, n’aurait-il plus cours aujourd’hui ? Cette victoire eut pour principaux artisans l’Armée Rouge et le peuple soviétique. La moitié au moins des victimes de la Deuxième Guerre mondiale étaient soviétiques. Les chefs nazis avaient prévu la disparition de 30 millions au moins d’ « Untermenschen » (sous-hommes) soviétiques, et la déportation d’un autre contingent de 30 millions. Dans les territoires occupés, ils ont réussi à exterminer 10 millions de personnes, dont 2,7 millions de Juifs. La « mort programmée » de 3,3 millions de prisonniers soviétiques rien qu’en 1941-42 ! Le siège de Léningrad, les « milliers d’Oradour » en Biélorussie, en Russie et en Ukraine, les 70000 villages détruits, les innombrables massacres perpétrés par les Einzatsgruppen, les SS, la Wehrmacht et leurs auxiliaires nationalistes ou fascistes (polonais, baltes, lettons, lituaniens, ukrainiens), un génocide auquel les Soviétiques ont pu soustraire un million de Juifs (…) Le rôle majeur des Soviétiques dans la victoire fut reconnu, en 1945, par les principaux chefs politiques et militaires des pays de la coalition anti-hitlérienne – le président américain Franklin Roosevelt, le premier ministre britannique Winston Churchill et le général de Gaulle. Nos libérations auraient-elles pu avoir lieu sans les victoires soviétiques remportées successivement à Moscou, Stalingrad et Koursk, la grande contre-offensive qui mena les armées du maréchal Joukov à planter le drapeau rouge, à Berlin, sur le Reichstag ? Sans ces victoires « rouges », le judéocide nazi n’aurait-il pas continué jusqu’à la liquidation des 11 à 12 millions de Juifs d’Europe qui était l’objectif poursuivi ? Il semblerait qu’on veuille parler le moins possible, désormais, de cette contribution soviétique (…)
Les recherches récentes des historiens allemands, puisant dans de nouveaux fonds d’archives, confirment et détaillent le génocide en montrant les complicités locales, notamment en Galicie orientale ex-polonaise. Ils attestent que l’extermination des « Untermenschen » slaves et les débuts du judéocide font partie d’un seul et même processus, inscrit dans l’Histoire de cette guerre à l’Est aux visées coloniales et racialistes (…)
Une autre vérité doit être rappelée. Le « front de l’Est » contre le « judéo-bolchevisme », selon la définition nazie du pouvoir soviétique, n’était pas le fait des seuls Allemands. Des troupes alliées de Roumanie, de Hongrie, d’Espagne, d’Italie, de Croatie, des légions et divisions SS venues de toute l’Europe, y compris du pays flamand et de Wallonie, y ont appuyé l’entreprise nazie, avec la bénédiction de certains clergés. Certains historiens se croient d’ailleurs fondés à parler de « guerre civile européenne », où l’Europe « chrétienne et civilisée » se serait coalisée aux côtés des fascismes « contre la barbarie bolchevique ». Une thèse qui convient aujourd’hui à ceux qui, en Allemagne et parmi les héritiers des nationalismes collaborateurs en pays baltes et en Ukraine, ou en Flandre, entendent réhabiliter les anciens SS et les mouvements nationaux ou « antistaliniens » qui se fourvoyèrent avec Hitler jusqu’à prendre part au génocide nazi ».

Et ils terminaient ce réquisitoire implacable par la condamnation sans appel du révisionnisme balte : « Ainsi, nous souhaitons simplement qu’en ces 8 et 9 mai, journées anniversaires de la capitulation nazie, certains faits historiques ne soient pas victimes du mensonge par omission. Et que l’occasion ne soit pas saisie pour réhabiliter la collaboration et ériger des monuments aux anciens SS ! »

CONTINUER LE COMBAT !

Nous ne sommes pas de ceux qui sont attachés sentimentalement aux mythes historiques, au passé, aux commémorations. L’usage des « totems de la tribu » – comme les définissait cyniquement Arthur Koestler – n’a de sens que pour l’action, pour défendre le présent et forger le futur.

Le 9 mai et le débat ouvert par les révisionnismes jumeaux des Atlantistes et des post-fascistes baltes, ukrainiens ou polonais ont le mérite de nous rappeler que la guerre commencée en 1917 n’est pas terminée. Que celle de 1940-45 voyait s’affronter non pas deux mais trois idéologies. Et que celle qui a pris le devant sur la scène de l’histoire – la libérale-capitaliste avec son hégémon yankee et son bras armé atlantiste – fait toujours la guerre aux peuples du monde. Après la « troisième guerre mondiale », la guerre froide, qu’ils ont gagné, les idéologies atlantistes, au premier rang desquels figurent les arrogants néo-conservateurs apparentés à ce fascisme (18) que l’on a cru terrassé en 1945, entendent mener la « quatrième guerre mondiale ». Ainsi « les néoconservateurs américains pensent qu’ils ont gagné la troisième guerre mondiale contre l’URSS. Ils se considèrent aujourd’hui au cœur d’un nouveau conflit planétaire » (19).

Earl Tilford, ancien directeur de recherche à l’Institut d’études stratégiques de l’armée américaine nous le confirmait en 2015 déjà : « C’est la quatrième guerre mondiale. Laissez tomber le côté racoleur et crapoteux d’Abou Ghraib. Arrêtez de proférer des slogans idiots comme : « Bush a menti et des soldats meurent ». Endurcissez-vous et préparez-vous à une guerre longue et meurtrière. Cette guerre, nous n’avons pas le droit de la perdre ».

La Résistance soviétique nous indique clairement que l’impérialisme ne se discute mais qu’il se combat. « Plus un pas en arrière » commandait avec raison Joseph Staline.

NOTES ET RENVOIS DE LA 2e PARTIE :

(16) Jonathan Steele, “History shows this drive to the east could bring disaster. Denial of Russia’s role in defeating Hitler feeds a dangerous mentality”, THE GUARDIAN, Friday May 6, 2005.

(17) Guy SPITAELS, Jean-Marie CHAUVIER et Vladimir CALLER, « Opinion – COMMEMORATION DU 8 MAI 1945. Pourquoi minimiser la victoire « rouge » ? », LA LIBRE BELGIQUE, Bruxelles, 9 mai 2005.

(18) Lire sur ce sujet de Justin Raimondo, “Today’s Conservatives Are Fascists”, (ANTIWAR.COM) BEHIND THE HEADLINES, January 3, 2005.

Extraits: “The idea that today’s conservatives are in any way defenders of individual liberty, the free market, and what Russell Kirk called « the permanent things », i.e., the sacred traditions that have accumulated over time to constitute the core of our Judeo-Christian culture, is no longer a defensible proposition. Instead, what used to be called the conservative movement has morphed, almost overnight, into a coterie of moral monsters, whose political program is one of unmitigated evil. (…) In any case, by this time the evidence for the malevolent transformation of the American Right is all around us – in the ravings of Fox News « commentators, » in the sheer existence of Ann Coulter, in the usurpation of a formerly respectable political tendency by the greasy evasions of the « neo »-conservatives. This change is most starkly dramatized in three disturbing trends: Widespread support on the Right for internment of Japanese-Americans during World War II, touting Michelle Malkin’s shoddy-to-nonexistent scholarship, with the implication that we should be contemplating the same treatment for Americans of Arab descent, the justification of torture when utilized by the American military in the name of the « war on terrorism » by « conservative » legal theorists, and advocacy of a ruthlessly aggressive foreign policy of military expansionism, supposedly in order to spread « democracy » around the world (…) the totalitarian sickness is gnawing away at the very vitals of the American conservative movement. This cancer germinated as a result of the Right’s lockstep support for the worldwide « war on terrorism, » which they take to mean not just the ongoing conflict in Iraq, but a perpetual war for perpetual « peace ». (…) It is the banner of a thoroughly degenerated and corrupt « conservatism » that is, in effect, fascism – a blueprint for totalitarianism erected in the name of fighting « terrorism ». (…) Mussolini never got his thick mitts on nuclear weapons, and for that we ought to be grateful: but today’s neocons do have access to nukes, via their sock puppet in the White House, and thus represent an imminent threat. They are not only waging an immoral and destructive war in Iraq – a war destructive of U.S. interests as well as Iraqi lives – but they are moving on new fronts, from Syria to Russia and the Caucasus, to start new conflicts. This is the main justification and motivating factor behind their political agenda: tyranny on the home front and blood-lust abroad (…) Surely « fascism with a ‘democratic’ face » sums up the Bushian « global democratic revolution » just as accurately and succinctly, although admittedly this fails to capture the full horror of what the « liberation » of Iraq actually entails. Perhaps « fascism with a democratic face – and bloodstained hands » is more precise”.

(19) Tom Engelhardt, « La quatrième guerre mondiale a-t-elle débuté ? », in MOTHER JONES, traduction française dans COURRIER INTERNATIONAL – n° 757 – 4 mai 2005.

(Sources: PCN-Info – The Guardian – La Libre Belgique – EODE Think Tank)


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